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des mots // du son


Et si finalement c'était Ornette Coleman qui avait raison. Lui qui déclarait que seuls deux styles de musique étaient envisageables : la bonne et la mauvaise. Tout le reste - hype, niou machin truc, mouvements, modes et oldies - n'étant que palabres et foutaises journalistico-mercantiles. Au-delà du fait qu'on prête au Sieur Coleman une affection toute particulière, on reprendra à notre compte cette sommaire et binaire proposition. Parce que pour traiter le cas Anything Maria ça nous arrange bien de pouvoir trancher cette question de façon définitive. Pourquoi ? Et bien parce qu'il nous semble important de poser parfois des actes sans appels : oui, sur cet Ep, I Am Vertical, la musique est bonne, très bonne. Voire même au-delà. Comme si quelque chose de plus fort se jouait là, en seulement quatre titres. Une transformation, une mutation...La chrysalide s'est ouverte et la chimère qui en est sortie est plus vraie que nature, prête à en découdre et bien partie, bordel, pour causer quelques remous dans le gotha de la musique du XXI° siècle.

Exit les accointances purement ascétiques et la production revêche. Anything Maria s'internationalise - Marseille, Berlin, New York - et part en goguette dans ce triangle de la subversion. Sa musique du coup gagne du coffre, engrossée d'une foule d'idées nouvelles. Autant de pistes pour les années à venir : le champ des possibles n'est plus en friche, et la récolte risque d'être gargantuesque.

Si pour certain, I Am Vertical, n'est plus vraiment rock, pour nous, il l'est encore un petit peu. Ces nouveaux titres, où la gratte reste un élément fondamental, prennent juste la tangente electro-pop. De la musique qui vagabonde, papillonnant entre l'organique et l'électronique. Un petit quelque chose de mouvant, qui bouge les lignes, ruant dans les brancards du consensus mainstream ! Et qui plus est, un pure bijou d'orfèvrerie sonore - la palme à Ecstatic Pessimist, où la voix de la belle se joue d'une production immense, imaginez Kate Bush et Sonic Youth se frottant le mojo dans un coin sombre de votre cave...Pas dégueu, non ?

La miss a donc franchi un cap, et on sent que la quête ne fait que démarrer. Il vous suffira d'ailleurs, pour finir de vous en convaincre, d'écouter d'affilée ces morceaux composites où, l'effet de groupe (non, elle n'est plus toute seule, du moins sur disque) insuffle une toute autre dynamique à l'ensemble. Une course encore plus folle s'engage qui, sortie du fleuve d'antan, (rappelez vous de The More I Fall The More I Fly) se rêve aujourd'hui sur une route sans fin... Ailleurs.

Face à cette nouvelle donne, ce goût pour la sophistication qu'on ne soupçonnait finalement qu'à peine, Anything Maria
captive, ne serait-ce que par ces envies assumées d'explorations (il faut l'entendre dans un de ces a capella dont elle a le secret). Difficile de ne pas succomber devant l'art et la manière déployés ici pour rendre tangible autant de concepts. Il est presque évident que si le terme "expérimentation", pris dans son acception musicale, perd un de ces quatre de sa connotation sectaire et snobinarde, ce sera grâce à de telles démarches.

Après, pour garder le sens des mesures - c'est tout nous ça ! - on ne parlera pas pour conclure de révolution. Mais attention, ami(e)s partisan(e)s des musiques mutines, le jour du long format viendra. Et vous ne pourrez pas dire que vous n'étiez pas prévenu !

(retrouvez cette chronique chez nos amis de Live In Mars')

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