mardi 1 septembre 2009
Gutbucket "A Modest Proposal"
label / Cuneiform Rds
distributeur / Import
contact / Gut[at]myspace.com
dispo / 1
des mots // du son
Gutbucket, groupe de la Grosse Pomme est composé d'un saxophoniste, un guitariste, un bassiste et batteur, et donne dans le jazz-rock tendance bruitiste à la John Zorn pour faire court.
Le quartet sort Modest Proposal, un disque au titre qui bien qu'en en dessous de la vérité, résonne malgré tout plus calmement que les trois précédents (Insomniacs Dream signé chez Knitting Factory Works, Dry Huming The American Dream et Sludge Test chez Cantaloupe Music).
Franchement moins barré que ses prédécesseurs, il faut bien admettre que le rythme s'est ici quelque peu ralenti. Ce qui n'empêche pas que Gutbucket a su garder ce goût mélodique inouï, cette science du break qui frappe.
Les dix morceaux sont pour la plupart de construction identique - mélodie/groove/pétage de plomb sonique - si ce n'est More More Bigger Better Easter With Cheese (ce titre quand même !), embardées Klezmer sur tapis volants punkoïdes qui en milieu d'album fait son petit effet.
Voila donc un joli disque légèrement barré, juste ce qu'il faut pour garder l'attention de l'auditeur bien en place. C'est brillant, bien assis hors des sentiers battus, inclassable et foutrement énergique. En clair, de quoi vous calmer pour un bon petit moment.
(retrouvez cette chronique chez nos amis de Live In Mars')
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lundi 29 juin 2009
Japanther "Tut tut Now Shake Ya Butt"
label / Truth Cult
distributeur / Southern Rds
contact / J[at]murdochspace.com
dispo / 1
des mots // du son
Japanther c'est Mark Reilly et Ian Vanek, duo expérimental, trash et punk qui sort son sixième opus Tut Tut Now Shake Ya Butt. Deux bonshommes qui tournent depuis bientôt sept ans avec pas mal de succès, avec un style bien particulier, entre les cartoonesques Fantomas de Mike Patton et les fralés électriques de Lightning Bolt. Pour ainsi dire éloignés des feux de la rampe, les Japanther jouent essentiellement dans les lieux arty de la Grosse Pomme, ses musées et on réussit le tour de force , malgré leurs accointances avec la marge, d'ouvrir pour les plus "commerciaux" Against Me. Hé hé !
Sur leur dernier opus, ils sont assistés d'une part de Mc Spank Rock, et cerise sur le gâteau, de Penny Rimbaud, batteur cofondateur des légendaires anars de C.R.A.S.S..
Ce dernier ne s'est pas contenté d'assurer la production de cet album et a contribué au contenu en apportant deux de ses poèmes, sorte de spoken words "Burroughssiens" soutenus par d'étranges bruits et quelques battements de percussion.
Un objet sonore au final vraiment surprenant, qu'on a tout simplement adoré. Voilà c'est dit.
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mardi 23 juin 2009
Koen Holtkamp "Field Rituals"
label / Type Rds
distributeur / La Baleine
contact / KH[at]murdochspace.com
dispo / 1
des mots // du son
New Yorkais d'adoption, Koen Holtkamp
est comme son nom résonne, néerlandais. Voila les présentations étant
faites - bah fallait bien le prendre par un bout - venons en au cœur du
sujet.
Si vous êtes amateur de guitares traficotées par ordinateur interposé,
de musiques aux teintes pastorales mêlées de fields recordings et de
quelques sonorités acoustiques elles aussi remaniées, alors bienvenus
chez Koen.
Échappé en solitaire du duo Mountains - autres férus de cet esprit naturaliste et onirique - ce doux rêveur sort Field Rituals sur le très pointu label Type Records (Midaircondo, Svarte Greiner, Xela, Grouper...).
Un album où chaque titre inonde le suivant, comme ces fontaines dans
les jardins japonais où le fil de l'eau court de rigoles en bassins
dans un flux continu et tranquille.
S'inspirant alors du travail de Brian Eno - époque ambient - et en incorporant de subtiles variations instrumentales, Koen
donne à voir autant qu'à écouter, avec une grâce sans pareil. Rien que
pour ça on se devait de lui tirer notre chapeau. Hop, c'est fait !
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Koen Holtkamp @ Electronic Church, Berlin from Stephane Leonard on Vimeo.
Dj Sprinkles " Midtown 120 Blues"
distributeur / La Baleine
contact / DjS
dispo / 1
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Terre Thaemlitz est un musicien important de la scène électronique mondiale. Il revient aux affaires cette année sous le pseudo de Dj Sprinkles.
Son projet Midtown 120 Blues tourne autour de la deep house. Son idée, revisiter ses principes fondateurs et par la même rendre hommage au mouvement culturel qui en découla, un mouvement qui pris place alors au coeur du New York des années 80.
On parle ici de cette musique à part, hypnotique et défaite de toutes fioritures, pourvoyeuse d'atmosphères quasi mystiques, moites et sensuelles où de simples notes de piano relayées par un rythme chaloupé parviennent sans forcer à faire basculer les corps en sueur dans une folie festive sans pareille.
Avec ce Midtown 120 Blues, on replonge littéralement dans les ambiances de cette époque bien ciblée et malheureusement révolue. En définitive, ces dix titres ne sont rien d'autre que des cris nostalgiques et engagés, autant de caresses affolantes prodiguées au rythme des battements de cœur d'une foule en plein soulèvement extatique, reprenant à l'unisson le slogan des anciens "Love Saves The Days" .
Les peaux se frôlent sur le dance-floor, les mains se touchent dans les backrooms; hommes, femmes, gays, hétéros et transgenres (dont Thaemlitz se revendique), tous ces êtres se mélangent, s'entremêlent dans un même élan.
En délivrant ce qui reste une des plus puissantes ode militante réalisée depuis belle lurette en l'honneur de l'autre et du partage, Sprinkles en profite pour nous rappeler que la fête, et ça où qu'elle ait lieu, peut réellement avoir, sur la base de ces valeurs, la douceur d'une caresse de velours.
Le velours de la nuit, la poésie vagabonde de l'aube naissante brodée dessus. C'est tout simplement magistral . Et magique, bordel.
(retrouvez cette chronique chez nos amis de Live In Mars')
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samedi 16 mai 2009
Jessie Kilguss "Nocturnal Drifter"
label / Exotic Bird Rds
distributeur / Import
contact / JK[at]murdochspace.com
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des mots / du son
La New-yorkaise Jessie Kilguss connait bien la chanson. Les plateaux de cinéma et de théâtre aussi.
Elle y a croisé Daniel Day Lewis et Wynona Ryder dans un film de Nicholas Hytner , La Chasse Aux Sorcières (adaptation du roman d'Arthur Miller, The Crucible), mais aussi Marianne Faithfull dans le Black Rider du trio infernal Wilson/Waits/Burroughs.
Jouant à cette époque les seconds rôles, ce n'est que plus récemment
que cette fille de Brooklyn débarque au premier plan pour y défendre
bec et ongles sa musique, troquant ainsi ses rêves d'actrice pour ceux
de chanteuse.
Nocturnal Drifter est son deuxième album, sombre et sensuel à la
fois. Ces arrangements luxuriants, saupoudrés de gimmicks électroniques
ne laissaient pourtant rien présager de transcendant. Après quelques
écoutes, dévoilant crescendo toute la palette explorée par l'artiste,
c'est sans scrupules qu'on revoit notre jugement à la hausse.
Difficile d'en faire autrement quand à l'autre bout de l'écouteur une
personne à la voix grave et assurée vous livre en vrac le fond de ses
pensées intimes, sur le long déroulement du fil de sa vie. Le tout sans
aucune putasserie, avec un sens de la retenue et un à-propos très
troublant. Ainsi, on entendra Miss Kilguss
se faire tour à tour charmeuse, obsédante, inquiétante, théâtrale (trop
par endroit) et on le sent sincère. Bah, oui, rien que ça !
(retrouvez cette chronique chez nos amis de Live In Marseille)
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vendredi 15 mai 2009
The Pain Of Being Pure At Heart "s/t"
label / Fortuna Pop
distributeur / Import
contact / BPAH[at]murdochspace.com
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New York, New York...ces quatre-là en sont issus et pourtant à bien les écouter on a du mal à y croire. The Pains Of Being Pure At Heart (The POBPAH) remet l'indie pop à la lumière du XXI° siècle. Drôle d'idée, mais pas dégueux comme initiative.
Alors, les références pleuvent comme dans un ciel briton, les
dufflecoats et le smog sont de sortie. Et la poussière sur nos disques
des Smiths
fait peur à voir. Ces disques, qu'un ami un jour nous mis entre les
dents, nous rappellent, au-delà d'un brin de ménage à faire, qu'hier
c'est loin, mais que de bons moments, bordel !
The POBPAH et ce disque éponyme, c'est de la nostalgie en barre, voilà tout.
Dix titres où naïveté et angoisse se font fort de remettre à plat, sans
trop en bouger les lignes, l'univers sonore de ces années là, où Belle & Sebastian arrêtait d'être juste un feuilleton à la gomme, où le "tatapoum" devenait un style de vie.
Disons finalement que si vous trouvez que ça "sonne trop comme...",
passez votre route, mais franchement, vous allez rater quelque chose,
c'est certain.
(retrouvez cette chronique chez nos amis de Live In Marseille)
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mercredi 15 octobre 2008
Alina Simone "Placelessness"
label / Travelling Music
distributeur / Id.
contact / Alina[at]murdochspace
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Alina Simone, une amazone à l'âme slave exilée à New York. Une fille qui a du caractère. Il en faut pour empoigner de tels textes et assurer le combat avec de telles musiques, munie, avant toute chose, comme seule arme, de cette voix, véritablement contondante, aiguisée comme un rasoir, capable de lacèrer l'air et les mots de titres certes secs comme des triques, mais portés par un souffle presque épique (Pacifica), du moins animés par la vie qui frappe aux tempes de leur interprète (le magnifique Black Water).
Peut-être que la surprise n'est pas le premier des arguments qui vient à l'esprit à l'écoute de ce Placelessness - le fan de name dropping voudrait que l'on cite les Cat Power, Shannon Wright, PJ Harvey et autres délurés écorchées vives, étiquettes de rigueur quand une femme empoigne sa gratte et ses nerfs à bras le corps - mais, à vrai dire, la puissance et la sincérité qui en émanent n'en ont pas spécifiquement besoin pour vous éclater à la gueule (Saw Edged Grass).
Tendue (Riot Act), à peine contenue (le suave Swing), la rage de la donzelle vous tordra les tripes, et si les frissons qui vous parcourront la colonne ne vous ont pas terrassé (résistez donc à Refugees pour voir), c'est que vous êtes enfin prêts à embarquer.
Là où elle ira, vous irez. Et ensemble on reviendra, c'est promis.
(retrouvez cette chronique chez nos amis de VoxPopMag)
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mardi 14 octobre 2008
Akoya Afrobeat "P.D.P."
label / Afrobomb Music
distributeur / La Baleine
contact / Akoya[at]murdochspace
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New York 2008. Et l'un des plus beaux représentants du melting pot artistique de cette mégalopole : Akoya Afrobeat. Ce collectif met à l'honneur les racines de ses composantes : musique africaine, afro-cubaine, mais aussi funk et jazz.
Le Bénin, l'Afrique du Sud, le Panama ou le Japon dans le même chaudron, 13 gars et filles aux commandes d'une machine à grossies vibrations, une belle usine à danser couplée à une conscience politique affutée.Conscience et guiboles en transe.
Mené de main de maître par Kaleta, un contemporain de la famille Kuti (père et fils), Akoya Afrobeat a su laisser infuser sa musique dans une somme de grooves épicés venu d'Afrique de l'Ouest, pour la servir dans ce deuxième opus, agrémenté des extraits les plus suaves et relevés de la scène jazz de la Grosse Pomme.
Ainsi sont privilégiés les divagations impromptues aux tout feu tout flamme des envolées cuivrées revêtues habituellement par l'afrobeat. Une nuance qui donne une couleur toute particulière à ce President Dey Pass, 6 titres méticuleusement agencés, forts en saveur, sensuels au possible pour une heure de frénésie positive.
Et accessoirement un tour de rein.
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jeudi 17 juillet 2008
Five Points Band "Ida The Spider..."
distributeur / Import
contact / ida[at]murdochspace.com
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Ceux qui ont vu le "Gangs Of New York" de Scorcese, voient dorénavant ce que les Five Points soulèvent comme mythologie. Quartier historique d'où murit à travers les siècles la Grosse Pomme, c'est également le Q.G. de ce groupe étrange qui en prend d'ailleurs le nom mythique. Sans gêne, The Five Points Band !
Pourvoyeur d'une musique rugueuse assortie de textes fondamentalement sombres - les happy-end ne sont effectivement pas légions ici - ce gang avance en rang serré et propose là un nouvel opus à l'iconographie un brin flippante : Ida The Spider and The American Dream.
Imaginez une araignée salace et vulgaire, grimée en Madame Claude de bastringue, résille et décolleté plongeant, porte cigarette, le visage perclus de tics nerveux , entre colère et douleur et vous n'êtes pas loin d'avoir sous les yeux le résumé horrifique que font nos accolytes du fameux "rêve américain". Bigre !
Leur son est à l'avenant de cette vision abominable, crasseux au possible, une sorte d'americana biberonnée au heavy métal, ça joue vite et fort pour tout vous dire. Une vraie musique de desperados où les Freaks de la City ont tous droit au chapitre.
Curieux et furieux, donc. Bill Le Boucher aurait surement kiffé sa race !
(retrouvez cette chronique chez nos amis de Live In' )
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