L’Oreille de Moscou

Une émission du Front de Libération de la Bande Fm

lundi 29 juin 2009

Loan "Gri-Gri breakers Vol.1"

album_loan__grigri_breakers_vol_1label / IOT &  DTC Rds

distributeur / La Baleine

contact / loan[at]murdochspace.com

dispo / 1



des mots // du son


Gri-Gri Breakers, nouveau projet de la djette Loan, travelleuse de choc. De ces "scènes", de Goa à l'Afrique de l'Ouest, en passant par toutes les  free de France et du globe, elle en connait les moindres recoins et mieux que quiconque , sait  ce que "jouer live" signifie.

Grosso modo, cette amazone du dancefloor nous propose là un brassage dubstep/breakbeat de haute volée. Dix-sept titres nés, entre autres, de ses voyages à travers le globe. Un album sans aucunes formes de compromission...oui, comme vous dites, c'est souvent le cas ces temps-ci avec IOT records (qui a eu le flair de la signer en coproduction avec DTC records).

Après voilà, c'est son premier opus, le démarrage tout ça, tu vois....faut faire ses preuves, pas chier sur le lab...aaaahhh ça va !!  on rigole...C'est tout bonnement un putain de disque, qui s'épanouit à l'écoute (au casque si possible, ou alors, subbass à fond de caisson !!), un engin sonore où Loan, avec un à propos assez déconcertant, laisse la part belle aux collaborations.

Outre celles de renoms comme Rimshot d'Interlope, Pushy ! ou encore Dominique "Dumé" Poulet producteur pour Abraxxxas ou Laurent de Wilde, c'est surtout la rencontre avec des rappeurs sénégalais (Taf-Taf, Da Brains Mc, Black G, Nono...)qui crée la surprise et donne une autre dimension à ce projet de longue haleine. 

Au coeur de ces confrontations artistiques, l'alliage Nord/Sud fait quelque peu du bruit. Des étincelles aussi. Si, si écoutez...Et vous verrez !


des images



Posté par Manooch à 10:39:00 PM - Les Espionnés - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

Japanther "Tut tut Now Shake Ya Butt"

japlabel / Truth Cult

distributeur / Southern Rds

contact / J[at]murdochspace.com

dispo / 1


des mots // du son


Japanther c'est Mark Reilly et Ian Vanek, duo expérimental, trash et punk qui sort son sixième opus Tut Tut Now Shake Ya Butt. Deux bonshommes qui tournent depuis bientôt sept ans avec pas mal de succès, avec un style bien particulier, entre les cartoonesques Fantomas de Mike Patton et les fralés électriques de Lightning Bolt. Pour ainsi dire éloignés des feux de la rampe, les Japanther jouent essentiellement dans les lieux arty de la Grosse Pomme, ses musées et on réussit le tour de force , malgré leurs accointances avec la marge, d'ouvrir pour les plus "commerciaux"  Against Me. Hé hé !

Sur leur dernier opus, ils sont assistés d'une part de Mc Spank Rock, et cerise sur le gâteau, de Penny Rimbaud, batteur cofondateur des légendaires anars de  C.R.A.S.S..
Ce dernier ne s'est pas contenté d'assurer la production de cet album et a contribué au contenu en apportant deux de ses poèmes, sorte de spoken words "Burroughssiens" soutenus par d'étranges bruits et quelques battements de percussion.

Un objet sonore au final vraiment surprenant, qu'on a tout simplement adoré. Voilà c'est dit.


des images


Posté par Manooch à 09:43:00 PM - Les Espionnés - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

Maayan Nidam "Nightlong"

Maayan_Nidam_thumblabel / Powershovel Audio

distributeur / La Baleine

contact / MN[at]murdochspace.com

dispo / 1


des mots // du son


Depuis Berlin, Maayan Nidam, connu aussi sous le pseudo de Miss Fitz, décide de nous catapulter à Cuba, où ont été en partie réalisées les prises de son de ce premier long format, Nightlong. Elle le signe sur le très confidentiel label japonais Powershovel Audio.

Initialement, ce dernier réalise Women Are Beautiful, disque de musique cubaine regroupant un nombre important de protagonistes de la scène musicale de cet endroit.
Sur la base des morceaux enregistrés, les patrons du label envisagent la déconstruction de ces titres et proposent à Maayan de se lancer dans cette aventure. Ce concept s'inscrit dans un projet plus large tournant autour de l'incroyable créativité féminine dans les domaines de l'art contemporain, la photo et la musique.

Pour en revenir à Nightlong, on constate qu'au-delà du "cahier des charges" quelque peu contraint, la productrice s'éloigne considérablement de ses habitudes dancefloor. Grand bien lui en a pris.

Ainsi, elle s'approprie l'atmosphère de l'île et la passe à la moulinette d'une deep house classieuse et sans fioritures.
Une belle performance de funambule, à cheval entre musique organique et électronique, qui nous renvoie, en échos lancinants autant que graciles, à une vision, la sienne, qui colle à celle fantasmée d'un Cuba tout entier dédié à la fête, un coin du monde chaleureux où tout n'est que volupté et sensualité. Ce qu'il n'est certainement pas tous les jours mais il est si bon de rêver. alors, pourquoi s'en priver, surtout quand le véhicule est si confortable. Muy bonito, si señor(a) !


des images




Posté par Manooch à 08:21:00 PM - Les Espionnés - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

Stephane Kerecki Trio "Houria"

1243289981label / Zig Zag Territoires

distributeur / Harmonia Mundi

contact / SKT[at]murdochspace.com

dispo / 1



des mots // du son


Le Stephane Kerecki Trio ou une rencontre aux abords du jazz afro-américain. Houria, leur dernière sortie en date est un disque aux sonorités amples, foisonnant de surprises. Si vous aimez les transports musicaux, ceux polyrythmiques du jazz afro-américain. Si vous adorez les embardées de Coltrane, et que les accompagnements harmoniques de pianistes vous gavent, cet album est assurément pour vous.

Un batteur (le redoutable Thomas Grimonprez), un contrebassiste (Kerecki, leader et compositeur de cette formation), associés à deux saxophonistes Matthieu Donarier
et membre du triovconnu de nos tablettes  et l'invité de classe mondiale l'Américain Tony Malaby (croisé chez Portal, Humair, Haden...). Ces deux derniers alternent alors ténor et soprano suivant les titres et propulsent le groupe de leurs discussions échevelées (le percutant Palabre).
Quand Donarier redouble d'agilité et de finesse, Malaby scande avec force son point de vue, en complémentarité ils échafaudent et explorent sans rien faire d'autre que d'oser combiner, poussés à la roue par un Grimonprez au jeu enlevé et varié. Plus en retrait, tout en pudeur et spontanéité, le meneur Kerecki n'est pas pour autant en reste. Non content de tenir ses troupes avec brio, il laisse courir calmement son goût de l'expérimentation et de l'ouverture (il fallait tenter cette adaptation du O Sacrum Convivium de Messiaen).

Ce trio devenu ainsi pour l'occasion un quartet, respire la connivence et cet album aux couleurs africaines indéniables, qui avance entre improvisation et écriture, en devient exemplaire à ce titre. Juste beau et talentueux.

des images


 

Posté par Manooch à 06:22:00 PM - Les Espionnés - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

mercredi 24 juin 2009

Waxdolls "High Speed Killer Ride"

299456label / Sputnik Rds

distributeur / PIAS

contact / WD[at]murdochspace.com

dispo / 1


des mots // du son


Les Waxdolls sortent High Speed Killer Ride, un album dont le titre en dit long sur les intentions de ces allumés du bocal.
Après avoir retourné un nombre incalculable de dance floor à travers la Vielle Europe, ces belges volants créent la sensation en gravant ces dix titres dans le coeur même d'une roche en fusion.

Puissant comme une escouade de Panzer, ce duo semble bien décidé à faire bouger les lignes, et ce sans prendre la moindre des pincettes. Des sécateurs et des machettes plutôt. Bien calé entre Digitalism et les fondus de Goose, ces mecs-là n'ont qu'une seule idée dans la tronche, se péter la hype, comme d'autres se baisent des bolées ou des ti'punch, le coude rivé sur le zinc, la gorge profonde et les lèvres brûlées par l'alcool.

Sous leurs airs un tantinet "m'enfoutiste", ils vont certainement donner des sueurs froides à quelques réfractaires, tout en donnant le change à toute cette bande de médisants faux derches qui tout en crachant dans la soupe, bouge leur cheveux tous les samedi soirs en écoutant les derniers singles à la page, un verre de vodka fluo dans chaque main.

En faisant feu de tout bois, les Waxdolls débarquent dans le grand cirque electro pour y mettre des taloches à tout va, pincer les fesses des freluquets de Justice, tout en leur crêpant le chignon à grands coups d'une basse qui tabasse, à en faire friser les spikes des The Exploited et rougir le front du Black Flag.

Et si c'était eux nos nouveaux punks. Sales et bouffis d'adrénaline. Leur musique en tout cas annonce bien la couleur. A suivre.

des images


Posté par Manooch à 06:36:00 PM - Les Espionnés - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

Gagarin "Adaptogen"

m_315462cf3e914f39a662912c6ab27581label / Geo records

distributeur / Import

contact / gagarin[at]murdochspace.com

dispo / 1



des mots // du son


Gagarin sort sur son propre label Geo Records, ce nouveau disque : Adaptogen. Le point culminant de plusieurs années de créativité exacerbée pour cet explorateur insatiable. Un personnage au cursus bien rempli.

Batteur de formation, Graham Dowball a d'abord fait parti du groupe culte mancunien Ludus avant de travailler avec l'égérie rock Nico - oui celle du Velvet Underground - et des artistes aussi pointus et reconnus que John Cale ou Bill Pritchard, pour finir acolyte atitré du grand et ravagé David Thomas des non moins fracas Père Ubu.

Sur Adaptogen, Gagarin poursuit son travail de concepteur sonore et reste fidèle aux principes directeurs de ces précédentes sorties sous cette bannière spatiale. A savoir faire se confronter éléments urbains et pastoraux, modernisme glacial et luxuriance plus archaïque.

Des mélodies douces et planantes, zébrées de glitchs nerveux et de fields recordings, le tout saupoudré de drones et de distorsions acidulées constituent la trame d'un disque où programmation synthétique et improvisation plus organique se croisent sans cesse.Et s'il ne révolutionne pas le genre, Dowball est suffisament talentueux et ingénieux pour produire une musique qui ravira les férus de voyages en électronica.
De ceux qu'on faisait certes il y a déjà 20 ans en découvrant les planètes Warp et Rephlex, et après ?

Pourquoi se refuser de telles périples aujourd'hui ? Juste un casque sur les oreilles, l'esprit vagabond, les doigts de pied en éventail, tranquillement mais surement, comme on se baffre une madeleine, hein ? Pourquoi s'en priver ? Et la nostalgie camarades, merde à la fin !

des images


Posté par Manooch à 05:53:00 PM - Les Espionnés - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

Anything Maria "Ep"

2156_maria9label / Autoprod.

distributeur / Autodistro

contact / AM[at]murdochspace.com

dispo / 1


des mots // du son


Une nouvelle Polly Jean Harvey ? La prochaine Courtney Love ? ça va pas bien la tronche, non ? Suffit de tendre l'oreille pour reprendre ses esprits et capter que Sophie Gonthier aka Anything Maria, c'est plus que ces comparaisons de feignassses.

Tendre l'oreille, oui messieurs dames, et très vite vous verrez, enfin vous entendrez. On s'agrippe , on s'acoquine même à cette voix qui griffe, et mord en douceur, mais profondeur; à cette musique branque qui vous tresse des colliers de nerfs en deux coups de manche de gratte.

Des chansons félines, quatre sur cet Ep et autant de sursaut d'échine, de la surprise, bonne, qui s'étire , envahit l'espace (le très bien écrit The More I Fall - The More I Fly morceau fleuve) et file la chair de poule à décrisper le plus cocu des coqs. Et ouais, après tout pourquoi pas ?

Anything Maria, une amazone qui doit pas être bien vieille, 25 balais à l'état civil à tout casser. Mais ces piges-là ont dû compter triple, vu la maturité affichée sur ce disque (l'habité Modern Lovers est hallucinant). Un disque - vinyl aussi y parait - de fougue et d'abandon, d'extrême pulsion et de sensualité toute crue. L'union des opposés avec raccords apparents, des ligatures pour ainsi dire, de celles qu'on rêve de faire craquer histoire de mater se qui se trame en dessous.

Vivement la suite, nous v'la salement atteint là ! High Addiction, voila c'est ça !


des images


 

Posté par Manooch à 12:17:00 AM - Les Espionnés - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

Michael Santos "The Happy Error"

front_cover_karu11label / Baskaru

distributeur / Id.

contact / MS[at]murdochspace.com

dispo / 1


des mots // du son


L'Anglais Michael Santos sort The Happy Error sur le très pointu label français de musique expérimentale et électronique Baskaru (Yoshida Mashida, Lawrence English).

Une sorte de carte postale envoyée d'une contrée que lui seul connait. Une missive qui ne nous renseignerait que sur l'atmosphère qui règne là-bas : des ambiances tomenteuses, englobantes dans lesquelles se lover seraient une coutume locale.

Sans plus de détails, on part voir se qui se trame dans ce pays fantasmé qui se révèle n'être en fin de compte que l'ouvroir du sieur Santos, fait de vagues flux sonores calmes et nébuleux. En place dans cet endroit sans paroi, rien moins qu'un coin de cerveau à ciel ouvert qu'on nous laisserait librement arpenter, la musique fait son œuvre, en onze titres ambients aux consonances mélodiques faites d'accidents numériques et de triturages d'instruments par ordinateur interposé. Elle s'entremêle calmement à nos membres, et en autant de ramifications synaptiques vient par immixtion télescopique coloniser notre propre cortex.

Faisant alors corps et âme avec les lieux, l'ouvrage de l'artiste se révèle être plus intrusif que prévu; la peur de ne pouvoir s'en défaire gagnant, on craint d'avoir fait une erreur en ayant répondu à la bafouille de notre hôte, pour en arriver à l'évidence que si on s'est trompé ce n'est que pour quelques minutes de bonheur supplémentaire.
Et plutôt que de cracher dans la soupe, on s'apaise et on remet le disque dans la platine, encore et encore.

 

Posté par Manooch à 12:10:28 AM - Les Espionnés - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

Jabberwock "Sweet Limbo"

jabberwock_cover_myspace_prlabel / Black Rain

distributeur / Id.

contact / Jabberwock[at]murdochspace.com

dispo / 1



des mots // du son


Jabberwock c'est un peu la célébration assumée d'un rock électroniqué jusqu'à la moelle. Une bacchanale bien grave, partouze de riffs en l'air entre les Kas Product, Garbage et Ministry sur la table de cuisine de Trent Reznor. Oui, grosso merdo, attention les vélos, ça claque fort et bien leur truc.

Sweet Limbo
est le deuxième opus de ces cramés. Et la voix déchirée de Lena, leur chanteuse (!) fait toujours et encore  - oh oui, encore, encore !! -  son petit effet là où ça fait du bien.

Leur allégeance à la Fée colère renouvelée, c'est tout bonnement un vrai moment d'exutoire qui nous est proposé là, un de ces instants dans une vie qu'on pressent être utile et nécessaire.

Bombardé de beats électro survitaminé, matraqué des coups de butoir métronomique d'une basse on ne peut plus hypnotique, les morceaux de Jabberwock - un démon tout droit sorti d'A travers le Miroir de l'enfumé Lewis Caroll - sont des objets contondants de toute beauté. Furieuse la beauté, tu le sais!

des images


Posté par Manooch à 12:00:00 AM - Les Espionnés - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

mardi 23 juin 2009

La Méthode "Les 99 Points Du Acké"

methlabel / Saba Prod.

distributeur / Id.

contact / Méthode[at]murdochspace.com

dispo / 1


des mots / du son


La Méthode sort son premier album. Un disque au titre bien mystérieux, Les 99 Points du Acké, porté par quatre gars dans le Mistral : Mister B.za, Kirikoo, K-méléon et Monock.

Avec ces gaziers-là on est loin très loin des clichetons "Rap de Cailleras" et autres "bling-blingueries" fétides. Positives vibrations en bandoulière, ces mecs sont là pour foutre un Maximun de bordel, en toute simplicité, avec ce second degré qui fait que le hip-hop est malgré toutes ses dérives encore et toujours un art debout. Rien que pour ça ils en valent la peine. Et ça ne s'arrête certainement pas là.

Ce combo est remarquable par la folie débordante qui l'habite (on pense aux premiers pas du Saïan époque KLR) et on est à peine surpris de trouver Dj Vadim derrière une instru (Maximum, un morceau qu'il a d'ailleurs intégré à son dernier album U Cant't Lurn Imaginashun signé chez les classieux BBE Rds). Le Russe qui en remet une couche en terme d'énergie et d'esprit foutraque, l'âme slave quoi !

Tout ça pour dire qu'avec ces 17 titres,  La Méthode, en met une en œuvre tout à fait singulière, faite d'humour et d'engagement, de fête et de punchlines à renverser du char d'assaut. Une approche qui n'appartient qu'à eux, et qui ne pourra vous laisser sans réaction.

Oui, un premier jet et déjà ça pue la réussite. Vont finir par en énerver quelques-uns ceux-là. Méfi !

(retrouvez cette chronique chez nos amis de Live in Marseille)


des images


 

Posté par Manooch à 11:37:00 PM - Les Espionnés - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,



« Accueil  1  2   Page suivante »