Quivers vs Chora "Split Vinyl"
distributeur / Id.
contact / Q[at]murdochspace
& C[at]murdochspace
dispo / 1
des mots // du son
On retrouve sur ce split vinyl, orné d'une sublime illustration de Pascal Nichols des Part Wild Horses Name On Both Sides, sorti chez les toujours pointus Ultramarine Records, deux beaux exemples de ce que la nouvelle scène des musiques improvisées peut offrir de chaque côté de l'Atlantique.
Brooklyn pour le trio des Quivers, Sheffield pour le quartet des Chora. C'est à ces derniers, compatriotes des barrés The Hunter Gracchus, que la face A est réservée, pour une longue plage de vingt minutes d'expérimentations dantesques où couinements de sax, vibrations de roseaux, volutes envoûtantes de Gamelan et autres objets sauvagement frottés plongent l'auditoire dans une obscurité inquiétante. Initialement en duo, formé de Rob Lye et Ben Morris, Chora s'est renforcé pour l'occasion de la présence de deux percussionnistes, Ben Nash et Karl Brummer, et propose là de partager ce drôle de rituel, improvisation primitive et pointilliste qui ne laisse définitivement pas indifférent.
La face B va aux Américains de Quivers, à la tête desquels on retrouve un habitué de nos colonnes, en la personne du guitariste hyper-actif Ninni Morgia. Associé au contrebassiste Jordon Schranz et au batteur Mike Pride (croisé aux côtés d'autres artistes connus de nos services comme William Parker ou Tony Malaby), ils proposent eux quatre pièces d'un free jazz métallique et dronesque, plein d'une énergie tantôt débordante de violence tantôt plus contenue et tout aussi tendue, offrant des espaces de déconstructions remarquable d'électricité.
Conclusion : tout ça est très bon. Vous en doutiez ?
(retrouvez cette chronique chez nos amis de Live In Marseille)
Chris Forsyth & Shawn E. Hansen "Dirty Pool"
label / Ultramarine Records
distributeur / Id.
contact / UM[at]murdochspace
dispo / 1
des mots // du son
Comme pas mal d'adolescents pré-pubères, la
musique expérimentale a connu ce que le psychanalyste nomme "l'étape du
miroir" : un jour elle s'est retrouvée à mater les restes de son
ombilic. Elle s'est rendue compte qu'elle existait. Un instant chaviré
où on a commencé à créer des musiques fondées sur l'amour des maîtres.
Dès lors, elle est devenue un art instruit, doublé d'un objet d'étude fécond. Chris Forsyth et Shawn Edward Hansen,
respectivement guitariste et organiste, se retrouvent à l'interface de
ces deux moments suspendus, créant avec originalité, comme si rien
n'existait jusque là, tout en se penchant amoureusement sur le passé. Dirty Pool, tryptique instrumental remarquable signé chez Ultramarine records est la preuve irréfutable de leur talent conjoint.
Un superbe album où les fantômes du Ry Cooder de Paris Texas, du Tom Verlaine de Marquee Moon, de Nico, Jerry Garcia, Terry Riley et Big Star s'enlacent dans un ballet contemporain et mystique d'expériences soniques.
Nos acolytes sculptent ici à merveille les frontières mouvantes d'un
monde de rupture, les tracés lunatiques et maniaques de chemins de
traverse d'où l'on ne sort qu’exsangue, la tête enflammée de mille
images, passées et futures.
Profondeur, don de soi, âme...Voilà les seules étiquettes qu'on pendra
au fronton de cet opus d'aujourd'hui et de toujours, un disque qu'ils
auraient pu enregistrer hier, et qui nous offre un moment unique de
folle sérénité.
Quelqu'un a mieux, là ?
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des images
N. Morgia & W. Parker "Prism"
label / Ultramarine records
distributeur / Id.
contact / NM[at]murdochspace
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Je crois que c'est Frank Zappa qui dans un grand moment de lucidité avait, en substance, fait ce constat :
"Le jazz n'est pas mort, il sent juste bizarre".
Il y a peu de chance que cet avant-gardiste ait subodoré la rencontre
récente, orchestrée pour Ultramarine Records, entre le guitariste Ninni Morgia - déjà croisé pour son travail au sein de The Right Moves - et le contrebassiste William Parker. Pourtant, là encore, le diagnostic est bon...Leur jazz est louche !
Prism, cet album étrange donc, célèbre une rencontre inventée, où
l'électricité s'embarque tout proton dehors à l'assaut d'une autre
forme de discussion, un dialogue dissonant où l'usage d'un nouveau
dialecte ne serait le fruit ni d'un hasard génétique ni du long
apprentissage de la vie, mais bien celui d'une volonté de fer de mettre
la créativité au centre des débats pour en faire finalement le
vocabulaire de la circonstance.
Profonde et complexe, sans fioriture ni effet d'intellectualisation
sonore, cette musique reste parmi les plus libres qui soient. Peut-être
pas d'accès, même si chacun pourra à tout moment y pénétrer avec ses
envies, et surtout ses propres fantasmes. Mais plutôt par
l'extraordinaire explosion d'ingéniosité, de malice, d'intelligence, et
d'humour même, qu'elle représente.
Déroutant mais tellement fascinant.
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The Right Moves "The End Of..."
label / Ultramarine Rds
distributeur / Id.
contact / TRM[at]murdochspace
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The Right Moves, c'est un trio mené de main de maître par le guitariste Ninni Morgia (croisé chez La Otracina) avec à ses côtés Stuart Popejoy à la basse et Kevin Shea (des Talibam !) à la batterie. Ils sortent ce deuxième album, The End Of The Empire, chez Ultramarine Records (Amolvacy) avec Sylvia Kastel aux manettes (les Quivers de Morgia ont eu affaire à elle sur leur Lp 2012).
Exit le trompettiste Peter Evans, et pour le coup, c'est bizarre
à dire, mais ce disque gagne en variété, en profondeur. C'est pas qu'on
ait quelques griefs que ce soient contre le gars Evans, non, non...Par
contre les trompettistes je dis pas, mais bon, c'est une autre
histoire. Toujours est-il que le constat est là, cet album est mieux
sans !
Voilà donc huit titres, entre free jazz, musique psychédélique et
ambient, où s'entrechoquent le jeu habité de Morgia, les éructations
rythmiques de Popejoy et les effets cataclysmiques on ne peut plus
inspirés de Kevin Shea, marquant avec furie la ponctuation des
discussions enlevées de ses deux autres compères.
Si vous aimez l'indus halluciné des Throbbing Gristle, le rock choucroute de Faust et l'inspiration de Coltrane, là on peut le dire, vous êtes servi ! Et bien comme il faut !
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Amolvacy "A La Lu La"
label / Ultramarine Rds
distributeur / Id.
contact / A[at]murdochspace
dispo / 1
des mots // du son
Si vous supportez les premières mesures de ce
disque extra-terrestre, soit une longue phrase d'improvisation de cordes
frottées, accolées à des imprécations torturées d'une voix féminine ,
elle-même soumise à un flot de percussions tout à fait archaïque et
bordélique, c'est que vous êtes prêt au voyage proposé sur A La Lu La,
dernière sortie chez Ultramarine Records des allumés New-Yorkais d'Amolvacy.
Pas vraiment punk, mais franchement marqué du sceau D.I.Y. , très
théâtral et pour tout dire carrément expérimental, ce trio infernal issu
de formations toutes aussi diaboliques - No-Neck Blues ou Volcano
The Bear, pour ne citer qu'elles - a charpenté de courtes pièces
échevelées et tribales avec semble-t-il tout ce qui lui est passé entre
les mains, et surtout les oreilles.
Avec une idée saugrenue à la seconde, cette musique élucubre et habitée,
totalement étudiée pour la scène, ça s'entend dès les premiers
instants, s'avère être logiquement, pour peu que ce terme ait encore un
sens chez ses fondus, de l'ordre de la performance.
Et ce, qu'il
s'agisse des incantations d'écorché de Sheila Donovan-Moore,
fraîchement débarquée du Laboratory Theatre Group de la Grosse
Pomme, une voix qui risque de marquer quelques unes de vos prochaines
nuits. Comme des incessantes vagues soniques propulsées par ses deux
comparses , sorte de rites chamaniques d'un autre âge faits d'embardées
de cordes dissonantes sur lit de guimbardes bancales, de roulement de
batterie , brûlant ressac lancinant et on ne peut plus aliénant.
Véritable expérience sonore, A La Lu La n'est pas ce qu'on peut
appeler un disque de tout repos. Mais simplement à part, et foutrement
excitant, oui ! On ne va pas s'en plaindre, loin de là.
(retrouvez cette chronique chez nos amis de Live In Marseille)
des images
Amolvacy from Grrrnd Zero on Vimeo.







