mardi 15 décembre 2009
The Limes "s/t"
label / Sauvage Rds
distributeur / id.
contact / L[at]murdochspace
dispo / 1
des mots // du son
The Limes se foutent des frontières et
autant des barrières naturelles. Les océans notamment. L'Atlantique
tout particulièrement. Constitués d'artistes issu de deux des
continents encadrant ce dernier, ce combo vagabond sort un premier
album éponyme d'une cohérence dingue.
Pop psychédélique, western attitude et folk des grands espaces, cuivres
enflammés ajoutés au talent de chacune de ses composantes et voilà dix
titres frappés du sceau de l'originalité. Vous me direz, avec une telle
compo d'équipe - David Simonnetta des Toy Fight, Brent Ballentyne d'Henry Sparrow, les frenchys Orouni et Mina Tindle, l'Américain John Hale
- que pouvait-on réellement espérer d'autre ? La question est posée, la
réponse on la connait déjà, certainement rien de mieux que cet album de
saison.
Mais pas au sens où on l'entend d'habitude. Ce disque n'est pas de ces
galettes dont la découverte accompagne à merveille une météo des plus
scabreuses. On est loin de ces skeuds tristes comme les pierres qu'on
s'écoute en même temps que le clapotis de la pluie sur les vitres du
salon, un chat ronronnant devant l'âtre brûlant de la cheminée. Ici,
quand dehors il mouille, on lui fait sa fête à la grenouille. Et le
soleil pointe à nouveau son nez. Il rayonne d'ailleurs dans chacune des
notes de musiques que The Limes s'amusent - on la sent cette franche
camaraderie !! - à agencer, brassant une multitudes d'influences ( en
vrac les Beatles, Strawberry Alarm Clock, Ennio Morricone, Amor Belhom Duo...), pour en tirer un nectar des plus délectables, un jus acidulé et rafraîchissant au possible.
Une drôle de performance , faite de lumière, d'incandescence même par
endroit, qui par l'envie de danse, la sensation de transe qu'elle
procure, nous rassure au plus haut point sur notre capacité à venir de
passer sereinement l'hiver.
The Limes ? Après eux, le déluge !!
(retrouvez cette chronique chez nos amis de Live In Marseille)
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The Limes - Beyond Blue @ Le Motel 29 juillet 2008
envoyé par littlesa. - Regardez plus de clips, en HD !
dimanche 13 décembre 2009
Tycho Brahé "Le Temps Qui Passe"
label / Les Disques Normals
distributeur / id.
contact / TB[at]murdochspace
dispo / 1
des mots // du son
Tycho Brahé, alias Geoffroy Seré, avec ce Temps Qui Passe, son dernier opus en date, signé chez les toujours efficaces Disques Normals,
nous offre un (sublime) visage trompeur à l'instar du dessin de sa
(magnifique) pochette qui sous ses faux airs de naïveté enfantine cache
mille détails.
Dans ce disque mélancolique empreint d'une fraîche simplicité se
terrent des compositions savamment ouvragées, une orchestration
sciemment bigarrée entre musique et chanson, impromptus dissonants et
mélodies sucrées, sentiments crus et force de la légèreté.
La voilà donc cette "...Suffocation du monde et l'apparition de la beauté...".
D'alambiqués capharnaüms bricolés main, en climats benoits jamais
niais, on flotte dans cette ambivalence comme sur un nuage qui
gratterait dans le cou par endroit, chatouillerait chaleureusement de
l'autre.
Évasif comme un conte de fée qui finirait pas trop bien, intrusif comme
une histoire lue à l'envers au chevet d'un pote malade, la musique de Tycho Brahé emplit l'espace de fortes odeurs malgré tout agréables, ensorcelantes même, qui spontanément sauvent la vie. Merci l'ami !
(retrouvez cette chronique chez nos amis de Live In Marseille)
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Sortir de l'hiver
envoyé par joloizeau. - Regardez d'autres vidéos de musique.
mercredi 25 novembre 2009
The Bree Van de Kamp's "Introducing ..."
label / Gone Paris Gone
distributeur / id.
contact / TBVK[at]murdochspace
dispo / 1
des mots // du son
The Bree Van De Kamp's - oui comme la
rouquine des Desperate Housewives - propose une musique nerveuse et
énergique, cultivant un gout du contraste certain. Le chaud/froid, les
aller-retours lunatiques entre colère et tempérance n'ont plus de
secrets pour eux et leur vont franchement bien au teint.
Mélodie au cordeau, gimmicks ravageurs, une bonne voix qui parvient à
faire son trou au cœur de compos hyper rythmées. C'est de la bonne, on
tenait à vous le dire .
Introducing The Bee, Ep bien roulé faisant dans l'éclectisme -
avec quatre morceaux ce n'était pas le plus simple - pousse dans ses
retranchements une électricité qui le lui rend bien.
En attendant d'en entendre plus, et qui sait de les croiser un de ces
quatre soirs sur une scène, aucune raison de se priver de faire tourner
et retourner ce disque sur vos platines. C'est du bon qu'on vous dit !
(retrouvez cette chronique chez nos amis de Live In Marseille)
vendredi 20 novembre 2009
La Danse Du Chien "Black Painted Bones"
label / La Niche
distributeur / Harmonia Mundi
contact / DDC[at]murdochspace
dispo / 1
des mots // du son
La Danse Du Chien, n'en manque pas ...de chien. Remontés comme des pendules, ces cinq là n'ont plus rien à envier à leurs aînés et mentors Tom Waits ou Robert Johnson.
Esprit vintage, ambiance cinématographique sépia, ils nous larguent
dans le New York des années trente, au milieu de malfrats, travelos et
autres tapins à œil de verres. Véritables phénomènes de foire, leur
"Jazz Punk Circus" comme il aime à le définir est de beauté, une beauté
crasse, faite de sueurs, d'incantation, de vocifération, de pulsions
incontrôlées et incontrôlables, débordements de tension explosive. Un
bon vieux cocktail qui arrache la gueule et le reste aussi.
Avec ce deuxième album, Black Painted Bones,
et une pochette de disque magnifique de dinguerie déglinguée - une
entrée de stand de foire avec quelques freaks en action devant -, La Danse Du Chien pose son cabaret blues punk dans votre salon.
Féroces comme le Blues Explosion a su l'être, branques comme du Jesus Volt,
ils sont tout bonnement irrésistibles.
Il ne tient désormais qu'à vous
de pousser cette galette sur vos platines, mais méfi on vous aura
prévenu, ça cause dans l'poste là !
N'oubliez pas de pousser les meubles. Et invitez les voisins, diplomatiquement parlant ça ne sera que mieux.
(retrouvez cette chronique chez nos amis de Live In Marseille)
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La danse du chien "Domino"
La Danse Du Chien | MySpace Music Videos
samedi 12 septembre 2009
Le Freylekh Trio & Goulash System "s/t"
label / Metisse Music
distributeur / Mosaic Music
contact / LFT[at]murdochspace.com
dispo / 1
des mots // du son
L'esthétique des musiques de l'exil n'est pas juste une formule ou un effet de verbiage à sensation. Elle existe. Alliant un goût certain pour les économies sonores et la générosité des expressions passionnées et passionnantes.
Oui, les hommes et les femmes déracinés jouent à la fois avec trois fois rien et avec tout ce qui fait qu'ils existent, bien vivants et debouts. Le Freylekh Trio porte haut les revendications de cette esthétique de l'exil.
Revenu aux affaires musicales cette année, c'est sous la forme d'un collectif protéiforme et cosmopolite - le Goulash System - qu'ils reprennent les chemins de traverse menant à nos esgourdes.
On retrouve ici des musiciens français, klezmer, tsiganes, américains, hongrois, camerounais, serbes, roumains. Tout ce beau monde s'est croisé à Paris. Certains étaient de passage, d'autres là pour la vie. Et de la vie on peut dire sans se manquer que ce disque en déborde.
A l'unisson ils clament leur joie d'avoir traversé ensemble l'univers poétique qu'est cette drôle de ville. Un lieu étrange où leur imaginaire et toutes ces sonorités arrivant des quatre coins du monde parviennent à évoluer en harmonie.
Si Le Freylekh Trio dirige la manœuvre, c'est calmement qu'ils laissent courir une musique plurielle que rien ne semble pouvoir contenir. Ni la capitale, ni la Terre elle-même, toutes deux trop exiguës pour cette amalgame d'émotions pures, bombe à défragmentation sentimentale qui saute d'impros en thèmes traditionnels, de bruits de métro en boucles électroniques.
De ce voyage idyllique en "Onirie", ce sont les couleurs et l'ébullition des quartiers populaires et pluri-ethniques de la Ville Lumière qui éclatent au grand jour et par la même occasion explosent nos gueules ravis.
Alors, ne boudez pas votre plaisir, suivez donc le guide. Un brin de tourisme ça décoince, promis ! Même à Paname.
(retrouvez cette chronique chez nos amis de Live In Mars')
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Le Freylekh Trio Danse du Boiteux sélectionné dans Live / Concert / Festival et World / Reggae
In The Club "Seduce'n'Destroy"
label / Temps d'Avance
distributeur / Discograph
contact / ITC[at]murdochspace.com
dispo / 1
des mots // du son
Un dangereux gang parisien a décidé de bousiller les dancefloors d'ici et d'ailleurs.
Une unité de quatre déglingués , quelques proches des MGMT et Interpol aux manettes, pour l'enregistrement d'un premier album pas dégueux du tout. Et le sentiment qu'on peut encore être punk proche du Gang Of Four comme en 1979 ou "électroniqué" comme aujourd'hui ou les deux à la fois comme après demain.
Seduce'n'Destroy est là pour nous faire rêver à ces fiestas de tous les diables, acides et sans fins, auxquelles on osait plus tellement penser. Loin de révolutionner le genre - les Strokes et le Franz Ferdinand ont mis les doigts dans la prise y'a un bail maintenant - In The Club a le mérite de croire en ce qu'ils font.
Remonté comme des pendules, ils arrivent en ville avec la ferme intention de la retourner de fond en comble. Des coups de basse atomique et une voix à faire se pâmer les plus frigides d'entre nous déchirent des morceaux qui malgré tout ce ramdam restent hautement mélodiques, nés pour la danse, cousus de transe.
Oui, bienvenue dans le club. N'hésitez plus, ne réfléchissez plus non plus , et profitez donc de cette foutue kermesse hédoniste autant que jouissive.
(retrouvez cette chronique chez nos amis de Live In Mars')
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lundi 29 juin 2009
Stephane Kerecki Trio "Houria"
label / Zig Zag Territoires
distributeur / Harmonia Mundi
contact / SKT[at]murdochspace.com
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Le Stephane Kerecki Trio ou une rencontre aux abords du jazz afro-américain. Houria, leur dernière sortie en date est un disque aux sonorités amples, foisonnant de surprises. Si vous aimez les transports musicaux, ceux polyrythmiques du jazz afro-américain. Si vous adorez les embardées de Coltrane, et que les accompagnements harmoniques de pianistes vous gavent, cet album est assurément pour vous.
Un batteur (le redoutable Thomas Grimonprez), un contrebassiste (Kerecki, leader et compositeur de cette formation), associés à deux saxophonistes Matthieu Donarier et membre du triovconnu de nos tablettes et l'invité de classe mondiale l'Américain Tony Malaby (croisé chez Portal, Humair, Haden...). Ces deux derniers alternent alors ténor et soprano suivant les titres et propulsent le groupe de leurs discussions échevelées (le percutant Palabre).
Quand Donarier redouble d'agilité et de finesse, Malaby scande avec force son point de vue, en complémentarité ils échafaudent et explorent sans rien faire d'autre que d'oser combiner, poussés à la roue par un Grimonprez au jeu enlevé et varié. Plus en retrait, tout en pudeur et spontanéité, le meneur Kerecki n'est pas pour autant en reste. Non content de tenir ses troupes avec brio, il laisse courir calmement son goût de l'expérimentation et de l'ouverture (il fallait tenter cette adaptation du O Sacrum Convivium de Messiaen).
Ce trio devenu ainsi pour l'occasion un quartet, respire la connivence et cet album aux couleurs africaines indéniables, qui avance entre improvisation et écriture, en devient exemplaire à ce titre. Juste beau et talentueux.
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mercredi 24 juin 2009
Jabberwock "Sweet Limbo"
label / Black Rain
distributeur / Id.
contact / Jabberwock[at]murdochspace.com
dispo / 1
des mots // du son
Jabberwock c'est un peu la célébration
assumée d'un rock électroniqué jusqu'à la moelle. Une bacchanale bien
grave, partouze de riffs en l'air entre les Kas Product, Garbage et Ministry sur la table de cuisine de Trent Reznor. Oui, grosso merdo, attention les vélos, ça claque fort et bien leur truc.
Sweet Limbo
est le deuxième opus de ces cramés. Et la voix déchirée de Lena, leur chanteuse (!) fait toujours et encore - oh oui, encore, encore !! - son petit effet là où ça fait du bien.
Leur allégeance à la Fée colère renouvelée, c'est tout bonnement un
vrai moment d'exutoire qui nous est proposé là, un de ces instants dans
une vie qu'on pressent être utile et nécessaire.
Bombardé de beats électro survitaminé, matraqué des coups de butoir
métronomique d'une basse on ne peut plus hypnotique, les morceaux de Jabberwock - un démon tout droit sorti d'A travers le Miroir de l'enfumé Lewis Caroll - sont des objets contondants de toute beauté. Furieuse la beauté, tu le sais!
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lundi 27 avril 2009
Watine "B-Side Life"
label / Cat Gang
distributeur / id
contact / W[at]murdochspace.com
dispo / 1
des mots // du son
Quelle joie de retrouver Catherine Watine avec ce deuxième opus, B-Side Life, suite attendue de son Dermaphrodite, sa première sortie en solitaire.
Un disque qui prolonge le travail de l'artiste en dix titres de bruits
tendres et de mots susurrées avec cette grâce grave qui nous l'a fit
comparer à l'époque à une certaine Nico. Oui, carrément. Et franchement, on persiste et on signe.
Un album au fronton duquel flottent des mélodies littéralement
aphrodisiaques, touchantes autant que sensuelles. Et, entre piano et
cordes effrontées, cette voix qui transporte plus loin qu'on ne croit.
Sans fard, avec ce sens de l'essentiel qui lui va si bien, une voix qui
donne largement plus que ce qu'on pensait trouver. Au-delà du plaisir
simple d'une écoute apaisée, Watine nous offre un moment de quiétude
rare, celle de ces instants passés à repenser à hier, avec en
filigrane, dans un dernier souffle, la possibilité immédiate et
délicate de trouver des lendemains aux contours un peu moins
contondants et solitaires. Et si finalement le bonheur n'était rien
d'autre que ça ? Une promesse, comme une lente dédicace...elle et nous,
pour toujours.
(retrouvez cette chronique chez nos amis de Live In Mars' )
des images
mardi 21 avril 2009
Black Devil Disco Club "8 Oh 8"
distributeur / La Baleine
contact / BDDC[at]murdochspace.com
dispo / 1
des mots // du son
Bernard Fèvre alias Black Devil Disco Club n'est pas tombé de la dernière pluie. Par contre, c'est clair que la marmite à gros son il n'a pas dû y couper. Nageant dedans depuis tout minot, cet orfèvre disco revient donc aux affaires, trente ans après avoir fait un flop puis marqué durablement les esprits des aficionados noctambules avec un album devenu culte, le bien nommé Disco Club, du fait notamment d'être passé entre les mains du patron de Rephlex, l'illustre Aphex Twin, qui en serait alors tombé gaga. Comme quoi, tout arrive.
En attendant, la galette du moment s'appelle Eight Oh Eight, en référence à quelques textes de la Cabbale où le 8 est synonyme de prospérité, d'abondance, d'autorité, de maîtrise, de conscience spirituelle et cosmique et d'infini. Rien que ça.
Signée chez les Anglais, toujours aussi surprenants dans leur choix artistiques - pourvu que ça dure - de L.O.A.F. Recordings (The Chap, Gablé), cette dernière sortie s'avère tout aussi remarquable. Une musique hédoniste au possible, qui va en défriser certain - ils s'y feront.
Mais franchement, comment résister à autant d'érudition et à une telle étrangeté psychotropique : imaginez Dali défoncé sur la piste de dance, Cerronne au comptoir. Comment ne pas céder devant ces morceaux qui s'ils sonnent avec références n'en redonnent pas moins le goût du dance-floor, synthétique et habité, des paramètres trop souvent mis de côté au profit d'une pseudo immédiateté soit disant efficace. Et puis quoi encore !
Walk On Air comme dirait l'autre ! Lâchez vous ! Et avec plaisir s'il vous plait.
(retrouvez cette chronique chez nos amis de Live In Marseille)
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