vendredi 9 octobre 2009
ErsatzMusika "Songs Unrecantable"
label / Asphalte Tango
distributeur / Abeille Music
contact / E[at]murdochspace.com
dispo / 1
des mots // du son
La petite troupe regroupée autour de la chanteuse Irina Doubrovskaja au sein d'ErsatzMusika - une bande Russes en vadrouille - donne une image toute singulière du déracinement, entre vision d'épure et passion slave.
Avec trois fois rien, ces gens-là - qui auraient très bien pu finir
dans la "Jungle", n'est-ce pas môssieur Besson - ne chantent pas
seulement la mélancolie, ils disent aussi la joie d'être pluriels,
différents - n'est-ce pas môssieur Hortepen -, juste ensemble et
debout. Ils racontent combien leur force vient de cette déchirure - l'exil -, combien être loin, parfois, vous remplit.
Claviers, accordéons, xylophone, riffs mal fichus de grattes en bois,
cette musique, fortune de nerfs, parle aux tripes. La voix d'Irina en rajoutant dans la course épique qu'ErsatzMusika a entrepris depuis longtemps maintenant.
Une cavalcade effrénée à l'assaut des contreforts d'une cité - le
Monde, notre Monde - qui accueille et dégage sans chaleur de l'humain.
Leur objectif le subvertir, le rendre ses formes de vie, palpables,
sensuelles et sensées.
Et semer en travers de nos routes bien trop
parallèles, ces passerelles inébranlables...une valse, un tango, une
ronde...pourvu que ça se colle, s'enlace, s'embrasse...
Haaa bordel,
j'ai une de ces envies de danser moi !!
(retrouvez cette chronique chez nos amis de Live In Marseille)
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lundi 29 juin 2009
Maayan Nidam "Nightlong"
label / Powershovel Audio
distributeur / La Baleine
contact / MN[at]murdochspace.com
dispo / 1
des mots // du son
Depuis Berlin, Maayan Nidam, connu aussi sous le pseudo de Miss Fitz, décide de nous catapulter à Cuba, où ont été en partie réalisées les prises de son de ce premier long format, Nightlong. Elle le signe sur le très confidentiel label japonais Powershovel Audio.
Initialement, ce dernier réalise Women Are Beautiful, disque de musique cubaine regroupant un nombre important de protagonistes de la scène musicale de cet endroit.
Sur la base des morceaux enregistrés, les patrons du label envisagent la déconstruction de ces titres et proposent à Maayan de se lancer dans cette aventure. Ce concept s'inscrit dans un projet plus large tournant autour de l'incroyable créativité féminine dans les domaines de l'art contemporain, la photo et la musique.
Pour en revenir à Nightlong, on constate qu'au-delà du "cahier des charges" quelque peu contraint, la productrice s'éloigne considérablement de ses habitudes dancefloor. Grand bien lui en a pris.
Ainsi, elle s'approprie l'atmosphère de l'île et la passe à la moulinette d'une deep house classieuse et sans fioritures.
Une belle performance de funambule, à cheval entre musique organique et électronique, qui nous renvoie, en échos lancinants autant que graciles, à une vision, la sienne, qui colle à celle fantasmée d'un Cuba tout entier dédié à la fête, un coin du monde chaleureux où tout n'est que volupté et sensualité. Ce qu'il n'est certainement pas tous les jours mais il est si bon de rêver. alors, pourquoi s'en priver, surtout quand le véhicule est si confortable. Muy bonito, si señor(a) !
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samedi 8 novembre 2008
Populous & Short Stories "Drawn In Basic"
label / Morr Music
distributeur / La Baleine
contact / Popu[at]murdochspace
dispo / 1
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Publié chez les Berlinois de Morr Music, sous le pseudo de Populous, Andrea Mangia croise, sur Drawn In Basic, ses premiers amours électro et abstrait avec de nouvelles données plus folk et soul.
Un album, son troisième, qui navigue toute voile dehors sur ce lac malicieux qu'on appelle Pop. Un rafiot où Mangia , associé au chanteur Short Stories, est à la fois l'amiral et le clando à fond de cale, le commandant de bord et le mécano.
16 titres polyphoniques, qui ont de prime abord du mal à se trouver, résonnant les uns contre les autres mais qui au final trouve leur place, forme un amalgame plutôt solide. Alternant intermèdes instrumentaux et plages chantés (l'apport de la voix de Short Stories est indéniable), Drawn in Basic fait la part belle aux guitares saturées noyées dans le coton (on pense immédiatement au Siamese Dream des Smashing Pumpkins), aux synthés aux sonorités chaudes et embrumées, au cœur d'une production soignée, sinueuse et analogique.
Se dessine là une esquisse simple (dans l'esprit coloré et enfantin de la pochette du disque), au service d'une vision subjective de la pop, qui l'amène (parfois malgré elle, des morceaux comme Raimondo ou Royal Gold dérapant un peu dans l'onirico-kitsch) à s'engager sur une voie où mélancolie et fausse naïveté restent les seules balises en état.
Une approche aussi improbable qu'efficace qui tout n'en ayant rien de prophétique ou avant-gardiste s'apprécie pour ce qu'elle est : sincère et bien tournée.
(retrouvez cette chroniques chez nos amis de Live In'Marseille et VoxpopMag)
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dimanche 27 juillet 2008
Booka Shade "The Sun & The Neon Light"
label / Get Physical Music
distributeur / PIAS
contact / BS[at]murdochpace.com
dispo / 1
des mots // du son
Parmi tous les apprentis-chimistes qui ont tenté un jour de croiser dans leur électro les horizons cinématiques des grands espaces à ceux plus palpables des dancefloor, peu sont parvenus à réellement faire prendre leur amalgame sur la durée d'un long format. Booka Shade tente le coup à son tour avec The Sun & The Neon Light en restant fidèle au label teuton Get Physical Music (qui a une belle actu en ce début 2008, un 6° mix Body Language par Junior Boys, le nouveau Nôze). Et on sait depuis Movements que ce genre d'association donne plus dans les travaux pratiques que l'endoctrinement.
Ainsi, là où le sybaritisme synthétique de l'électronique de l'époque devenait, face à des titres comme Mandarine Girl ou Pong Pang, aussi excitant qu'une discussion sur minitel rose ; là où, plutôt que d'éplucher leur "wiki-kamasutra", ils inventaient leurs propres positions, jou(iss)ant sur les longueurs, des miroirs au dessus des consoles, les Booka Shade décident de jouer une carte un peu plus cérébrale et intériorisée, un brin torturée aussi et moins fêtarde. Objectif : laisser entrer l'abstraction dans le club. Un programme bien alléchant.
Si le sujet diffère, l'envie de faire bien, voire mieux, est toujours là. C'est vrai, pourquoi se contenter d'une sieste lubrique quand on peut s'éclater à projeter une vidéo porno sur le fond d'un aquarium géant grouillant de murènes (ah! Charlotte est tellement plus grande, plus chaude et canaille que la Fille Mandarine)? Quand on peut sonoriser un de ces décors naturels en friche, orphelin de son film, y faire souffler un vent flippant sous un soleil tombant artificiel (The Sun & The Neon Light, un titre fait de paradoxe pour une démarche qui en joue beaucoup, excellent), pourquoi se priver ? Ne pas se réfréner et développer, laisser filer quelques rumeurs (les respirations du final You Don't Know What You Mean To Me prennent aux tripes), les poussant à accaparer l'ombre, histoire d'y nouer quelques intrigues entre humains (Sweet Lies et sa naïve ritournelle vocodée) et arthropodes (le vrombissant et inquiétant Planetary). Des ambitions à plus large spectre, donc. Et un engagement périlleux, parce que difficile à maîtriser sur 14 titres, et pour lequel il devient primordial d'avoir en réserve de bonnes doses d'inspiration, sous peine de voir sa côte frôler le "5 contre 1."
En admettant que cet écueil soit partiellement évité (un morceau comme Psychaméléon a tout de même de bons relans de déprime post-paluchage), d'autres pointent à la surface (ces voix, bien tentées certes, mais d'une neutralité déconcertante, les deux artistes se partageant le micro sans qu'on puisse en distinguer l'un de l'autre) et, faute par endroit de vraies intuitions, sont même pris de plein fouet (les textes (!) de Solo City sont foncièrement obsolètes).
Après, au-delà de ces quelques écarts, ce troisième essai garde malgré tout une certaine tenue, le fait surtout d'une production classieuse (au casque, l'intro étrangement appelée Outskirts est limpide), portée par de belles pulsations analogiques et quelques cordes bien placées (Dusty Boots. ). Mais malheureusement insuffisantes pour contrebalancer la déception d'avoir cru dans les quelques idées fortes avancées par le duo - recherche d'équilibre entre mélodies calmes et rythmiques plus percussives, croisement des sonorités sèches et charnues, mélange d'introspection et d'exaltation festive (le drôle et déglingué Comacabana reste une belle synthèse de tout ça) - de les avoir pour ainsi dire désirées et de se retrouver au final avec l'impression d'avoir juste avalé une couleuvre des plus communes, de celles qu'on croise, souvent aplaties, au milieu de la route. Dommage.
(Retrouvez cette chronique chez nos amis de dMute)
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vendredi 20 juin 2008
La Batterie "He Ate A Lamp Now ..."
label / Cake & Coffee records
distributeur / Import
contact / batterie[at]murdochspace.com
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La Batterie, trio berlinois qui n'a rien à voir avec une fanfare ou des performers qui joueraient sur des ustensiles de cuisines (même si leurs prestations font la part belle aux installations plurielles alliant peinture, sculpture), est quelque peu en décalage dans sa pratique avec l'aura convenue qui émane de la capitale teutonne.
Bien plus niqué du casque, qu'électro dans l'âme, ces gens-là Monsieur se sont surement plus souvent que de coutume penchés du côté de Wire, Thurston Moore ou Sentridoh que de Klaus Schulze ou Apparat.
He ate a lamp now he´s a fan ravira en effet les plus nostalgiques de cette époque où les slackers étaient dans la ville, tout en comblant les ex-fan des nineties ouverts depuis peu à la hype du XXI° siècle. Porteur d'un vent de folie bien salutaire, qui fait remonter des effluves sonores par trop mises au rencart, cet album bien connoté donc, sobre autant que mélodique, ne donne cependant pas spécifiquement dans cette expérimentation abrupte propre aux adeptes d'un certain bricolage distordu et faussement intellectualisé.
Oui, La Batterie a mis du sucre dans son carbu, du bon vieux glucose bien pop, et bizarrement continue d'avancer, embarqué par l'impulsion de cet instrument éponyme qui là, bien mis en avant, dans la lumière, donne à cette musique qui aurait pu aisément se vautrer dans l'immobilisme commémoratif, une saveur d'instantanée Lo-Fi fraîche et sans prétention.
C'est d'ailleurs cette humilité non calculée qui rend ce projet remarquable. Des voix de jeunes filles délurées, une boîte à rythmes bien chaloupés en sus, et hop ! un salon, une rame de métro ou un jardin de retourner !
Et, oui Messieurs Mesdames, parce qu'en plus La Batterie s'écoute et se danse partout , un succès je vous dis, un succès !
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