GABLé-CuteHorsesCut_weblabel / Lo recordings

distributeur / La baleine

contact / G[at]murdochspace

dispo / 1

 

des mots // du son


Le sixième album des Normands de Gablé n'a pas commencé depuis trente secondes qu'on voit déjà à peu près à quelle sauce on va être dévoré : une de ces béchamels à l'oxyde nitreux, bourrée d'acides, de poil à gratter et de loufoqueries. Le genre de mixture qu'on se serait bien envoyé en travers de la tronche pendant la récré. la cour de récréation, un endroit que Gablé n'a jamais vraiment quitté : un vrai groupe récréatif. Et aussi étonnament créatif. La preuve en dix-neuf mesures.

 Pour être franc avec vous, on les a longtemps imaginés comme un de ces groupes hirsutes à l'estomac bourrelé d'une bouée maltée, gagnée à affoler la blogopshère en jouant de la gratte avec les pieds, on les trouve au fil des écoutes et des disques de plus en plus lestes. Sous des allures débonnaires, un brin a quoi bonniste sur les bords, ce trio épate en fin de compte par sa pertinence. Mieux produit, teinté de fioritures électroniques, Cute Horse Cut est d'ailleurs ce qu'ils ont fait de mieux jusqu'à présent. Et c'est pas peu dire ! En donnant toujours cette impression d'enregistrer à des fins uniquement personnelles, se souciant du tiers comme du quart des conséquences, sans autres ambitions que de faire la nique à la hype, ce disque risque pourtant de s'offrir une bien belle échappée dans les charts. La lo-fi inventive venant narguer la hi-fi mercantile. Bonnard vraiment ! Et de voir que le label Lo recordings est une nouvelle fois sur le coup en rajoute eune couche dans la jouissance !

Finalement les Gablé ne répondent à aucune norme. Et s'ils sont complètements branques, ce n'est qu'à la marge, celle où les Daniel Johnston, Dan Deacon et autres Moldy Peaches furent à leur tour bien branques. Déconneurs et iconoclastes, concasseurs et anticonformistes...La règle des quatre "con" qui sauf leur respect les définit plutôt bien tous les trois. Oui, ces gens sont géniaux !

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