samedi 23 octobre 2010

Pilöt "Mother"

Pilot_Motherlabel / Iris Music

distributeur / Harmonia Mundi

contact / P[at]murdochspace

dispo / 1



des mots // du son


De Pilöt - avec un tréma sur le O - il ne saurait être question de filer un quelconque portrait définitif, histoire de plier ce billet en deux temps trois mouvements. Non, pas de ça entre nous ! En fait, ces quatre-là, emmenés par la voix céleste d'une bien jolie furie, en la personne d'Alex C. Le Thomas de Selve, donnent dans l'esquive, la fugue, le cache-cache, le trompe l'œil avec une élégance consommée et pour tout vous dire inquiétante. Ouais,  on a flippé notre Mother, c'est ça !

Et histoire de compliquer encore un peu l'affaire, au-delà d'une biographie erratique, s'il y a bien une chose qui n'arrangera pas les affaires du pauvre chroniqueur pressé en mal de clichés éculés, ce sont bien ces douze titres hétéroclites. En clair, pour choper l'essentiel des insaisissables Pilöt, il faut du temps, de la patience et une bonne dose de curiosité malsaine. Ça tombe carrément bien, c'est tout ce qu'il nous reste en magasin.

Oui, Mother est un drôle de disque. Un M.I.L.F. d'album aux cambrures noisy bien sexy, un groove de malade et cette électricité qui vous fait encore frétiller les synapses longtemps après la dernière écoute. On trouve tout ça et bien d'autres surprises dans ce premier opus qui prouve - pour notre plus grand plaisir - que le sempiternel jeu des références n'est plus suffisant. On ne vous fera donc pas cet affront. Ni à eux non plus.  Il en faut plus pour embrasser l'univers foutrement de traviole et déviant de Mam'zelle Alex et des siens.

Parlons musique et ressenti, alors. Au début, le calme, en surface, semble de mise, mais très vite, le cardiogramme s'enflamme, l'intensité monte, les lumières baissent, une odeur acre de perversion aiguise les sens... En un claquement de doigt,  notre nymphette se transmute en pasionaria bluesy démoniaque, une succube de bastringue rock prenant un malin plaisir à salir de son organe toutes les ambiances, tous les beats prodiguer par ses compagnons,  les embarquant dans des ébats mélodiques vénéneux à souhait.

En somme, avec Mother, les Pilöt nous collent au corps un disque ravageur, envoûtant même par les images qu'il nous rive au cortex. Une musique, vous l'aurez compris autant que nous, dont il sera difficile de se dépêtrer. C'est franchement tout le mal qu'on vous souhaite !

(retrouvez cette chronique chez nos amis de Live In Marseille)

des images


Posté par Manooch à 01:01:19 PM - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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