L’Oreille de Moscou

Une émission du Front de Libération de la Bande Fm

mercredi 28 octobre 2009

Mathias Kaden "Studio 10"

00label / Vakant

distribution / La Baleine

contact / M[at]murdochspace

dispo / 1



des mots // du son


Mathias Kaden sort chez Vakant, Studio 10, du nom de son studio, un album d'électro minimale pleine de générosité et d'inventivité.

Il lui aura fallu pas loin de deux ans pour peaufiner ces morceaux : enregistrement des instruments et des voix, gestion pour ça d'un nombre impressionnant d'invités, programmation, mixage...Un travail pointilleux, où perfectionnisme et sens du détail sont mis au service d'un groove futuriste.
Deux années de labeur, nécessaires et suffisantes  à la production d'une deep-house qui tend vers le jazz à l'instar du travail d'un Cobblestone Jazz pour ne citer qu'eux.

En ayant eu le loisir de laisser courir son inspiration débordante, Kaden ouvre des perspectives hallucinantes au mouvement minimaliste, apportant la preuve évidente qu'il n'est pas encore en fin de vie. A condition bien entendu d'avoir quelques idées. A bon entendeur(euse) !


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mercredi 21 octobre 2009

Chicros "Radio Transmission"

chicros_radiotransmissionlabel / Chicrodelic

distributeur / Discograph

contact / C[at]murdochspace

dispo / 1




des mots // du son


Les Chicros n'ont peur de rien et qui plus est, ont des idées. Pour ces rêveurs éveillés, l'Amérique est un des lieux mythiques où cette inspiration s'est forgée, un de ces lieux où grouillent les bases de nombre de concepts. Cet endroit et sa mythologie, ils l'ont arpenté en long, en large et en travers. En atteste cet album-concept Radio Transmission où leur pop se fait la belle entre country, rock psyché, hip-hop, j'en passe et des meilleurs...En fait, chez ces gars-là, il n'y a de chevauchées qui vaillent la peine d'être tentées qu'à la ferme condition qu'elles vous fassent valdinguer hors des sentiers battus. Celle-ci fut la bonne ...Mission remplie.

Il est clair à l'écoute de ces quarante minutes de dinguerie maîtrisée que la musique des Chicros ne tire pas droit au milieu de la route. Elle ne la ramène pas pour autant, ni ne se lance dans d'imbitables leçons de savoir-faire : si elle raconte ce qu'elle sait - et la preuve est là qu'elle en sait des choses - c'est essentiellement en s'amusant.

Ainsi, dans une joyeuse ambiance , les dix-neuf pistes de Radio Transmission s'enchaînent sans crier gare dans un enchevêtrement génial de faux jingles  et d'interventions d'animateurs tout aussi factices, tantôt en dépression avancé, tantôt fou de Jésus ou de cocktails de drogues bien carabinés. On voyage ainsi au gré du balayage d'une bande FM imaginaire (qu'on situera aux USA), sorte de retour vers le futur de la pop music où faute de Doc et de Doloréan, on croise des crooners (Why ?), des B-Boys (le Beckien Big Daddy Pimp Jr), quelques vieux punks (Straight A's génial reprise des Dead Kennedy's, ) et une nymphette sixties (le retour de la magnifique Brisa Roché sur Without You), nimbé dans un doux trip  sonore, perceptions troublées et rictus de bien-être collé  sur la figure en prime.
Même avec un morceau comme If You Leave Me, Leave Me Running, instru space-rock sombre et efficace, les embardées rythmiques et les nappes synthétiques broute-cortex sont customisées avec une telle minutie, une finesse si diabolique que malgré la course inquiétante et échevelée que le titre annonce, la fuite se fait de bon cœur, les commissures toujours en alerte.

Vous l'aurez compris, Radio Transmission est de ces disques de musiciens fouineurs, où l'amalgame des genres et l'impression d'entassement des idées - un à priori sur le papier, levé dès les premières écoutes - n'est rien d'autre que le résultat d'un méticuleux agencement, dont seuls les Chicros ont la clé. Un bordel savamment organisé, où il est plus que bon de flâner. Si seulement ça pouvait devenir le cas pour notre bande FM...Reste plus qu'à croiser les doigts.


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dimanche 18 octobre 2009

E.B.S. "Emergency Broadcast System"

m_d7071ffe33fe4390a28b30897da62f18label / Bee Records

distributeur / La Baleine

contact / EBS[at]murdochspace.com

dispo / 1


des mots // du son


E.B.S....Trois lettres pour une union sacrément rythmée :  Superlicious, grand commandeur du glitch, Stupid Dog, chantre d'une techno très mental et Kantyse soit Feubo et Knockoutz, sombres pervertisseurs de la drum'n'bass. Emergency Broadcast System sera le fruit bien ferme des élucubrations sonores de cette équipée sauvage. Un drôle de gang édité chez BEE Records, label lyonnais qui n'en finit plus d'affirmer et d'affiner une ligne artistique à part et sans équivoque. Après Cosmos 70, Parallel, SKNDR et Noone voilà donc E.B.S..

Et ces quatorze plages parcourues en moins d'une heure, donnant à goûter des cocktails plus explosifs les uns que les autres. Vous me direz c'est le moins qu'on pouvait espérer de ces lascars avec de tels parcours. Pour autant d'influences  - de Richard Devine à Ezekiel - qui transpirent toutes de ce collectif polycéphale, tout en leur permettant, à travers cette pluralité, de se forger une identité propre et singulière.

Unis dans l'expérimentation comme les potards d'une gratte électrique, nos quatre tourangeaux  voyagent entre cuts acérés, noirceur électro, et envolée noisy. Une mixture qui tient bel et bien la route, renforçant, si c'était encore nécessaire, notre goût pour les musiques qui savent aussi bien parler aux jambes qu'au cortex. Et par les temps qui courent, ce n'est franchement pas du luxe !

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emergency broadcast system
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samedi 17 octobre 2009

Omar Souleyman "Dabke 2020"

souley_omar_dabke2020_101blabel / Sublime Frequencies

distributeur / id.

contact / O[at]murdochspace.com

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Omar Souleyman, natif de Ras-Al-Ain, ville du Nord Ouest Syrien débute sa carrière en 1994. Le génial label Sublime Frequencies, spécialisé dans la récupération et l'inhumation de perles musicales enfouies (du rock sixties Thaï aux punks Iraniens en passant par la Pop de Sumatra) s'est penché sur le cas du bonhomme.

En agglomérant les tubes d'une dizaines de cassettes - source principale de cette maison - toutes sorties entre 1998 et 2008, il propose Dabke 2020 suite attendue de la compilation Highway To Hassake parue il y a deux ans et qui était déjà monstrueuse.

Claviers synthétiques, bouzoukis branchés sur secteur et rythmique épileptique sont la toile de fond des chansons trampoline de Souleyman, meneur du renouveau du dabke, musique populaire de tout le Moyen-Orient - Liban, Palestine, Jordanie, Irak...
Trash et démontés, les sons sont tous en distorsion, donnant une sorte de raï sous amphétamines, qui se danse en chaîne, mouchoir à la main.

Appuyez sur "Play"..Yallah ...c'est parti !!

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vendredi 16 octobre 2009

Sam Karpienia "Extatic Malanconi"

SamK_ExtaticMalanconi400x400label / DFragment Music

distributeur / L'Autre Distribution

contact / S[at]murdochspace.com

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des mots // du son


Avec Extatic Malanconi, Sam Karpienia (Gacha Empega, Dupain) revient avec Daniel Gaglione (mandole), Bijan Chemirani (percussions), Mathieu Goust (batterie), le trio qui l'accompagne désormais. Élégamment violente, évolutive et ardente, leur musique ne se donne pas au premier venu et sait malgré tout se faire apprécier.
On imagine facilement ce groupe cramer, décomposer et fignoler tout à tour sa substance musicale, pour concocter d'étonnantes recettes ambivalentes, débordant sans baver des cadres et des codes usuels. On sent là-dessus flotter d'exaltantes odeurs faites de révolte et de sensualité.

Sur le papier, avec ce trinôme mandoles-percussion-batterie, sans artifice électro-mes-couilles, difficile de ne pas penser à une musique contenue, contrainte même. Et pourtant, ce qui marque c'est cet espace de jeu que Karpienia parvient à dégager. De par son registre sonore et instrumental, le groupe sonne littéralement rock.  Mais cette façon de l'appréhender comme un simple outil et un vecteur d'instabilité créative , comme une énergie en somme plutôt que comme une attitude, lui évite d'avoir à faire à de trop lourds carcans. Le rock n'est qu'un leurre qui sert leur musique à 100 %, un pion joué parmi d'autres; la langue - ici essentiellement le français, là où prédominait l'occitan - étant la pièce maîtresse. Une arme fatale appuyée de la voix éraillée de Sam, une voix d'une incomparable puissance - sans abuser de la brosse à reluire, franchement on a pensé tout au long de nos écoutes au grand Camaron, époque La Leyenda del Tiempo, dans cette façon si particulière de marier intonation d'écorché et instrus organiques.

Mais, si ce chant bouleverse, c'est avant tout par la poésie qu'il entonne et cette manière qu'il a d'être poussé dans ces retranchements les plus intimes. Un chant et une musique donc, , une sorte de free-rock pourvoyeur de transe, un alliage de forces et de convictions visant à écarter le superflu pour se dérober à l'ordre des choses : un élan élémentaire et essentiel qui forge l'esprit de ce disque. Un album où l'on entend un groupe dévoiler des liens passionnants entre le goût de l'épure et la puissance, l'écriture et l'expérimentation, l'introspection et la liberté.

Sam et les siens s'offrent ainsi un nouveau commencement. Un drôle de pari et une bien belle histoire qui démarre. Extatic Malanconi, en est la pierre angulaire, l'"objet du délice"

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mercredi 14 octobre 2009

Kamel El Harrachi "Ghana Fenou"

20204label / T.A.M.

distributeur / Mosaic Music

contact / K[at]murdochspace.com

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Lourd fardeau que celui de la descendance, surtout lorsqu'il s'agit de celle du créateur de Ya Rayah, morceau mythique devant l'éternel. Difficile de se libérer du carcan de l'hérédité.

Pourtant Kamel El Harrachi tente le coup. Le fils aîné de Dahmane El Harrachi, artiste algérien à la popularité sans borne, mort en 1980, rend hommage à son père avec ce Ghana Fenou, album de reprises (à l'exception du morceau éponyme qui est de Kamel) tout simplement classieux.

Bien sûr la voix du fiston n'est pas celle d'Abdherrahmane, moins rocailleuse que celle du grand manitou. Mais la démarche est si belle, une étape dans la vie d'un homme. Une étape dans la vie d'un artiste et peut-être aussi dans l'évolution de ce style si particulier - le châabi ("populaire" en arabe) - qu'on rêve de voir renaître, régénéré par de tels personnages.

Plus qu'un "fils de..." Kamel El Harrachi doit pouvoir tracer sa propre route. Le talent est là. Ghana Fenou se devait même d'exister pour autoriser cela...le libérer du poids considérable du patriarche, lui permettre de voler de ses propres ailes et pourquoi pas ouvrir la route à d'autres initiatives créatrices et rénovatrices d'un genre musical qui n'attend que ça. A suivre donc.

(retrouvez cette chronique chez nos amis de Live In Marseille)



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lundi 12 octobre 2009

Rivkah "Second"

rivkah_secondlabel / autoproduit

distributeur / autodistro

contact / R[at]murdochspace.com

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des mots // du son


Septembre, la pluie ne tombe pas tout à fait...et je me souviens, cette enveloppe fuchsia, "Promenant nos Chiens", une gageure ? Mon cœur qui bat, en dedans mais fort, toum, toum ! Dehors ces fleurs encore là, qui tendent leurs bras étiolés; et ces chansons étoilés de mélancolie, qu'on peine à voir s'éteindre...oui, le disque est fini, et cette question : "A quand nos retrouvailles ?"

Septembre, la pluie dégringole, défonce le plafond, la vache, ça pisse dehors ! Une enveloppe rose saumon cette fois...les fleurs sont fanées, heureusement le temps s'est bien passé et revoilà Rivkah, son Second tout prêt, tout frais. Quelle attente ! Et pour tous ceux qui en croqueront, des notes de piano légères, du banjo, des cuivres et cette voix comme décuplée par sa poésie, cette force de cristal, qui nous raconte l'amitié, la vieillesse, la vie et nous apprend - était-ce déjà écrit - que nous n'aurons plus besoin d'été ...Bordel, mais...la Rivkah est revenue !

Septembre est plus que là, les flaques elles, plus tellement...séchées. Les larmes coulées dans mon café presque aussi. Drôle de sensation, de toucher comme ça la beauté , la grâce d'un instant , le sommet de la colline qui de sa hauteur vous embrasse, vous embrase le cortex comme la foudre vous file des coups.

Franchement on voudrait être le seul à marcher à côté de ces sons, garder comme un secret , ce folk de prose qui s'impose, là où ça cogne et ailleurs, s'y ancrer à en couler, et avant de sombrer, écrire pour vous dire : "Rivkah est différente, un de ces joyaux qui vous retournent la vie, vous mettent le pas de vis tout zize...à chaque fois , mais n'y posez pas une oreille, pas la peine, elle n'est pas pour vous".
Mais ça, ce serait trop moche, franchement on n'est pas comme ça ! Allez, Fonces, ma (mon) pote !

(retrouvez cette chronique chez nos amis de Live In Marseille)

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vendredi 9 octobre 2009

ErsatzMusika "Songs Unrecantable"

ersatzmusika_songslabel / Asphalte Tango

distributeur / Abeille Music

contact / E[at]murdochspace.com

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des mots // du son


La petite troupe regroupée autour de la chanteuse Irina Doubrovskaja au sein d'ErsatzMusika - une bande Russes en vadrouille - donne une image toute singulière du déracinement, entre vision d'épure et passion slave.

Avec trois fois rien, ces gens-là - qui auraient très bien pu finir dans la "Jungle", n'est-ce pas môssieur Besson - ne chantent pas seulement la mélancolie, ils disent aussi la joie d'être pluriels, différents - n'est-ce pas môssieur Hortepen -, juste ensemble et debout. Ils racontent combien leur force vient de cette déchirure - l'exil -, combien être loin, parfois, vous remplit.

Claviers, accordéons, xylophone, riffs mal fichus de grattes en bois, cette musique, fortune de nerfs, parle aux tripes. La voix d'Irina en rajoutant dans la course épique  qu'ErsatzMusika a entrepris depuis longtemps maintenant.

Une cavalcade effrénée à l'assaut des contreforts d'une cité - le Monde, notre Monde - qui accueille et dégage sans chaleur de l'humain. Leur objectif le subvertir, le rendre ses formes de vie, palpables, sensuelles et sensées.
Et semer en travers de nos routes bien trop parallèles, ces passerelles inébranlables...une valse, un tango, une ronde...pourvu que ça se colle, s'enlace, s'embrasse...

Haaa bordel, j'ai une de ces envies de danser moi !!

(retrouvez cette chronique chez nos amis de Live In Marseille)

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mercredi 7 octobre 2009

Mamer "Eagle"

405960_120x120label / Real World

distributeur / id.

contact / M[at]murdochspace.com

dispo / 1


des mots // du son


En Chine, à la frontière russe, c'est déjà l'Asie Centrale. Si la géographie n'est pas votre fort, dites qu'en écoutant Mamer chanter , ça se comprend d'autant mieux. Eagle est le dernier opus de ce guitariste hors pair, né dans la province du Xinjiang. Son premier distribué aussi largement.

La musique qui en émane est proche de celle pratiquée depuis des siècles dans cette région. De ces racines, Mamer a su s'en défaire, tout en leur rendant de vibrants hommages  dès qu'il en a l'occasion.

C'est un de ces personnages qui ne connait pas l'ennui, un gars imperméable à la monotonie. Loin des frilosités de gestionnaires et des petites mesquineries de l'industrie du showbizz', chaque disque est pour lui une opportunité d'expérimentation, une nouvelle possibilité de tirer les ficelles d'une musique en perpétuel mouvement.

Se livrant totalement à cette inspiration nomade qui est la sienne, chaque chanson devient un périple envoûtant, une aventure tour à tour désarçonnante et ravissante. Mamer nous parle de la rudesse des liens qui rassemblent l'homme et la nature, il sait ce que la confrontation du modernisme et de la tradition peut engendrer comme étincelles dangereuses. Très introspectif par ailleurs, sans être replié sur lui-même, il ne se pose jamais en censeur, mais laisse aller vers qui en voudra, sa poésie pleine de sens, de vérité aussi. A chacun finalement de trouver sa place sur cette route immense.

Peter Gabriel ne s'y est pas trompé en le signant sur son label Real World. Et le fait que Mamer ait compté parmi ses fans le regretté Hector Zazou, en rajoute dans l'enthousiasme qu'on a mis à l'écoute de cet Eagle. En effet, disparu il y a peu, ce dernier a eu le temps de livrer en bonus sur ce disque un mix hallucinant de beauté (Mountain Wind).

Une chose est certaine, aussi longtemps qu'il nous régalera de son art, nous continuerons à l'accompagner dans ces voyages et à rêver les yeux ouverts aux sons inouïs de ses précieuses chansons.

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samedi 12 septembre 2009

Le Freylekh Trio & Goulash System "s/t"

visugoulashcadrelabel / Metisse Music

distributeur / Mosaic Music

contact / LFT[at]murdochspace.com

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L'esthétique des musiques de l'exil n'est pas juste une formule ou un effet de verbiage à sensation. Elle existe. Alliant un goût certain pour les économies sonores et la générosité des expressions passionnées et passionnantes.

Oui, les hommes et les femmes déracinés jouent à la fois avec trois fois rien et avec tout ce qui fait qu'ils existent, bien vivants et debouts. Le Freylekh Trio porte haut les revendications de cette esthétique de l'exil.

Revenu aux affaires musicales cette année, c'est sous la forme d'un collectif protéiforme et cosmopolite - le Goulash System - qu'ils reprennent les chemins de traverse menant à nos esgourdes. On retrouve ici des musiciens français, klezmer, tsiganes, américains, hongrois, camerounais, serbes, roumains. Tout ce beau monde s'est croisé à Paris. Certains étaient de passage, d'autres là pour la vie. Et de la vie on peut dire sans se manquer que ce disque en déborde.

A l'unisson ils clament leur joie d'avoir traversé ensemble l'univers poétique qu'est cette drôle de ville. Un lieu étrange où leur imaginaire et toutes ces sonorités arrivant des quatre coins du monde parviennent à évoluer en harmonie.

Si Le Freylekh Trio dirige la manœuvre, c'est calmement qu'ils laissent courir une musique plurielle que rien ne semble pouvoir contenir. Ni la capitale, ni la Terre elle-même, toutes deux trop exiguës pour cette amalgame d'émotions pures, bombe à défragmentation sentimentale qui saute d'impros en thèmes traditionnels, de bruits de métro en boucles électroniques.

De ce voyage idyllique en "Onirie", ce sont les couleurs et l'ébullition des quartiers populaires et pluri-ethniques de la Ville Lumière qui éclatent au grand jour et par la même occasion explosent nos gueules ravis. Alors, ne boudez pas votre plaisir, suivez donc le guide. Un brin de tourisme ça décoince, promis ! Même à Paname.

(retrouvez cette chronique chez nos amis de Live In Mars')

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