mardi 23 juin 2009
The Jealous Girlfriends "s/t"
label / Good Fences
distributeur / import
contact / JG[at]murdochspace.com
dispo / 1
des mots // du son
Les harmonies vocales mixtes sont souvent
difficile à trouver en indie pop, des chants homme/femme montant à
l'unisson sur des mélodies enjouées n'en parlons pas . Nan, je déconne.
S'il y a bien un truc hyper couru dans ce registre c'est bien ça. Mais
ce qui est plus rare, et précieux du coup, ce sont les groupes qui
arrivent à un niveau de qualité décent. The Jealous Girlfriends - ce nom tout de même - en sont.
Trois gars et une fille (ah - soupir - Holly Miranda, croisée chez les Tall Firs sur leur Too Old To Die Young sorti l'an passé chez Ecstatic Peace label du toujours jeune et sonique Thurston Moore) qui débarquent de New-York pour nous présenter leur deuxième album.
Un disque sans titre mais avec une palette des possibles qui fait feu
de tout bois, allant de l'hymne pour stade de foot à la complainte pop
la plus radieuse en passant même par des embardées soul/funk félines
comme pas possible.
Alors, non content de s'écouter sans souffrir, cette musique se
danseraient ? Oui, mesdames , messieurs, ces jeunes gens là en ont sous
la pédale, dommage que dégun ne parle d'eux par chez nous ...enfin
dégun, j'me comprends, hein, nous on est dessus (ceux qui suivent les
séries L World et Grey's Anatomy aussi, bah oui chacun ses
casseroles!).
Souvenez vous en quand ils crèveront les planches de vos
scènes locales et foutront le souk sur vos fréquences modulables
respectives. On en reparlera, pour sûr.
(retrouvez cette chronique chez nos amis de Live In Marseille)
des images
samedi 16 mai 2009
Jessie Kilguss "Nocturnal Drifter"
label / Exotic Bird Rds
distributeur / Import
contact / JK[at]murdochspace.com
dispo / 1
des mots / du son
La New-yorkaise Jessie Kilguss connait bien la chanson. Les plateaux de cinéma et de théâtre aussi.
Elle y a croisé Daniel Day Lewis et Wynona Ryder dans un film de Nicholas Hytner , La Chasse Aux Sorcières (adaptation du roman d'Arthur Miller, The Crucible), mais aussi Marianne Faithfull dans le Black Rider du trio infernal Wilson/Waits/Burroughs.
Jouant à cette époque les seconds rôles, ce n'est que plus récemment
que cette fille de Brooklyn débarque au premier plan pour y défendre
bec et ongles sa musique, troquant ainsi ses rêves d'actrice pour ceux
de chanteuse.
Nocturnal Drifter est son deuxième album, sombre et sensuel à la
fois. Ces arrangements luxuriants, saupoudrés de gimmicks électroniques
ne laissaient pourtant rien présager de transcendant. Après quelques
écoutes, dévoilant crescendo toute la palette explorée par l'artiste,
c'est sans scrupules qu'on revoit notre jugement à la hausse.
Difficile d'en faire autrement quand à l'autre bout de l'écouteur une
personne à la voix grave et assurée vous livre en vrac le fond de ses
pensées intimes, sur le long déroulement du fil de sa vie. Le tout sans
aucune putasserie, avec un sens de la retenue et un à-propos très
troublant. Ainsi, on entendra Miss Kilguss
se faire tour à tour charmeuse, obsédante, inquiétante, théâtrale (trop
par endroit) et on le sent sincère. Bah, oui, rien que ça !
(retrouvez cette chronique chez nos amis de Live In Marseille)
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mercredi 22 avril 2009
Dj Signify "Of Cities"
distributeur / Import
contact / djs[at]murdochspace.com
dispo / 1
des mots // du son
La fin d'un siècle. Le XX°. Le label Anticon affirme sa singularité, offrant au monde sa vision novatrice du beat en lui lançant à la figure ce qui restera sans doute comme leur pronunciamento rapologique, Music For The Advancement Of Hip-Hop. Justin Levy aka Dj Signify en était.
Début d'un nouveau millénaire. Le Troisième. Lex Records émerge et marque les esprits de son empreinte obscure. Devinez quoi ? Il en était aussi (son Sleep No More fait encore référence aujourd'hui).
Ce talentueux turntablist, membre du collectif 1200 Hobos et du Cryptic Soul Crew, s'impose donc comme un beat maker aux intuitions sûres, toujours dans les bons coups, stylés et exigeants (on vous passera ses faits d'armes pour Clouddead, Buck 65, les labels Mush ou Big Dada).
Il revient cette année avec Of Cities, signé chez les indés de Bully Records (Meaty Ogre, Sixtoo). Disons que, pour résumer, tout bagage vertueux qu'il ait sur les bras, on reste loin d'un nouveau bouleversement du double H. Ce qui n'empêche cependant pas l'artiste, et c'est suffisamment exceptionnel pour le noter en gras, de continuer avec conviction et persévérance de tirer cette discipline vers le haut. Certes, doucement, voilà bientôt 5 ans qu'on n'avait plus de nouvelles (abstraction faite du très classique 7" Nobody's Smiling ici sous l'intitulé 1993 avec toujours Blockhead en invité). Mais surement.
On retrouve la même approche, un thème - ici la ville, la nuit bien entendu - autour duquel il brode de fils noirs et rêches des compositions envoutantes autant que délétères. Signify a le rythme corrupteur, paralysant par endroit, effroyablement dépouillé. Ses instrus sont à l'avenant, collant parfaitement au flow ravagé d'un hôte de choix, Aesop Rock, qui sort grandi des deux morceaux sur lesquels il pose ses rimes torturées (une préférence pour l'arraché Low Tide).
Dans une démarche toujours aussi personnelle - on reconnait aisément sa patte avec ces basses vrombissantes - là où d'autres surfent de vague en vague, se ramassent quelques gadins pour deux trois vivas, Levy accentue sa griffe, confirme son propos et son attirance maladive pour les ténèbres (l'intro The Sickness, ses synthés mélancoliques et cette voix robotique en français annonce d'emblée la couleur, pour peu que le noir en soit une).
Les quelques glitchs saupoudrés de ci de là (le brumeux The Gods Get Dirty), les samples de Blue Grass (le branque Costume Kids) comme les clins d'œil kraut (sur Hold Me Don't Touch Me on sent même des accointances avec le Third de Portishead) s'ils apparaissent comme autant de petites nouveautés, n'y changeront pourtant rien. L'ambiance générale de ce Signify est dans la lignée ce qu'il a toujours fait (il devrait tout de même lâcher un peu de lest avec les interludes, ça sonne un brin daté).
A son train, il suit sa route vaille que vaille, contre modes et marée. Se foutant du tiers comme du quart qu'elle ait été depuis tant de fois empruntée. On ne peut que lui souhaiter qu'elle soit une fois encore plus agréable que monotone. Comme l'a été globalement l'écoute de ces titres.
(retrouvez cette chronique chez nos amis de dMute)
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