dirtypoolcover_1_1label / Ultramarine Records

distributeur / Id.

contact / UM[at]murdochspace

dispo / 1



des mots // du son


Comme pas mal d'adolescents pré-pubères, la musique expérimentale a connu ce que le psychanalyste nomme "l'étape du miroir" : un jour elle s'est retrouvée à mater les restes de son ombilic. Elle s'est rendue compte qu'elle existait. Un instant chaviré où on a commencé à créer des musiques fondées sur l'amour des maîtres.

Dès lors, elle est devenue un art instruit, doublé d'un objet d'étude fécond. Chris Forsyth et Shawn Edward Hansen, respectivement guitariste et organiste, se retrouvent à l'interface de ces deux moments suspendus, créant avec originalité, comme si rien n'existait jusque là, tout en se penchant amoureusement sur le passé. Dirty Pool, tryptique instrumental remarquable signé chez Ultramarine records est la preuve irréfutable de leur talent conjoint.

Un superbe album où les fantômes du Ry Cooder de Paris Texas, du Tom Verlaine de Marquee Moon, de Nico, Jerry Garcia, Terry Riley et Big Star s'enlacent dans un ballet contemporain et mystique d'expériences soniques.
Nos acolytes sculptent ici à merveille les frontières mouvantes d'un monde de rupture, les tracés lunatiques et maniaques de chemins de traverse d'où l'on ne sort qu’exsangue, la tête enflammée de mille images, passées et futures.

Profondeur, don de soi, âme...Voilà les seules étiquettes qu'on pendra au fronton de cet opus d'aujourd'hui et de toujours, un disque qu'ils auraient pu enregistrer hier, et qui nous offre un moment unique de folle sérénité.

Quelqu'un a mieux, là ?


(retrouvez cette chronique chez nos amis de Live In Marseille)

des images