LOU

 

label / ADCA & T.REC

distributeur / L'Autre Distribution

contact / LOU

 

des mots


Avec elle, il est primordial de se méfier des apparences. Douce et polie, le regard limpide et les fossettes de l'enfance affutées, LOU est une chamane. De celles qui savent tout d'expérience, qui n'ont pas besoin d'en rajouter, de celles qui ont remonté le grand fleuve des chansons jusqu'à la source - on n'y vient pas par hasard, on n'ira pas plus loin.

Voilà un moment qu'on suit cette voix, murmure parmi les murmures du monde, tranquille et désolée, guérie mais pas idemne. Une voix intense, aiguisée. Une voix-dague mais qui caresse. Presque austère, parce qu'élémentaire. On se dit qu'on a déjà entendu ça quelque part. Ou peut-être bien dans une autre vie. C'est comme ça depuis le début. Cette impression - elle m'impressionne tant ! - cette sensation d'avoir rencontré un être à part, détaché, évanescent, toujours en équilibre instable entre la fêlure et la grâce qui, par accident ou bien alors pour tromper la mort, s'est, à s'arracher les sangs, amouraché de la vie. Vous savez, cette grande ordonnatrice du temps qui passe, de la création aussi.

Tout ceci n'est qu'intuitif bien sûr, je ne connais pas personnellement LOU, je ne connais que les disques qu'elle nous écrit. Et avec sa dernière mouture, l'intuition s'est renforcée, immanquablement, au fur et à mesure des écoutes de ses neuf poèmes sonores (pour n'en citer qu'un , magistral Il Y A Un Arbre, où l'on saluera aussi le travail de production d'un JC Versari très inspiré, tendance Hurleurs époque Blottie). Des chansons qu'on sent liées à une histoire personnelle forte, échos pluriels de quelque chose de très ancien, de vierge, pur et autarcique : les brumes du paradis perdu.

Neuf titres comme autant de variations sur le thème de la vie qui file jouées sur fond de spleen (les ambiances tissées par Mahut sont parfaites). Une vie kaléidoscope où les sens à loisir se perdent, prisonniers de ces textes forgés à l'essence d'une langue superbe de dépouillement et de retenus ; prose d'une enivrante mélancolie susurrée aux esgourdes du bonheur, ce voyou qui s'apprivoise, qui vous fait exulter et jouir après vous avoir débarrassé, le temps d'un instant, de toute pesanteur terrestre.
Oui, porter la musique de LOU à ses oreilles n'est pas anondin. Et alors ? Portez la pour ne plus vous réveiller de ce rêve unique. Quelle pied de s'alanguir avec elle sur cette barque à la dérive, atteindre le nadir, ne plus bouger. Et si toute chose à une fin, si l'impermanence mène sa danse, s'en foutre...Profitez, du début à la fin et inversement, de ce moment. Votre Seul Moment. Merci LOU.

 

du son