ooti

label / L'Eglise de la Petite Folie

distributeur / Autodistro

contact / OO

 

 

des mots


Tu en veux du trio ? Du soudé, massif, d'un bloc, homogène et prismatique, où chacun travaille à conquérir son autonomie en jouant, chantant, écrivant pour et par l'autre, où tout fonctionne dans l'allusif et le sous-tendu de la relation - rêves et mémoires partagés, arc-réflexes et télépathie à tous les étages !
Alors, t'en veux ? Avec ce dernier disque d'Ooti, tu vas être servi !

En quelques années (sans doute ces trois alchimistes là ne les comptent plus), Ooti, Arnaud Le Gouefflec et John Trap ont réussi ainsi, en choisissant l'ascèse du collectif, à donner une âme et un poids à leur musique éclectique. Chapeauté par le label brestois de L'Eglise De La Petite Folie, ce disque a la splendeur de ces gestes aux portées révolutionnaires : ici pas de coups d'épée dans l'eau ni d'urine dans les violons, là on envoit du coup de saton dans la fourmilière de la chanson à la Française...Et, oui, carrément !

Entre aboutissement formel - génial travail de composition et de production de John Trap - et plongée aveugle dans les méandres de ces trois cerveaux aventureux, rarement musique n'aura paru à ce point définitive dans son désir de coller à l'abîme d'une prose savante et libre - rhaa Lovely Arnaud, mon héros !
De profundis...L'espace du dedans mis en mots et en musqiue. A la clé, des histoires pas possible, faites de clair-obscur, de demi-teinte et de décalage . Une petite musique intérieure devenue grande.

Cet album est parsemé de mélodies désenchantées, à la tristesse vague et ensorcelante, qui progressent par glissement, puis soudain se mettent à sautiller, à se rouler par terre les quatre fers en l'air. Tout en dégradé, passage sauvage et métamorphose, les ambiances volatiles tournent autour des tempos, comme pour s'en démarquer, le phrasé envoutant d'Ooti y ouvrant des brèches de poésie fulgurante, avec parfois ce petit côté inquiétant, voire flippant qui nous rappelle à qui on a affaire : les dévôts de la Petite Folie.

Tout ça pour dire, que dans le tressage mouvant et complexe de ces trois bouquets de nerfs, dans la rencontre sans cesse renouvelée de leurs envies, on atteint des régions de l'âme indéfinie où, on le pressent, se sont succédées d'intenses périodes méditatives et de brusques et improbables pulsions de vie, d'irrépressibles montées en jouissance au lyrisme étranglé.
Avec partout, toujours une petite tourmente qui se trame, un secret caché sous le tapis : celui d'un verbe bien trop rare. On espère qu'on écoutera encore longtemps Ooti. Et vous, Itoo ?

du son