L’Oreille de Moscou

Une émission du Front de Libération de la Bande Fm

mardi 7 juillet 2009

Susumu Yokota "Mother"

23373label / Lo Recordings

distributeur / La Baleine

contact / SY[at]murdochspace.com


dispo / 1


des mots // du son


Susumu Yokota voyage à travers le monde de la musique électronique depuis bientôt quinze ans. Avec une bonne vingtaine d'albums à son actif, il en même un des plus dignes portes-paroles. Un titre honorifique a prendre au premier degré en ce début d'année , avec la sortie de Mother, sa dernière production en date.

En effet, on le connaissait magicien ambient et héraut house (ses travaux pour Leaf et son copinage avec Rothko en attestent), adepte des performances artistiques (son ouvrage deep techno, Triple Time Dance autour des rythmes à trois temps), on le retrouve chez Lo Recordings en artisan du mot, sur la quasi totalité de cet album (seul Warmth, solo de piano en chambre d'écho, étant exclusivement instrumental).

Accompagné d'une kyrielle d'invités (entre autres personnes Caspar Clauser d'Efterklang, Ana Bronsted des Our Broken Garden ou encore Claire Hope et Panos Hikas des The Chap), le producteur japonais leur apprête toute une série d'ambiances complexes et synthétiques, sans autre effort que celui d'essayer de faire exister pleinement ces voix, dans une sorte de quête harmonique délicatement désuette (la bossa lounge à la Antena de Love Tendrillses), sobre et variée (beau panel du tryptique poptronica Breeze/A Ray Of Light/A Flower White chanté par la Mancunienne Nancy Elizabeth déjà croisée chez James Yorkston et Tunng). Ces chants, Yokota les fait sien et les parent d'une poésie toute en préciosité pop et spleenétique, d'une légèreté électro feutrée et naïve, jamais niaise (exception faite peut-être de The Natural Process et ses vagues de synthés dégoulinantes).

Ainsi, Mother regorge d'une matière à la fois dense et légère (12 Days 12 Nights), déphasée et séduisante (le "Wyattien" Suture et sa toile de fond en douces nappes numériques), mystérieuse et susurrée (le Dale Cooper de Twin Peaks aurait adoré Meltwater), le tout sans que rien ne puisse assombrir ce goût du détail, entre impromptu et silence, réverbs étranges et sonorités rémanentes (on pense alors aux Cocteau Twins, c'est indéniable et pas très grave).
Un beau moment de dérive mélancolique où trouver un peu de chaleur et se lover. Oui, c'est ça, comme dans les bras d'une mère aimante.

(retrouvez cette chronique chez nos amis de dMute)

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Posté par Manooch à 12:40:00 AM - T.M.P.C.P. - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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mardi 21 avril 2009

Black Devil Disco Club "8 Oh 8"

black_devil_disco_club_eighlabel / L.O. Rds

distributeur / La Baleine

contact / BDDC[at]murdochspace.com

dispo / 1



des mots // du son


Bernard Fèvre alias Black Devil Disco Club n'est pas tombé de la dernière pluie. Par contre, c'est clair que la marmite à gros son il n'a pas dû y couper. Nageant dedans depuis tout minot, cet orfèvre disco revient donc aux affaires, trente ans après avoir fait un flop puis marqué durablement les esprits des aficionados noctambules avec un album devenu culte, le bien nommé Disco Club, du fait notamment d'être passé entre les mains du patron de Rephlex, l'illustre Aphex Twin, qui en serait alors tombé gaga. Comme quoi, tout arrive.

En attendant, la galette du moment s'appelle Eight Oh Eight, en référence à quelques textes de la Cabbale où le 8 est synonyme de prospérité, d'abondance, d'autorité, de maîtrise, de conscience spirituelle et cosmique et d'infini. Rien que ça.

Signée chez les Anglais, toujours aussi surprenants dans leur choix artistiques - pourvu que ça dure - de L.O.A.F. Recordings (The Chap, Gablé), cette dernière sortie s'avère tout aussi remarquable. Une musique hédoniste au possible, qui va en défriser certain - ils s'y feront. Mais franchement, comment résister à autant d'érudition et à une telle étrangeté psychotropique : imaginez Dali défoncé sur la piste de dance, Cerronne au comptoir. Comment ne pas céder devant ces morceaux qui s'ils sonnent avec références  n'en redonnent pas moins le goût du dance-floor, synthétique et habité, des paramètres trop souvent mis de côté au profit d'une pseudo immédiateté soit disant efficace. Et puis quoi encore ! Walk On Air comme dirait l'autre ! Lâchez vous ! Et avec plaisir s'il vous plait.

(retrouvez cette chronique chez nos amis de Live In Marseille)

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samedi 10 janvier 2009

The Present "World I See"

the_present___world_i_seelabel / L.O.A.F. recordings

distributeur / La Baleine

contact / present[at]murdochspace

dispo / 1



des mots // du son


Comme souvent, et sans avoir au préalable la moindre explication, c'est une nouvelle fois de New York que la surprise émerge. Puis en entrant dans le cœur du sujet, on appréhende un peu mieux le pourquoi du comment.

En fait, The Present n'est rien d'autre que la dernière émanation expérimentale du cerveau de Rusty Santos. Oui, le producteur entre autres des premières explosions artistiques d'Animal Collective (Prospect Hummer notamment réunissant le collectif et la druidesse folk Vashti Bunyan) ou plus récemment des Born Ruffians, mais aussi un proche collaborateur de Panda Bear, des cintrés Black Dice ou encore des géniaux Gang Gang Dance (leur dernière mouture Saint Dymphna est tout bonnement hallucinante d'ingéniosité festive). Pour le coup, l'ami Santos s'avère être un drôle de travailleur de l'ombre, un ouvrier élucubre que des labels aussi pointus que Paw Tracks ou Warp s'arrachent.

Associé à deux acolytes tout aussi allumés - une pianiste arrivée du classique, Mina chantre de musique japonaise traditionnelle et Jesse compagnon d'exploration de Rusty - ce dernier propose avec World I see le fruit de leur rencontre. Une collision en studio où les limites de la production musicale sont une nouvelle fois repoussée, avec en toile de fond cette volonté flagrante de rendre le propos accessible. Un parti pris évident dans une recherche de tangible qui si elle ne fait aucun doute , reste liée à un combat proprement violent, une lutte sans relâche entre expérimentation et ouverture (Symbols On High). Un équilibre instable qui vise au final à emporter l'auditeur dans un voyage sensoriel dépassant par moment l'entendement (Africanized Beatniks).

Cette musique est comme sans origine et pourtant bien ancrée dans le réel, une entité sonore en autonomie totale et malgré tout dirigée de main de maître. Ces six titres, minimalistes autant que tribaux - novateurs en somme - vous paraîtront étranges par endroit, familiers autrement, dans tous les cas la sensation sera au rendez-vous. Vous n'en sortirez certainement pas indemnes.

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jeudi 10 juillet 2008

Dark Captain, Light Captain "Circles"lk,

foloaf17_circles_1000x1000_rgblabel / LOaf Recordings

distributeur / id.

contact / DCLC[at]murdochspace.com

dispo / 1


des mots // du son


Deuxième Ep des mystérieux anglais de Dark Captain, Light Captain (D.C.L.C.), signé chez les toujours très pointus L-O-A-F Recordings, Circles voit, entre autres, le renfort du batteur Chin Keeler (Quickspace) amplifier la portée de leur électro-folk.

Plus musclée mais toujours aussi solaire, leur musique, à l'appui de cette nouvelle rythmique, se laisse effleurer de quelques voix fragiles et retenues, ensorcelant de prenants arpèges de guitares.

Langoureusement psychédéliques, ces morceaux sont comme des chausse- trappes, ambivalents et secrets, tordus même, pulsant par moment comme du Can (ce batteur, vraiment !), sonnant souvent comme du Tunng ou du King Of Convenience. On aura vu pire comme casseroles à se trimballer.

Acides et bucoliques, ces quatre titres arrivent donc à point nommé, histoire de nous faire patienter jusqu'à l'arrivée d'un été qui ne cesse de se faire attendre. Autant de bonnes augures pour Miracle Kicker, l'album à venir en Octobre. A suivre assurément.


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