149388_165650253470368_104010619634332_290223_416335_nlabel / Popkin Music

distributeur / Autodistro

contact / KAS[at]murdochspace

dispo / 1

 

des mots // du son


Ce serait trop simple de conclure à brûle-pourpoint que Karl Alex Steffen (KAS) a changé. En survolant Les Traces, album concept annoncé comme tel, et ça d'une oreille distraite, on aurait tôt fait d'y détecter les signes avant-coureurs du changement, avec à la clé leur somme de doutes ad hoc : maturité soporifique ou pas ? Domestication ou bien ? Train de sénateur ou quoi ? Entrée en loucedé dans l'âge de raison ? Non, pas ça ? Et bien non ! Pas de ça ! Ou alors ce serait nier l'existence d'un fil rouge qui depuis Le Grand Ecart, il y a quatre ans, sous-tend le parcours de KAS : un sens du verbe et un goût de la prose remarquable.

Relatant l’aventure d'un soldat au creux d'une sombre guerre et la rancœur d'une femme (Lila Tamazit à la voix, excellente)liée à lui d'étranges façons, Les Traces est un disque à la tension palpable, propulsé par une musique rock au cordeau, toutes guitares en avant. Exit la pop et son classicisme propice à la mélancolie, reste l'intégrité des convictions. Les outils ont changé, l'inspiration et les humeurs sont les mêmes.

Ainsi les havres de quiétudes contrariées, les plages de spleen amer laissent place à des structures hérissés, nerveuses, mouvantes au possible, en des ressacs chaud et froid, concomitants et, en permanence habilement contrôlés. L'artiste donne ici la plus rigoureuse définition du talent, une sorte d'insigne médiation entre le jusqu'au-boutisme accompli des Diabologum et la noirceur savante et lettrée d'un Nick Cave.

KAS continue donc son chemin sans plier, ni se dédire, renouant sans cesse avec ses envies d'indépendance et de liberté. Les seules traces qu'il ait jamais suivi.

(retrouvez cette chronique chez nos amis de Live In Marseille)

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