redeye

label / Lafolie Rds

distributeur / Id.

contact / (T)R

 



des mots


Fruit de plusieurs années d'exil volontaire au Texas - qu'on confirme d'emblée fructueuses - ReDeYe, Guillaume Fresneau à la ville, devenu aujourd'hui (Thisis)Redeye (reprenant ainsi le titre de son tout premier disque signé chez le T-Rec de J-C Versari) sort un Lp, son quatrième, qui n'est pas à prendre à la légère.

Optant pour un schéma qui pouvait, dit comme ça, faire figure de carcan ou de norme - un chanteur, son vécu, ses textes - (Thisis)Redeye prouve sans peine et à nouveau (ça fait dix ans que ça dure en fait) ses capacités à s'en émanciper.
Et à faire valoir sa singularité qui, plus que de jouer la pose du Frenchy (re)venu du Far-West, affirme sa propre version, sa vision intime de l'Americana. Soit ici, une musique qui, à la béate resucée de siècles entiers de gimmicks country-folk, stetson ou gapette "John Deere" vissés sur le front, aurait préféré une vraie immersion géographique doublée d'une imprégnation culturelle en temps réel. Une option une nouvelle fois gagnante, qui soit dit en passant, n'empêche pas Guillaume de porter à ravir la casquette U.S. (le soleil doit bien frapper sur Haney Drive).

Après, effectivement, tout ça mis sur le papier - le désert, du folk, de l'introspection - pouvait laisser craindre une certaine austérité. Et bien, non ! Voici un autre écueil évité, laissant plutôt apparaitre un génial terrain de jeux.
Notamment pour la voix (avec un petit côté Michael Stipe par moment) et les textes de Fresneau qui portent sur ses cordes vocales et ses mots le poids de cette musique ancestrale magnifiquement revisitée, tantôt poussée vers ses penchants psyché, tantôt enveloppée d'un voile plus pop. Et à chaque fois, intelligemment mise en forme par un Dan Duszinski inspiré, (producteur bien connu de nos services pour ses prouesses sur le Please, Be Mine de Molly Burch). Ils parviennent ainsi à eux deux à lui injecter toute la chaleur nécessaire au voyage. Et pour tout vous dire, franchement, ça décolle bien comme il faut.

Alors, fermez les yeux ! Désormais, le désert vous appartient.

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