grassman

label / Autoprod

distributeur / Autodistro

contact / HG & SB

 

des mots


 

J'adore le jeu des filiations imaginaires. C'est un peu le gimmick du gars qui gratte du papier pour parler de musique. Tu vois bien , genre Leonard Cohen et Lee Marvin ont eu un fils, il s'appelle Nick Cave. Nick Cave et Patti Smith ont eu une fille, elle s'appelle Pj Harvey (certes, là, ça sent l'Oedipe à plein nez). Tu captes ?
En écoutant l'incandescent cinq titres du Two-Men Band Howlin'Grassman vs Stompin'Bigfoot, on a voulu jouer au même jeu : imagine les avoir un rejeton ! Nooon ! Impossible, trop dangereux ! Déjà, l'assemblage des deux avait de quoi inquiéter. Ne serait-ce que pour l'avenir de la P.M.A., un cataclysme chez les militants !

Plus sérieusement, doit on encore te présenter les coyotes ? Etienne Grass aka Grassman (Electric Bazar Cie), Lionel Mauguen aka BigFoot (OKO, Gypsy Burek). Ces deux-là se sont surement rencontrés il y a un bail, au fond d'un rade de Brest, autour d'un picon et d'un vieux bootleg de Screamin'Jay Hawkins. Et c'est certainement à force d'écumer des hectolitres de houblons et des kilomètres de bitume, jouant de scènes interlopes en boui-bouis scabreux que l'idée de leur duo maléfique est née. Avec elle, ces cinq morceaux tous aussi diaboliques.

Une grosse tendance blues-rock s'en dégage, au sens large dirons-nous, entre psychobilly, soul et trash-country. De la musique roots, oui, mais les deux doigts dans la prise et les pieds dans le cambouis. Une musique aux formes fantasmatiques, étranges tubercules soniques, qui évoquent certains Lp paranormaux de Tom Waits ou Captain Beefheart.

En vrai, ce disque est plutôt un truc à trois (là, c'est clair, la P.M.A. c'est cuit !), il doit beaucoup à la production précise et sauvage de Denis Guéguin du label brestois OFFORON Records (Congo, Les Blousons, c'est chez eux), habitué du free jazz biberonné à la noise. Et ça se sent.
Il y a ici de vrais et grands moments de magie noire sonore, de l'alchimie vaudou psychotrope, brute et décapente, jamais bourrine, toujours "high level". On en sort furieux et hagards. En âge et en transe.


OPEN THE CAGE, baby...OPEN YOUR CAGE !!

 

du son