Pilöt "Mother"
label / Iris Music
distributeur / Harmonia Mundi
contact / P[at]murdochspace
dispo / 1
des mots // du son
De Pilöt - avec un tréma sur le O - il ne
saurait être question de filer un quelconque portrait définitif,
histoire de plier ce billet en deux temps trois mouvements. Non, pas de
ça entre nous ! En fait, ces quatre-là, emmenés par la voix céleste
d'une bien jolie furie, en la personne d'Alex C. Le Thomas de Selve,
donnent dans l'esquive, la fugue, le cache-cache, le trompe l'œil avec
une élégance consommée et pour tout vous dire inquiétante. Ouais, on a
flippé notre Mother, c'est ça !
Et histoire de compliquer encore un peu l'affaire, au-delà d'une
biographie erratique, s'il y a bien une chose qui n'arrangera pas les
affaires du pauvre chroniqueur pressé en mal de clichés éculés, ce sont
bien ces douze titres hétéroclites. En clair, pour choper l'essentiel
des insaisissables Pilöt, il faut du temps, de la patience et une
bonne dose de curiosité malsaine. Ça tombe carrément bien, c'est tout
ce qu'il nous reste en magasin.
Oui, Mother est un drôle de disque. Un M.I.L.F. d'album aux
cambrures noisy bien sexy, un groove de malade et cette électricité qui
vous fait encore frétiller les synapses longtemps après la dernière
écoute. On trouve tout ça et bien d'autres surprises dans ce premier
opus qui prouve - pour notre plus grand plaisir - que le sempiternel jeu
des références n'est plus suffisant. On ne vous fera donc pas cet
affront. Ni à eux non plus. Il en faut plus pour embrasser l'univers
foutrement de traviole et déviant de Mam'zelle Alex et des siens.
Parlons musique et ressenti, alors. Au début, le calme, en surface,
semble de mise, mais très vite, le cardiogramme s'enflamme, l'intensité
monte, les lumières baissent, une odeur acre de perversion aiguise les
sens... En un claquement de doigt, notre nymphette se transmute en
pasionaria bluesy démoniaque, une succube de bastringue rock prenant un
malin plaisir à salir de son organe toutes les ambiances, tous les beats
prodiguer par ses compagnons, les embarquant dans des ébats mélodiques
vénéneux à souhait.
En somme, avec Mother, les Pilöt nous collent au corps un disque
ravageur, envoûtant même par les images qu'il nous rive au cortex. Une
musique, vous l'aurez compris autant que nous, dont il sera difficile de
se dépêtrer. C'est franchement tout le mal qu'on vous souhaite !
(retrouvez cette chronique chez nos amis de Live In Marseille)
des images


















