arton3211label / Minimum Music + Mil Pond rds

distributeur / Differ-Ant

contact / steph@intriguegroup.com

dispo / 1


des mots // du son


Décidément ce quartier de Brooklyn est plein de ressources. Luke Temple confirme la règle. Et une fois de plus les frenchys de Minimum Music ont eu du nez. Avec son 2° album, éclectique dans ses formes - c'est un moindre mot - l'artiste nous balade, déstabilise même au risque parfois de nous perdre en route. Mais plus qu'une faute de goût, on mettra facilement ça sur le compte du foisonnement d'idées dont Temple semble être assailli.

Auteur pop-folk, compositeur et interprète de son état, le Newyorkais se retrouve loin, bien loin de ses premières bases. La verve minimaliste et acoustique est remisée au profit d'expérimentations de toutes sortes. Certes, on retrouve ces mêmes nuances douces amères et boisées si chères au folk US, mais ici intercalées entre des strates et des strates d'éléments tantôt organique, tantôt électronique qui jouent à la fois entre eux au sein d'un même morceau (Saturday People évolue entre psychédélisme 60's, valse musette et funk déluré) mais aussi d'un titre à l'autre (l'enchaînement du nonchalant The Owl Song et de la bluette bruitiste The 39th Jewel par exemple) conférant à l'ensemble un aspect protéiforme quelque peu perturbant de prime abord, mais finalement pas déplaisant vu la profusion des possibles.

Snowbeast est un album multiple et mouvant, c'est indubitable, qui sans jamais sombrer dans la cacophonie et l'inertie plombante des faux bricolages - même si par moment le cap est difficile à garder, notamment sur les enchevêtrements de nappes digitales et de percussions dissonantes de Where is Away et Family Vacation Luke Temple perd un brin de justesse - finit par nous mener en bateau. Mais attention, pas dans une vieille barcasse, non, un paquebot rutilant.
Pour un embarquement volontaire dans une croisière au long court, au creux des méandres tressées par la musique tortueuse et les chansons chamarrées entonnées par notre vendeur de bonbons, son métier dans le civil (il n'y en a pas de sot, Kurt Wagner plante bien des clous!), d'un falsetto transgenre qui, encore plus que le labyrinthique essaimage des morceaux de Snowbeast, donne l'envie de se perdre.

(une chronique dispo chez nos amis de VoxpopMag & Liv'in )


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