samedi 22 janvier 2011

Dead Brothers "5th Sin-Phonie"

deadbrothers5thlabel / Voodoo Rythm Rds

distributeur / Import

contact / DB[at]murdochspace

dispo / 1



des mots // du son


Depuis Wunderkammer, leur impressionnant quatrième album, nous étions sans nouvelles des Suisses de Dead Brothers. C'était il y a quatre ans déjà. Il y avait tout de même de quoi s'inquiéter : ça sentait la mort !
Heureusement, de la faucheuse, ils s'en sont joués. Elle finit d'ailleurs au fronton de leur dernier opus : 5th Sin-Phonie, un disque franchement plus vif qu'inerte.

Les Dead Brothers mettent tous leurs talents au service du folklore. Mais plutôt que d'en défendre un seul, comme une chapelle séculaire, ils les embrassent tous. Du bluegrass aux mélopées orientales, du boogie cajun aux incantations tziganes en passant par quelques dialectes suisse-allemand, rien n'est assez "roots" pour ceux-là.

S'en suivent des titres poisseux et tordus, à la beauté mordorée du jour fuyant les cimes des Carpates, moites comme une virée dans le bayou. On y croise même quelques fantômes, et pas des moindres - Bauhaus et The Undertones. Simplement ancré dans la tradition qu'ils remettent au goût de leur nuit sans fin, les Dead Bros reviennent donc en force et en forme.

Portées par un sacré grain de voix, né de ces ivresses tardives à en siroter du bien bon, dépourvu d'ivraie, ces chansons sans âge, habitées de tant d'histoires, nous parlent d'un ailleurs meilleurs, zonant sur les terres brûlées de Tom Waits et Dr John. Rarement folk-music n'aura eu plus belle place. Celle de choix, sous la lune, à hurler !

(retrouvez cette chronique chez nos amis de Live In Marseille)

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Posté par Manooch à 04:29:47 PM - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
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N. Morgia & W. Parker "Prism"

llabel / Ultramarine records

distributeur / Id.

contact / NM[at]murdochspace

dispo / 1



des mots // du son


Je crois que c'est Frank Zappa qui dans un grand moment de lucidité avait, en substance, fait ce constat :

"Le jazz n'est pas mort, il sent juste bizarre".

Il y a peu de chance que cet avant-gardiste ait subodoré la rencontre récente, orchestrée pour Ultramarine Records, entre le guitariste Ninni Morgia - déjà croisé pour son travail au sein de The Right Moves - et le contrebassiste William Parker. Pourtant, là encore, le diagnostic est bon...Leur jazz est louche !

Prism, cet album étrange donc, célèbre une rencontre inventée, où l'électricité s'embarque tout proton dehors à l'assaut d'une autre forme de discussion, un dialogue dissonant où l'usage d'un nouveau dialecte ne serait le fruit ni d'un hasard génétique ni du long apprentissage de la vie, mais bien celui d'une volonté de fer de mettre la créativité au centre des débats pour en faire finalement le vocabulaire de la circonstance.

Profonde et complexe, sans fioriture ni effet d'intellectualisation sonore, cette musique reste parmi les plus libres qui soient. Peut-être pas d'accès, même si chacun pourra à tout moment y pénétrer avec ses envies, et surtout ses propres fantasmes. Mais plutôt par l'extraordinaire explosion d'ingéniosité, de malice, d'intelligence, et d'humour même, qu'elle représente.

Déroutant mais tellement fascinant.

(retrouvez cette chronique chez nos amis de Live In Marseille)

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Posté par Manooch à 04:03:42 PM - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
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