banditos

label / Bloodshot Rds

distributeur / Id.

contact / B

 
 

des mots


Voilà un disque qui une fois de plus nous a tapé dans l'oreille parce que dynamitant les codes du genre qui l'inspire - à savoir ici le rock sudiste américain - pour frôler plusieurs fois l'extase. Rien que ça. Ils s'appellent Banditos,  originaires de Birmingham en Alabama, ils nous parlent aujourd'hui depuis Nashville.

Découvert à la fin de l'été dernier ce disque voluptueux nous a sauvé d'un automne devenu un hiver bien trop long, et pourrait bien rester accroché encore quelques saisons à nos esgourdes affamées.
Banditos, c'est avant tout deux voix : celle de Mary Beth Richardson (un mix vocal entre Patsy Cline, Amy Winehouse et Janis Joplin...bim !) et Corey Parsons. Autour, un banjo enjoué, celui de Stephen Pierce, et un gratteux bien psyché, Jeffrey Salter. A la section rythmique : Randy Wade à la batterie et Dany Vines, le dernier arrivé, à la basse. Une belle bande d'outlaws supersoniques, bien décidée à pousser le Southern Rock dans ses retranchements. Et pour tout dire, ils y ont mis du coeur.

Ce qui caractérise ce deuxième Lp des Banditos, c'est son côté boîte de Pandore. Tu l'ouvres , et blam ! T'exploses à la gueule toute une enfilade de titres divers et variés.
Du groove comme sorti des studios Muscle Shoals, de l'acid-rock bien 60's, du boogie à dépoiler tout le ZZ Top, un mojo punk-blues à retourner toute la clique de Burger Records et Fat Possum réunie, du garage né d'un bootleg de Jonathan Richman qui aurait pris la tête du Velvet. Le résultat est atomique. Orchestrations panoramiques possédées par des riffs de Telecasters sauvages et volubiles, rythmiques trempées dans le bayou, vocaux polyphoniques à l'unisson, tantôt romantiques tantôt carrément hystériques, chaque morceau tire son épingle du jeu, porté par la production tonitruante de Nash (Israel) & Young (Ted). ça ne s'invente pas !

Ces six-là, vous l'aurez compris, font souffler un vent frais et neuf - une tempête ! - sur le rock sudiste, un genre un brin plombé et poussiéreux.
Un disque formidable que ce Visionland qui emprunte son nom à un parc d'attraction ayant fait faillite par chez eux. Vous voyez le message : la réalité peut bien s'effondrer, restent les rêves ! Et quel meilleur véhicule pour nos rêves résiliants que la folle musique des Banditos. Thérapie improbable et imparable contre tous les burn & bore Out du globe. Un putain d'antidépresseur doublé d'un puissant psychotrope. Alors, comme dirait l'autre : "Don't Bogart The Joint !! Y'a du monde sur la corde à linge !"

[retrouvez cette chronique chez les potos de CASBAH RECORDS]

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