a1705370484_10

label / Ici d'Ailleurs

distributeur / Id.

contact / G!

 

des mots


Gontard est bien connu de nos services. A l'époque, il sévissait au sein des Frères Nubuck, avec son frangin qui sévit lui dorénavant sous le pseudo de Chevalrex (le label Objet Disque c'est son bébé).
Déjà en ce temps-là, on constatait ce goût pour le spoken-word patraque et la même question nous taraudait : doit-on toujours se fier aux titres des disqes ? On parlait alors de Disques Mineurs de Fin de Règne animal ; aujourd'hui la destinée du Saint Graal percé reste d'actualité : tout naitrait, tout s'achèverait dans un disque. Dont Acte !

Depuis la fin des Nubuck, on est sans aucun doute passé un peu vite au-dessus des premières moutures de Gontard en solo, mais on est sûr qu'aucunes d'entre elles ne partaient dans d'aussi bonnes directions. Avec son titre en forme d'épitaphe, s'installe d'emblée un climat général qu'on pressent pesant. Et, d'emblée, le gars Gontard roi de l'aphorisme dégaine ses punch-lines. Il Fiasco...Voilà qui te pose une ambiance. Et un disque.

Malgré cette mise en lumière récente, après une belle période à l'abri de la pouponnière de La Souterraine, notre amateur de bon pif - Vallée du Rhône/Drôme represent ! - n'est pas prêt de couper son picrate à l'eau de rose.
Bien au contraire, Tout Nait/Tout s'Achève... est dans le genre [humain] volumineux précis du mal de vivre après le chaos, une belle allégorie stroboscopique de ces lendemains de bringue où on se retrouve la carcasse malaxée comme un vieux chewing-gum, où le fond de l'oeil reste humide et où l'existence n'est plus qu'instinct de survie.

En voilà des morceaux, des palabres remontés de surfaces irréparables, attaquant direct l'épine dorsale...Bim ! Frissons. Ecouter Notre Maison, titre au creux même du Lp (le truc déjà pas anodin...et oui, un disque commence, fini mais a un coeur aussi). Un texte de feu Jean-Luc Le Tenia, et son propos à tiroir, prémonitoire et troublant "Chloé, Jean-Luc, Amour éternel sans divorce...Il doit y avoir une raison..." , on croirait y entendre plus qu'une simple dédicace ou une sublime oraison pour le copain parti trop tôt, mais un génial prolongement de l'oeuvre du Manceau, avec subtilité, et pas mal de regrets aussi.
Après, c'est parti pour une session de surf sur le vague à l'âme, pas de répit, Poupée ! Et tout ce petit monde de mots scandés, de resplendir à travers les détails pléthoriques des compos et d'une production maligne et haut de gamme. Il faut d'ailleurs saluer la précison du geste de Ray Bornéo, compagnon de route parachuté aux manettes, qui a su rendre à ces compositions toutes les nuances fébriles qu'elles demandaient sans jamais céder à la surimpression et virer à la grosse kermesse. Boîte à rythme, piano, cordes et cuivres font bon ménage : ahh !! enfin le "vrai" retour du sax dans la chanson, la classe !

Je ne sais pas si les radios s'empareront d'un de ces quatorze morceaux pour en faire un hit saisonnier. On trouverait ça bien. De toute façon, Gontard en a écrites pour toutes et tous des chansons. Des torch-songs et d'autres vite et bien torchés, des petits mélodrames et des putains de refrains à raper sous la douche .
Alors, est-ce que tout naît, tout s'achève dans un disque ? Le bonhomme en semble convaincu. En ce qui nous concerne, avec des galettes de cette trempe, on est pas loin d'y croire aussi. Même si secrètement on voudrait que rien de tout ça ne s'arrête vraiment.

du son