samedi 25 juillet 2009
Tartufi "Nests Of Waves & Wire"
label / Southern Rds
distrbuteur / id.
contact / T[at]murdochspace.com
dispo / 1
des mots // du son
Tartufi, voila un duo de Californiens comme qui dirait habités. Habités, parce qu'on a l'impression à écouter ce Nests Of Waves And Wire qu'ils sont cinq ou six à jouer dessus. Habités aussi parce que chez eux, dans leur monde, l'onirisme est de ces valeurs sûres qui n'ont que leurs maux à dire. Des ribambelles de comètes y poussent dans les arbres, des arbres immenses à n'en plus pouvoir. Habités que j'vous dis !
Au- delà des images, des boucles lancinantes de guitares et de chant - celui de Lynne Angel - auxquelles s'agglomère le travail rythmique de son pote à barbe Brian Gorman. Inventif au possible et abattant un boulot monstre, ces deux-là ne sont alors pas loin de rivaliser de grâce et d'intelligence avec des Tortoise, Battles et autres Pinback.
Comme d'autres montent des châteaux de cartes, ces doux dingues échafaudent une musique unique en son genre, contemplative et nerveuse, merveilleuse tout bonnement. Une musique qui nous confirme, si on en doutait encore, que tout n'a pas encore été vraiment dit. Merci pour l'information, messieurs, ça rassure !
des images
samedi 16 mai 2009
Dame Satan "Bridges & Beaches"
label / Ghost Mansion
distributeur / Import
contact / DS[at]murdochspace.com
dispo / 1
des mots // du son
Une bonne petite cure d'acide lysergique, voila ce que nous proposent les gars de Dame Satan.
C'est clair que l'ergot de seigle c'est leur péché mignon à ceux-là.
Sans abus, hein attention pas d'embrouilles; juste assez bien dosé pour
sortir leur folk du marécage, suffisamment pour l'accrocher dans les
nuages (Dawn & Delta).
Beaches and Bridges n'est rien
d'autre que ça, une lente montée droguée certes, mais goûtes, c'est de
la bonne Tonton. Des colonnes d'air en mouvement perpétuel dans vos
enceintes (Oregon Trail).
En dix titres, les Dame Satan
- leur nom est celui d'un bombardier U.S. de la Deuxième Guerre
Mondiale (!) - font la preuve d'un grand savoir-faire. Maîtrisant
l'électricité de leur fièvre , leur chant migre de phases capiteuses
(l'habité Gangster Hustler et son banjo) et sombres vers des
incantations quasi chamaniques, prises dans la lumière, cerclées d'une
lucidité crue et exacerbée.
Et l'apport de la voix diaphane de Paula Frazer, ex-Tarnation, invitée de luxe sur Country Thief, en remet une couche dans le psychédélisme de situation, transportant le groupe dans les décors d'un western mystique, genre El Topo. Et là on dit, yeaaaah !
(retrouvez cette chronique chez nos amis de Live In Marseille)
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vendredi 27 mars 2009
Pigeon Funk "The Largest Bird in ..."
label / Musique Risquée
distributeur / id.
contact / PF[at]murdochspace.com
dispo / 1
des mots // du son
Discerner les faiseurs des modestes, les parvenus des désintéressés, reste assez facile en musique. Quand les premiers n'ont peur de rien pour engranger le moindre kopeck de reconnaissance, les seconds préfèrent patienter, laisser venir, peut-être toute une vie, l'occasion d'accaparer un territoire libre, une endroit bien, leur coin à eux. Pigeon Funk appartient sans équivoque à cette deuxième caste.
Depuis le début du XXI° siècle, ce duo, ex-trio - Safety Scissors ayant rejoint d'autres nids (Carpak et ~scape s'en frottent encore les mains) - s'est taillé petit à petit, et sans forcer ( en 8 ans un maxi et une compilation pour Proptonix label créé par le partant) un chemin qui les a mené vers des hauteurs toutes particulières. Perché sur sa branche, le colombidé funky peut aujourd'hui, encore plus qu'hier à en juger par le contenu de ce dernier opus, laisser libre court à sa foldinguerie et cette envie qu'on pressent compulsive de tout retourner d'un battement d'aile.
Sur The Largest Bird..., le duo de Frisco embrasse plus large, regarde plus loin. En figure de proue d'une scène électro californienne qui n'en demandait pas tant, les deux zigues imposent leur vision foutraque du funk, tirant des perspectives écheuvelées, parfois outrancières et déplacées (l'effort baléarico-kitsch d'Alma Hueco fait un peu pitié) souvent géniales (l'introductif Mess Call,le bien nommé Bacchanale qui fleure bon le stupre) qui mènent de zig en zag à ce dance floor où les mouvements, les souffles, sans se répèter, ne cessent de se répondre, s'entretenir.
Tout est en place pour faciliter le débordement, le partage en vrille. Le blues se teinte de jazz, vire au rouge, s'acidule pour terminer branque (Blues Bus). La techno s'apesantit, prend du coffre (Brukim Lo, énorme machine quasi indus), s'embronche dans une production aux circonvolutions exubérantes pour finir exsangue, vautrer dans un canapé Technicolor à siroter un cocktail noyé de sueur (Tufa, burlesque et violent, Purple Pigeon électrique). Ici, ça couine, là-bas ça grince, le beat est haché à la
serpette, ça fuit de tout bord, tangue et comme dans les concours de
sauts dans les flaques de boue c'est à celui qui s'en mettra le plus
vite jusqu'aux oreilles (le final de fête foraine et ses freaks
manouches Pom Pom Yom Pom Pom et son intro caverneuse Mise en scène).
Vous l'aurez compris la musique du Pigeon Funk est entière, à prendre comme elle est : ludique, lourdingue peut-être, ironique, drôle quand même, irrésistible en somme. Douze titres comme autant de boutades, un énorme badinage électronique, un brin gras sur les bords, filou dans le milieu, à écouter avec le plus grand des sérieux.
Une superbe initiative , bienvenue en ces périodes de fêtes, un succès entre la poire et le dessert, la tronche plein de cotillons et du reste.
(retrouvez cette chronique chez nos amis de dMute)
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lundi 12 janvier 2009
Dub Gabriel "Anarchy & Alchemy"
label / Destroy All Concepts
distributeur / DG Diffusion
contact / dg[at]murdochspace.com
dispo / 1
des mots // du son
Dub Gabriel sort Anarchy and Alchemy pour Destroy All Concepts, son label. Tout un programme.
Et pour le coup un projet aux ramifications intéressantes.
Un album dub extraverti, enregistré en deux ans entre New York, Paris, Berlin, Rio et la Californie. Un grand écart géographique qui est bien loin de présenter clairement celui réaliser par ce producteur hyperactif avec ces dix titres où rarement les mots sub-bass et électro auront si bien résonnés l'un face à l'autre. Un pur acte de sorcellerie sonore et subversive.
Engagé et mystique, rentre dedans et gorgée d'énergie positive, ce nouvel opus est d'ailleurs à manier avec précaution...une mauvaise manip' et hop, implosion du cortex. En bon archange des manettes, ce dubmaker fait preuve d'une maîtrise considérable quand il s'agit d'aligner les lignes de basses, faire monter les réverbs dans les nuages ou ancrer les pompes des skankers bien profond dans le dance-floor.
Tout aussi pro qu'il soit (on regrettera cependant une production hyper propre, à voir en live pour peut-être biffer ce bémol), ce docteur ès wobble a su s'entourer d'une clique de techniciens (pour n'en citer qu'un Oz Fritz souvent dans l'ombre de Tom Waits) et d'invités plus pointus les uns que les autres. Et à en juger par leur performances, on ne peut plus habités par ce projet. De Michael Stipe (R.E.M.) et Sami Yaffa (compagnon de Johnny Thunders et guitariste des New York Dolls) associés pour une reprise dantesque de Suicide (Cheree), aux follasses boot'hip-hop de Yo Majesty ! (Pony Girl excellemment monté si je puis dire) en passant par le ragga de Dr Israel (Battle Of The Righteous Man), personne ne rate le coche, chacun(e)s y allant de sa harangue survoltée, le tout sur fond d'ambiances urbaines pour la plupart sombres et revendicatrices (à l'image d'une jaquette des plus évocatrice).
Une confirmation, s'il en était besoin, que d'une part la pulsion d'insurrection ne passe par immanquablement par le broyage d'abris de bus et de caténaire et que d'autre part elle ne cessera jamais de diffuser dans les écrits et les sons sur toute la surface du globe.
Et oui, M.A.M. , laisse béton l'ultra gauche et mets donc tes RG au dub, ça leur fera des vacances. A nous aussi.
(retrouvez cette chronique chez nos amis de Live In marseille)
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