Manrico Montero "Betweenness"
label / SEM label
distributeur / Id.
contact / MM[at]murdochspace.com
dispo / 1
des mots // du son
Mexico City, mégalopole bouillonnante d'où nous arrive Manrico Montero, Betweenness son nouvel opus sous le bras.
Un magnifique album, signé chez la toute jeune maison SEM Label (on se souvient du surprenant Alexandre Navarro l'an passé avec son sublime Arcane), où s'embrassent cordes et cuivres, fields recordings et sonorités digitales. Superbe Lp où la poésie sobre - à l'instar de cet artwork rouge comme de l'argile sur fond blanc - et spleenétique n'a de cesse de rayonner tel un brasier qu'on sent brûlant et tourmenté à l'intérieur, mais que l'on sait bénéfique à l'extérieur.
Ce qui ressort de ces huit titres n'est rien d'autre que ça, un doux crépitement porté par un petit vent chaud. Et la preuve d'une maîtrise sonore sans faille, mis au service de l'émotion. Une quête d'épure assumée - travail d'une complexité considérable quand on voit le nombre de musiciens aux backgrounds si variés regroupés ici - pour un résultat minimaliste remarquable de précision et de finesse.
S'il ne devait n'y avoir qu'un exemple à citer pour illustrer cette fusion de technicité et de sensibilité ce serait peut-être Sky Flowers avec cette voix diaphane, celle de Vera Ostrova (croisée l'an passé dans un tout autre registre chez Armin Van Buuren), comme flottant au creux de mille nuages musicaux; tintements de vibraphone, craquements électroniques et bruits glanés au gré de flâneries attentives en constituant la trame. Un morceau troublant à vous coller au cœur et la peau cette sensation extrême et puissante d'avoir changé d'état. Du solide terre à terre - l'argile encore - au liquide écoulement d'une larme salée sur une joue nacrée.
Et ça, entre nous, c'est tout bonnement sublime.
(retrouvez cette chronique chez nos amis de Live In Mars')
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