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label / Le Saule

distributeur / Marxophone

contact / BF

 

 

des mots


C'est d'abord ce nom, insolite à nos oreilles, qui nous a interpelé en premier, quelques jours avant que ce son, insolent, ne viennent nous les titiller.

Borja Flames sort cette année son premier album solo, Nacer Blanco, lui qui oeuvre d'habitude avec Marion Cousin au sein du duo June et Jim. Il le signe chez le génial label Le Saule, bien connu de nos services pour leur boulot à l'époque auprès d'Aurélien Merle ou Léonore Boulanger. On retrouve d'ailleurs ici cet esprit de défrichage frondeur autour de l'improvisation et de l'expérimentation.

En quelques minutes, la prose décalée et les polyphonies fantasques de Borja font leurs effets, propulsées par une musique doucement bancale, gentiment dissonante. Ces titres, à grands renforts de samples et d'instruments qu'on pressent chinés ou bricolés pour l'occasion, dépoussièrent tout un pan de notre discothèque qu'on redécouvre sous un autre jour.
En veux-tu du Tom Zé mutant, du Moondog errant, du Burroughs a capella, de la Brigitte Fontaine hispanisante ? Tu aimes ? ça t'intrigues ? Sans hésiter, plonge dans ce disque qui reste un bien bel éloge de la fugue, une ode aux bienfaits de l'imagination galopante, celle qui ignore tout de la bride et des oeillères masochistes pour préférer bondir avec ce goût pour l'insoumission si rafraichissant.

Ce gars a beau survoler dans sa fusée arc-en-ciel les anciens testaments tropicalistes, cut-up et beatniks, il jou(i)e loin , très loin des dévots tremblants de la génération "vintage", préférant la célébration dans la joie en lieu et place d'une vénération dans le silence.

Il y a dans ses chansons suffisament de dérèglements et de liberté avec les codes pour éviter toute impression de nature morte, de musée figé. On es ici plutôt dans l'échope d'un brocanteur du futur.

Sensationnel !


du son