Margaret Dollrod "Sin'te Lat'in"
label / Pro Ass rds
distributeur / Import
contact / MD[at]murdochspace
dispo / 1
des mots // du son
"Puis-je être folle ?"...Finalement on pourrait
s'arrêter là, à ce premier titre de Sin'te Lat'in (prononcez Scintillating)
qui amène tous les autres, et qui annonce dans la douceur le déluge
sonore orgiaque qui suit. Le calme avant la bourrasque. On pourrait même
juste évoquer les pochettes de ces disques, entre pose Hustler et
mauvaise pub, se contenter d'admirer la plastique de Margaret Doll
Rod et le galbe du cache sexe. Mais avant d'être cette performeuse
rock, one-women- "bombasse"-band destroy, la Miss est un fantasme. Celui
d'une Amérique replacée dans son contexte, tape à l'œil et animale,
mise à nue, les yeux brillants d'une certaine sauvagerie glamour.
Longtemps membre du trio de Detroit, les Demolition Dollrods,
Margaret s'est lancée dans une carrière solo et depuis 2003 défend sa
conception du garage : entre glam punk, country défroquée et blues
ultra-minimaliste.
Violente et agressive, littéralement décomplexée (elle joue la plus part
du temps quasi nue), en permanente overdose d'adrénaline (il faut
l'entendre sur l'album Enchanté reprendre le Hidden Charms de Link
Wray, c'est bouillant !), elle travaille ses pulsions au premier
degré. En second plan, ses imprécations, mi feulement mi crachat -
une Courtney Love la niaque en plus - , vrillent chaque morceau
et s'insinuent pour aboutir à un résultat qui ne peut assurément pas se
chanter en repas famille.
Et lorsqu'elle nous assène sa version du vieux gospel This Little
Light Of Mine, spiritual pour enfants jeté ici dans un bain de
fureur, on peut en conclure que si le Paradis est pour demain,
l'Apocalypse est certainement pour tout de suite. Et Miss Doll Rod
en est une des plus ferventes annonciatrices, c'est le moins qu'on
puisse dire !
(retrouvez cette chronique chez nos amis de Live In Mars)
des images


















