Jessie Evans "Is It Fire ?"
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des mots // du son
Hum...Hum...Mais on dirait bien que ça jase dans
le landerneau musical (et nous surement parmi les
premiers )!
Un nom circule même entre happy few, de manière
drôlement pressante :
" - Quoi, t'as pas encore écouté ?
- Qui ? Quoi ?
- Jessie Evans , ma foi !
- Qui ça ? "
Jessie Evans. Une inconnue ou presque : ex-chanteuse de The
Vanishing combo synth-punk de Frisco et un duo avec l'ex-Malaria!
Bettina Koster...
Une jeune miss qui vient de monter son "truc" avec Toby Dammit,
batteur de son état (pour Iggy Pop et The Residents, ouais
quand même !). Sur le papier, là comme ça, rien de bien spécial,en fin
de compte.
Alors, quoi ? Et bien, on a écouté le "truc" en question. Et là, mon(ma)
pote !
Bang ! Dans ta face !
Cette bonne femme est phénoménale. Vous me direz, en aparté et pour s'en
convaincre, y'avait qu'à écouter tout le studio 116 de la Maison de la
Radio, Lenoir en tête, se pâmant devant cette follasse déguisée ,entre Yma
Sumac et Sun Ra, cavalant comme une dératée durant une Black Session d'anthologie.
Poétesse funambule et inspirée, maîtresse dans l'art de mêler les
influences les plus improbables, entre Mambo déjanté, Jerk à la Contorsions,
afrobeat et no-wave enfumée, elle évite les pièges du cross-over
plan-plan, le laissant volontiers à une concurrence, qui devant tant de
grâce et de démence, n'a plus qu'à se laisser calmement enfoncer. Rien à
faire d'autre face à une telle musique : hors du temps, excentrique,
fluide et sensuelle, très intuitive aussi, ça se sent.
Jessie Evans ou le talent , la sensibilité, l'extravagance et
l'inventivité au service de morceaux à la luxuriance terrifiante. C'est
ahurissant et d'une évidence telle qu'on en perd le nord et une bonne
partie de notre vocabulaire. Oui, que dire encore ? Une vrai découverte,
voilà !
Alors, bien évidemment on s'enflamme. Et puis quoi ? Vous avez lu le
titre, non ? Is It Fire ? Et bien vous avez votre réponse ! Ah,
ah, merci qui ?
(retrouvez cette chronique chez nos amis de Live In mars')
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