Nicolas Dick "Une Belle Journée"
label / Autoproduit
distributeur / Autodistro
contact / ND[at]murdochspace
dispo / 1
des mots // du son
De ses aventures très variées - membre depuis plus de quinze ans du combo indus/noisy marseillais Kill The Thrill, ingé son au mythique G.R.M., travailleur de l'ombre auprès de Philippe "Bip-Hop" Petit et ses Strings Of Consciousness, de Picore, Bex, Cave Canem ...- Nicolas Dick
a su tiré la substantifique moelle d'un langage aussi autonome que
singulier. En atteste le triptyque ambient/noise que constitue Une Belle Journée, son unique sortie en solitaire à ce jour, si je ne m'abuse.
Ces trois pièces toutes de drones et distorsions envappées, dessinent,
dès la première écoute, des nasses en spirales captivantes, entourées
de masses flottantes dont la mise en scène dramatique est d'autant plus
percutante qu'elle est délivrée sans ambages, détachée de cette emphase
qui plombe souvent de telle démarche.
Ici chaque son a un sens, chaque note, chaque arpège, chaque mouvement
de lapsteel participe à l'écriture d'un vrai récit : d'une magnitude
expressive dépassant toute échelle de mesure, la musique du Marseillais
est surtout une excellente diseuse. Doté d'un vocabulaire harmonique
minimaliste, qui se fout du tiers comme du quart des paradoxes, cet
ouvrage peut très vite être rangé dans la case "Puits insondable de
chagrin". Mais en fin de compte, qu'est-ce que ça peut bien faire ? Il
importe peu que la musique soit "rayonnante" ou "dark", "grisante" ou
"spleenétique". L'essentiel, semble-t-il, est qu'elle soit profondément
pensée, jouée et pour ainsi dire vécue. Faire rimer intention et
intensité, beauté et tension, voilà la réussite de Nicolas Dick.
Nous donner à entendre, à voir puis sentir tout cela, comme le fruit de
contrastes et d'oppositions, entre douceur et violence, noirceur et
clarté (à l'instar de cette magnifique photo sépia en couverture de
l'album).
Bien que calme et rentrée en surface, faite de boucles, de séquences
répétitives, cette musique - croisement mutant serpentant entre les
ombres d'Aidan Baker, Steve Reich et pourquoi pas Mirror
- brûle à l'intérieur d'un feu nerveux et tourmenté. C'est le résultat
palpable du travail remarquable de maîtrise et de précision d'un
artiste de talent, à la fois architecte érudit et subtil philologue, un
créateur affranchi de toute tutelle formelle et par dessus tout, un
fantastique conteur.
Et avec ceci ? Ce sera tout merci !!
(retrouvez cette chronique chez nos amis de Live In Mars')
des images

















