chapi_chapolabel / Les Disques Normal

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des mots // du son


La musique à concept(s), lorsqu'elle est customisée pour affronter les siècles à venir, qui demanderont de plus en plus c'est certain, surprises, innovations, buzz et tutti cuanti, est à prendre avec des pincettes, qu'il est d'ailleurs préférable de se carrer le plus tôt possible sur le tarin. Ici, tout va bien, ça fleure bon la bonne galette.

Pourtant l'énoncé des données, sur le papier, avait de quoi inquiéter : seize titres pop'n'roll conçus dans l'intimité d'un seul homme avec des sons de jouets chinés de gauche et de droite et des invités triés sur le volet de l'indie rock américain. Le moins qu'on puisse dire c'est que l'effet de surprise se voyait pris et tué dans l'oeuf - et vouais, la Sainte Trinité The Penguin Cafe Orchestra/Comelade/Tiersen a déjà fait son œuvre . Mais c'était sans compter l'âme du projet, sa chaleur pour tout vous dire. Oui ! Il y a de la chaleur chez les Chapi Chapo. Et derrière le concept, plus que le travail acharné et quasi obsessionnel de leur créateur - Môssieur Patrice Elégoët - se cache un trésor désordonné mais efficace, doux mais fougueux. Un eldorado sonore paradoxal. Celui d'une musique entière, sans concessions, malmenée dans la forme, et au combien respectée dans l'esprit.

Ici le Brestois, tête chercheuse des petites musiques de pluies, joue de ses instruments comme le bouilleur de cru chevauche ses alambics, accompagné qu'il est d'une tripotée de pirates (les musiciens qui feront vivre l'idée sur scène, et les voix désormais mythiques de GW 'The Ex' Sok et Jason "Grandaddy" Lytle) et autres banshees indés (Kelly de Martino, et les copines de vagabondages, Boy ici sans son Tazio et son choeur d'écho, OoTi sans sa Boîte, Andrea Perdue ou Carbonic).

Sans clichés, ni cette larmoyance un brin factice, par trop souvent accrochée aux sonorités de ce qui reste le monde tintinnabulant de l'enfant rêveur, Robotank-z déploie des monceaux d'ingéniosité, percussions abrasives ici, electro fûtée là, réglant finalement leurs cas aux gardiens de musées d'automates, donnant une leçon aux cerbères incontinents du gai savoir et à ceux venus trop souvent piquer dans les assiettes de friandises, le chapeau bas. Pour tout vous dire, dans ce disque, bouillonne toute l'innocence du barbare, ce minot, cette minotte, qui sommeille en chacun de nous. Ici, éclate la force originelle de la fête, qu'elle soit mélancolique, triste ou ivre de joie. Et la vertu du carburant qui va avec. Et, non ce n'est pas du Champomy ! Robotank-z, La musique... liqueur de vie. Géniale et belle à la fois en somme !!

(retrouvez cette chronique chez nos amis de Live In Mars')

 

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