L’Oreille de Moscou

Une émission du Front de Libération de la Bande Fm

dimanche 17 mai 2009

Doctor Flake "Minder Surprises"

da2cfb3b0blabel / New Deal Rds

distributeur / Differ-Ant

contact / DF[at]murdochspace.com

dispo / 1



des mots // du son


"Le meilleur dans les séparations c'est les retrouvailles" nous chantait fut un temps un groupe à lanterne. Avec Minder Surprises, la dernière sortie de Doctor Flake, l'adage se vérifie. Et plutôt deux fois qu'une. D'abord c'est lui qu'on retrouve bien entendu, suite à notre rencontre il y a deux ans pour son deuxième opus, Paradis Dirtyficiels.
Mais c'est aussi celle de Vale Poher qu'on renouvelle, la miss participant à la nouvelle opération du "chirurgisien". Une grosse sensation pour nous, c'est le moins qu'on puisse dire, d'autant que cette dernière mouture va bien au-delà de nos espérances.

On s'est toujours insurgé contre les pisse-froid qui n'ont eu de cesse de clamer la mort de l'abstract Hip-hop, et ce depuis l'avènement du XXI° siècle et de sa cohorte de faiseur-poseur - étonnant à ce propos que nos chers ministres n'aient pas encore prévu dans leurs réformes d'ouvrir ce genre de cursus . Si on s'est inscrit depuis le début en faux face à ce comportement des plus désobligeants, c'est bien sûr parce que cette musique nous touche, mais aussi parce que quoiqu'on en dise elle a toujours su s'adapter.
Évidemment que dans ces phases de transitions il y a eu du déchet, mais la preuve en est qu'aujourd'hui, un gars sérieux dans ces affaires comme le Sieur Flake, disciple patenté des Shadow, Krush et autres Signify n'a pas attendu pour couper le cordon et laisser libre cours à son inspiration et son talent. Et le gaillard n'en manque pas.

Esthète de l'agencement de samples (c'est son credo ...un furieux musicopathe !), puriste de la torpeur instrumentalisée (l'introductif Amours Obscurs et son poème de Prévert), les ambiances qu'il distille sont des sommets cinématiques à la puissance évocatrice tout bonnement énorme (A Last Dance With Leon et son gimmick sorti tout droit du Requiem For A Dream d'Aronofsky). Mais bien plus que de proposer des atmosphères délétères sous pression (Let Us Play With Your Brain en est même flippante) à qui veut bien se perdre dans les circonvolutions tortueuses d'un cerveau tourmenté, c'est en dépassant cette "ultra-abstraction" chère à pas mal de ses pairs , qui a d'ailleurs rendu bon nombre de leurs concepts, au départ artistiquement louable, littéralement imbitable, que notre Doctor s'en affranchit et passe à la vitesse supérieure.

Pour ce faire, il a su s'ouvrir le champ des possibles, en offrant notamment une place de choix à quelques invités triés sur le volet dont l'amazone Vale Poher qui apporte à l'ensemble, avec sa voix et sa guitare, ce petit supplément d'âme et de volupté (non mais Loveless, quoi !! Blam , blam ...en plein cœur !!) qui non content de pimenter et enluminer des instrus déjà bien chiadées (Melting Feelings et sa poptronica, qui l'eut cru), nous retourne le corps et l'esprit en deux tour de microsillon.

Sérieux, en toute subjectivité, et entre nous , si vous avez des doutes, goûtez y donc à ces Minder Surprises. Vous verrez bien que c'est pas des blagues.
Et vous en redemanderez, c'est sûr.

(retrouvez cette chronique chez nos amis de Live In Marseille)

des images


Posté par Manooch à 11:17:00 AM - Les Espionnés - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,


vendredi 15 mai 2009

Noone "Grenadine"

photocdbz12label / Bee Records

distributeur / La Baleine

contact / noone[at]murdochspace.com

dispo / 1


des mots // du son


Noone, nouvelle signature de l'excellent label lyonnais BEE Rds (Paral-lel, Cosmos 70, SKNDR...) sort Grenadine son premier opus.

Et pour faire définitivement taire les vautours qui rêvent - parce que c'est vicelard quand même ces volatiles - d'écouter enfin un disque moisi étiqueté BEE ...dégagez moi de là, Noone ne sera pas votre exception, sa Grenadine a du goût. Et pan ! Dans ta gueule le charognard.

Minimaliste et rigolote, faussement naïve ou franchement orientée bac à sable, cette musique est le fruit des élucubrations d'un drôle d'élément perturbateur à la créativité débordante. Electronique jusqu'à la moëlle, mélodieuse ou accidentée, elle sait se faire dansante comme calme et enchanteresse.

Dans tous les cas de figure, ne tournant jamais en rond, triturée, malaxée par ce savant fou, c'est une bombe surprise à la clé - de celle qui qui vous pète à la gueule, genre le cadeau du Schtroumph Farceur. On diagnostiquera donc un cerveau bien malade, malade d'une folie douce amère qui est fraîchement charmante.

L'écouter c'est prendre son pied...juré craché !

(retrouvez cette chronique chez nos amis de Live In' Marseille)

des images




Noone - Fatchococake live
envoyé par Beerecords - Regardez d'autres vidéos de musique.

Posté par Manooch à 11:59:00 AM - Les Espionnés - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

vendredi 27 mars 2009

KabuKi Buddah "Life is a Picnic"

Kabu_Ki_Buddah_08label / R'n'R Masturbation Rds

distributeur / id.

contact / KKB[at]murdochspace.com

dispo / 1


des mots // du son


Après avoir vu la vie comme un film, constaté qu'elle n'était qu'une putain, le groupe lyonnais Kabu Ki Buddah (bah,oui KK Bouda, et alors ?) revient mettre le couvert sur la table mélodique de l'existence, mais ce coup-ci, à ciel ouvert et par terre.

Trio allumé, combo sans queue ni tête ou l'inverse, ou tout ça mélangé, on s'en fout, ces gones-là aussi d'ailleurs. Autant que du conformisme, qui apparemment n'a aucune prise sur eux. Ou disons plutôt qu'ils semblent en avoir trouvé une utilité. Le malaxer, le retourner, lui brailler dessus aussi.

Humour décalé jusqu'à la plus absurde potacherie, ressac alterno punkoïde et refus du sérieux étant les quelques cales capables de tenir la nappe. Autant de petites astuces qui font leur marque de fabrique. Notamment, ce sens inouï du bricolo DIY, mamelle artistique à laquelle ces zozos ont goulument biberonné.

Mais, quand après quelques écoutes, d'abord ludiques puis bien plus actives, on constate que la mélodie est de retour dans ce boxon, que le chant fait bien mieux qu'essayer de servir des trésors rythmiques qu'on était loin de soupçonner, on comprend que les K.K.B. ont bel et bien changé de braquet. Une drôle de bonne nouvelle. Et voilà qu'on se prend à rêver à quelques prestations scéniques à venir, fleurant bon le cataclysme organisé, et la bonne vieille "marrade" accidentée.

Hey, mais...s'ils avaient tout compris. Si la vie ce n'était que ça. Bordélique de prime abord, et tellement appréciable un fois qu'on y est bien posé. Ouais, comme un foutu pique-nique.

(retrouvez cette chronique chez nos amis de Live In')

des images


Posté par Manooch à 02:57:00 PM - Les Espionnés - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

vendredi 13 février 2009

Paral-lel "Freaks Rock"

l_4deb3f38980c4e5188b2ab13ea1efbf1label / Bee Records

distributeur / La Baleine

contact / parallel[at]murdochspace.com

dispo / 1



des mots // du son


Direction la capitale des Gaules. La Quenellie, c'est ça.

Paral-lel, duo lyonnais sort chez Bee Records, Freaks Rock, un mini-album chargé à la nitroglycérine. Instable et détonant exactement. Neuf titres dont trois remix de Flore, Skndr (excellent Mute & Shift) et Clark , n'en jetez plus !

Des morceaux qui vagabondent entre électro, acid, breakbeat et drum'n'bass - un cocktail fulgurant on vous avez prévenu - et tracent vitesse grand V sur la platine.
D'une complexité effarante (le nuancé BigRedKlit calme et tempête en un peu plus de quatre minutes) doublée d'une richesse surprenante (le tourbillonnant TaToil), cette tracklist est imparable et ne revêt qu'un seul défaut et non des moindres, elle est beaucoup trop courte.

Vivement la suite.

retrouvez cette chronique chez nos amis de Live In'

des images


Paral-lel live@marche gare 03-02-2007

Posté par Manooch à 03:59:47 PM - Les Espionnés - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

samedi 8 novembre 2008

Nil "Comme un "Presque" Printemps"

23267label / Gourmets Recordingz

distributeur / Because

contact / nil[at]murdochspace

dispo / 1



des mots // du son



4 ans, bordel. Oui, 1461 jours à attendre depuis le Mini Mini Ep, pour à peine plus de 17 minutes de sons. Ok, il y avait le Murdochspace mais franchement, M. Hartman, est-ce vraiment sérieux ? Le gone l'est, pour sûr. Et dès la première écoute de ce Comme Un (Presque) Printemps, pas de doute possible, ça valait le coup de patienter.

4 titres qui débordent sous la déjante, virevoltent dans les bras de mélodies ingénues. Le jeu en valait bien la chandelle, c'est certain maintenant, tant ce disque regorge de surprises, ces belles promesses scandées à nos oreilles, véritables croc en jambes à la musique électronique du XXI° siècle. On ne peut pas dire que notre Lyonnais respecte ici à la lettre les conventions autocratiques du beat hype, ce que sa signature chez le père Pedro pouvait laisser présager. Apparemment dédouané de toute tutelle artistique (à écouter l'edit du taulier Busy P on peut même dire que l'arpète en impose au patron), Nil laisse librement transpirer, dans les interstices de cet Ep,  des zestes d'humanité,  (l'introductif  et sans fioritures Comme Un Printemps,  percutant et inquiet, entre house triviale et spleen aérien), une pointe de fragilité qui met le dance-floor, et ses parangons du bon goût, au gabarit (le très vicelard Je Tourne En Carré cache son jeu et sa joie à merveille, ludique et efficace).

La déconstruction numérique n'est donc plus une fin en soi, un outil plutôt. Lui l'a compris et nous propose là une autre manière de concevoir l'électro, devenant plus que le énième rookie du mois, le futur ambassadeur de nos charts les plus dingues. Il faut le voir, comme possédé sur scène, hypnotiser (par) son monome.  Il faut l'imaginer en parallèle, incruster aux rythmiques revêches d'une fête portée par un son massif (sa marque de fabrique), des fragments bruts de mélopées faussement naïves, burinées à la mélancolie (Ma Disconica et ses claviers en embuscade, l'arrogance du "hit" et l'âme en orbite, imparable !). Vignettes encartées entre clubbing et rêveries solitaires, cette musique vous donnera à rire, pleurer, danser, c'est une certitude.

Petit conseil tout de même, ne soyez pas surpris de retrouver, un de ces quatre, votre cœur sur votre pied. C'est Nil
qui vous l'avait volé. Juste retour des choses, non ?

(retrouvez cette chronique chez nos amis de dMute )

des images


 


Nil - Ma Disconica (Monome Live Rmx) from nil on Vimeo.


Posté par Manooch à 12:35:00 PM - T.M.P.C.P. - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

vendredi 4 juillet 2008

Cosmos 70 "Voices"

23202label / Bee Records

distributeur / id

contact / cosmos[at]murdochspace.com

dispo / 1



des mots // du son


Voices est le premier essai du duo lyonnais caché derrière ce pseudo digne d'un feuilleton vintage des années 80. Mais, contrairement aux mouvances électroniques actuelles, les influences autant que les couleurs qui se dégagent de ces 12 titres ne sont pas majoritairement de cette décennie.

Celle qui précède, par contre, semble avoir plus durablement marqué les esprits de nos deux Gones. Une période où, jusque dans la lucarne télévisuelle, aujourd'hui si pragmatique et mercantile, existait un psychédélisme inquiet et novateur, parfois sans lendemain, capable d'ambiancer à coup de synthés drogués le plus kitsch et obsolète des films de série Z d'où finalement on repartait avec comme seul souvenir une bande son hallucinée.

Si cette utilisation bien sentie des vieux claviers - le Fender Rhodes serait l'instrument d'une future  révolution analogique (!) - nous renseigne sur les accointances cinématographiques de Cosmos 70, elle donne surtout à l'album  une profondeur de champ remarquable,  télescopique pour tout dire. Tantôt près du corps, de l'os même (l'intoxiqué The Hole), tantôt stratosphérique, proche des étoiles exactement (Smoking Girl). Aux prises à ce "vas-y-viens-que-j'te-satellise" le cortex et les hanches (No Return), c'est avec un plaisir non feint qu'on se laisse aller à traîner, entre ces formes et ces lignes d'horizon mouvantes et liquides (le magnifique Joan), bien au chaud au cœur d'un théâtre des opérations quelque peu familier .

En effet, quand les 70's et leurs lots de fractales multicolores résonnent encore de toutes parts, les voix de sylphides accros au Vocoder  (la bluette Song Of Autumn ou son pendant plus sombre The Passer), du spleen plein les veines,  nous renvoient illico au pré carré d'une époque dorénavant révolue, celle de l'ultime décade du siècle passé où Versailles se trouvait de nouvelles têtes à couronner. Dix ans plus tard, c'est la capitale des Gaules qui tient les siennes. Et les gorges chaudes démagos, adeptes de musique jetable pourront toujours s'esquinter à y chercher un Air de déjà entendu, ça ne changera rien à l'affaire.

  Oui, Voices est un album électro-pop sous influences, et après ? Vu le chiendent sonore "hypiquement" modifié qui pullule ces temps-ci dans nos champs auditifs et visuels, sa capacité à combler, bien au-delà d'une seule écoute, nos yeux comme nos esgourdes, est déjà en soi une très belle réussite. Suffisamment rare pour la remarquer, et se contenter franchement d'en profiter.


(retrouvez cette chronique chez nos amis de dMute)

des images


Posté par Manooch à 12:36:00 PM - T.M.P.C.P. - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,
« Accueil  1