Dead Brothers "5th Sin-Phonie"
distributeur / Import
contact / DB[at]murdochspace
dispo / 1
des mots // du son
Depuis Wunderkammer, leur impressionnant quatrième album, nous étions sans nouvelles des Suisses de Dead Brothers. C'était il y a quatre ans déjà. Il y avait tout de même de quoi s'inquiéter : ça sentait la mort !
Heureusement, de la faucheuse, ils s'en sont joués. Elle finit d'ailleurs au fronton de leur dernier opus : 5th Sin-Phonie, un disque franchement plus vif qu'inerte.
Les Dead Brothers mettent tous leurs talents au service du
folklore. Mais plutôt que d'en défendre un seul, comme une chapelle
séculaire, ils les embrassent tous. Du bluegrass aux mélopées
orientales, du boogie cajun aux incantations tziganes en passant par
quelques dialectes suisse-allemand, rien n'est assez "roots" pour
ceux-là.
S'en suivent des titres poisseux et tordus, à la beauté mordorée du jour
fuyant les cimes des Carpates, moites comme une virée dans le bayou. On
y croise même quelques fantômes, et pas des moindres - Bauhaus et The Undertones. Simplement ancré dans la tradition qu'ils remettent au goût de leur nuit sans fin, les Dead Bros reviennent donc en force et en forme.
Portées par un sacré grain de voix, né de ces ivresses tardives à en
siroter du bien bon, dépourvu d'ivraie, ces chansons sans âge, habitées
de tant d'histoires, nous parlent d'un ailleurs meilleurs, zonant sur
les terres brûlées de Tom Waits et Dr John. Rarement folk-music n'aura eu plus belle place. Celle de choix, sous la lune, à hurler !
(retrouvez cette chronique chez nos amis de Live In Marseille)
des images
N. Morgia & W. Parker "Prism"
label / Ultramarine records
distributeur / Id.
contact / NM[at]murdochspace
dispo / 1
des mots // du son
Je crois que c'est Frank Zappa qui dans un grand moment de lucidité avait, en substance, fait ce constat :
"Le jazz n'est pas mort, il sent juste bizarre".
Il y a peu de chance que cet avant-gardiste ait subodoré la rencontre
récente, orchestrée pour Ultramarine Records, entre le guitariste Ninni Morgia - déjà croisé pour son travail au sein de The Right Moves - et le contrebassiste William Parker. Pourtant, là encore, le diagnostic est bon...Leur jazz est louche !
Prism, cet album étrange donc, célèbre une rencontre inventée, où
l'électricité s'embarque tout proton dehors à l'assaut d'une autre
forme de discussion, un dialogue dissonant où l'usage d'un nouveau
dialecte ne serait le fruit ni d'un hasard génétique ni du long
apprentissage de la vie, mais bien celui d'une volonté de fer de mettre
la créativité au centre des débats pour en faire finalement le
vocabulaire de la circonstance.
Profonde et complexe, sans fioriture ni effet d'intellectualisation
sonore, cette musique reste parmi les plus libres qui soient. Peut-être
pas d'accès, même si chacun pourra à tout moment y pénétrer avec ses
envies, et surtout ses propres fantasmes. Mais plutôt par
l'extraordinaire explosion d'ingéniosité, de malice, d'intelligence, et
d'humour même, qu'elle représente.
Déroutant mais tellement fascinant.
(retrouvez cette chronique chez nos amis de Live In Marseille)
des images







