dimanche 13 décembre 2009
Mezzanine Owls "Slingshot Echoes"
label / non signé
distributeur / import
contact / MO[at]murdochspace
dispo / 1
des mots // du son
Débarqués à Athens, Georgie (patrie de R.E.M. et Vic Chesnutt entre autres références géographiques), les Angelenos de Mezzanine Owls ont sorti sous la houlette d'Andy LeMaster, producteur pour Bright Eyes, ce très bon Slingshot Echoes.
Moins sombres qu'Interpol mais autrement plus fréquentables que les buzziens Clap Your Hands Say Yeah, les quatre de Mezzanine Owls proposent en onze titres une belle alchimie pop où le chant gracile de Jack Burnside joue à la marelle dans un imbroglio planant de grattes à la Swirlies.
Constamment allongées sur un nuage sonique en mouvement, ces chansons
font preuve d'une fulgurance remarquable et évitent de conjuguer au
passé quelques références shoegaze on ne peut plus plombantes , tant
par la qualité des influences (Ride
en tête) que par la déprime latente de ces morceaux d'antan. Si
l'ambiance est ici mélancolique, elle relève d'atmosphères plus
lumineuses, se drape d'une clarté salvatrice, le regard porté vers le
soleil, un peu moins vers ses godasses...De la "sungaze", en quelque
sorte !
Véritable ouvrage artisanal, auto-produit et tout et tout, ce premier
album, vieux de trois ans déjà - v'là l'actu ! - est une belle
alternative à un ciel qui n'en finit plus de nous dégouliner sur la
tronche. Ce qui était bon en 2006, l'est assurément aujourd'hui. Slingshot Echoes, LE disque parapluie !
(retrouvez cette chronique chez nos amis de Live In Marseille)
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lundi 30 novembre 2009
Amazigh Kateb "Marchez Noir"
label / Iris Music
distributeur / id.
contact / AK[at]murdochspace
dispo / 1
des mots // du son
Amazigh Kateb, ex-Gnawa Diffusion revient aux affaires avec ce premier album solo Marchez Noir. Un disque doux amer où il reprend des textes de son père Kateb Yacine. Un disque qui frappe fort, comme un cœur bat la chamade, comme le manifestant scande ses slogans revendicateur.
A ce titre, cet album est sorti le dix-sept octobre, date de triste
histoire célébrant le souvenir des martyrs de Paris, quarante-huit ans
après les sanglants évènements qui virent la police française balancer
à la Seine des innocents travailleurs immigrés algériens en proie à
l'époque (!) à une ségrégation de tous les instants. Je ne peux que
vous conseiller à ce sujet de regarder attentivement Vivre Au Paradis, film au combien évocateur de Bourlem Guerdjou relatant ces sinistres évènements. Si le film de Guerdjou est criant de vérité, Amazigh
lui non plus ne mâche pas ses mots, et la révolte à fleur de peau
s'approche sur ses propres titres de la force poétique de son père.
"...Une Algérie se meurt dans une autre en train de naître..."
Marchez Noir n'est cependant pas une œuvre sombre, elle sait
nous ménager des temps de saine respiration tout en regorgeant
d'espoir. Un espoir certes empli d'incertitudes mais aussi d'une
incommensurable volonté d'en finir avec cette irrespect patent chez nos
puissants décideurs.
On retrouve évidemment en appui de tout ça, la patte "gnawa", ces
résurgences africaines qui ne peuvent que marquer les esprits,
tellement ces textes déjà forts de leur mots lourds de tant d'à propos,
frappent profondément nos sens et pansent nos maux, sous l'impulsion de
cette musique magique.
Transe cathartique et sortie de crise en chanson, debout et revanchard
malgré l'indignation face aux droits bafoués à travers le globe et la
dignité humaine conchiée un peu partout , ici comme ailleurs, sans que
rien ne bouge vraiment.
"...Chantes avec moi, chantons pour ceux qui ne veulent pas marcher au pas..."
Comment être plus clair ?
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mercredi 25 novembre 2009
The Bree Van de Kamp's "Introducing ..."
label / Gone Paris Gone
distributeur / id.
contact / TBVK[at]murdochspace
dispo / 1
des mots // du son
The Bree Van De Kamp's - oui comme la
rouquine des Desperate Housewives - propose une musique nerveuse et
énergique, cultivant un gout du contraste certain. Le chaud/froid, les
aller-retours lunatiques entre colère et tempérance n'ont plus de
secrets pour eux et leur vont franchement bien au teint.
Mélodie au cordeau, gimmicks ravageurs, une bonne voix qui parvient à
faire son trou au cœur de compos hyper rythmées. C'est de la bonne, on
tenait à vous le dire .
Introducing The Bee, Ep bien roulé faisant dans l'éclectisme -
avec quatre morceaux ce n'était pas le plus simple - pousse dans ses
retranchements une électricité qui le lui rend bien.
En attendant d'en entendre plus, et qui sait de les croiser un de ces
quatre soirs sur une scène, aucune raison de se priver de faire tourner
et retourner ce disque sur vos platines. C'est du bon qu'on vous dit !
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dimanche 15 novembre 2009
Vendeurs d'Enclumes "Bonheur d'Occasion"
label / Macabane
distributeur / id.
contact / VE[at]murdochspace
dispo / 1
des mots // du son
Les Vendeurs d'Enclumes sont des vieilles connaissances, de ce temps où nous nous vivions à l'Est. Nous les avions débusqués au détour d'un Châlon dans la rue de toute clarté, où ils avaient maintes et maintes mèches, assurant un show bouillant, monstrueusement enivrant et enivré.
Depuis on ne s'est plus jamais quitté, du moins en ce qui nous concerne. Et ce jusqu'à aujourd'hui et ce Bonheur d'Occasion avec son lot de "chansons maximalistes" comme ils aiment à les définir.
Jazz-rock endiablé, texte d'arraché, un amalgame magique, une classe
magistrale. En toute subjectivité ces gens sont magnifiques.
Funambulesques tirades, la rage au ventre, pulsations de vie, de survie même, viscères en berne, la folie pas loin, ce sextet donne à voir et à entendre ces choses que très peu sont capables de générer : beauté et spleen, colère et poésie, prose et overdose de sensation. Les Vendeurs d'Enclumes n'ont que leur art à offrir, et s'il est brut, ce n'est que de décoffrage, la force d'être vrai, sincère oui voilà !!
On ne va pas se priver pour vous poussez à consommer ce genre de jaja, du grand cru, velouté, la cuisse ferme qui vous grise sans retard, vous défonce la calebasse. Faites tourner Messieurs Mesdames, laissez venir les Vendeurs d'Enclumes, laissez les passer vos murs, votre porte.
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interview vendeurs d'enclumes
par vendeursdenclumes
lundi 12 octobre 2009
Rivkah "Second"
distributeur / autodistro
contact / R[at]murdochspace.com
dispo / 1
des mots // du son
Septembre, la pluie ne tombe pas tout à
fait...et je me souviens, cette enveloppe fuchsia, "Promenant nos
Chiens", une gageure ? Mon cœur qui bat, en dedans mais fort, toum,
toum ! Dehors ces fleurs encore là, qui tendent leurs bras étiolés; et
ces chansons étoilés de mélancolie, qu'on peine à voir
s'éteindre...oui, le disque est fini, et cette question : "A quand nos
retrouvailles ?"
Septembre, la pluie dégringole, défonce le plafond, la vache, ça pisse
dehors ! Une enveloppe rose saumon cette fois...les fleurs sont fanées,
heureusement le temps s'est bien passé et revoilà Rivkah, son Second
tout prêt, tout frais. Quelle attente ! Et pour tous ceux qui en
croqueront, des notes de piano légères, du banjo, des cuivres et cette
voix comme décuplée par sa poésie, cette force de cristal, qui nous
raconte l'amitié, la vieillesse, la vie et nous apprend - était-ce déjà
écrit - que nous n'aurons plus besoin d'été ...Bordel, mais...la Rivkah est revenue !
Septembre est plus que là, les flaques elles, plus tellement...séchées.
Les larmes coulées dans mon café presque aussi. Drôle de sensation, de
toucher comme ça la beauté , la grâce d'un instant , le sommet de la
colline qui de sa hauteur vous embrasse, vous embrase le cortex comme
la foudre vous file des coups.
Franchement on voudrait être le seul à
marcher à côté de ces sons, garder comme un secret , ce folk de prose qui s'impose, là où ça
cogne et ailleurs, s'y ancrer à en couler, et avant de sombrer, écrire
pour vous dire : "Rivkah
est différente, un de ces joyaux qui vous retournent la vie, vous
mettent le pas de vis tout zize...à chaque fois , mais n'y posez pas
une oreille, pas la peine, elle n'est pas pour vous".
Mais ça, ce serait trop moche, franchement on n'est pas comme ça ! Allez, Fonces, ma (mon) pote !
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samedi 25 juillet 2009
Nonstop "J'ai rien compris..."
label / Autoprod.
distributeur / Autodistro.
contact / fredo[at]murdochspace.com
dispo / 1
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Voilà du bel ouvrage. J'ai Rien Compris Mais Je Suis D'accord, nouveau projet de Nonstop est arrivé chez nous entouré d'un doux papier à torcher, double épaisseur. Deuxième album d'un gars, Fredo Roman, pour qui le rentre dedans est probablement un style de vie.
Pour la petite histoire, ce disque n'a failli jamais arriver jusqu'ici, l'envoi promo initial ayant fait les frais du manque d'humour confirmé de certains postiers; les enveloppes customisées par Roman portant alors l'encart "J'encule la poste". Un geste qui s'il ne fit pas rire tout le monde, nous rappelait à quel point le mot concession n'avait vraiment rien à foutre ici. Et oui, Nonstop n'est pas parti pour s'arrêter.
Dédouané de toute tutelle matérielle et promotionnelle, Fredo et son frérot de bassiste (comme en 2005 sur Road Movie En Béquilles, la fratrie renfile les gants) font le boulot à la piaule, et s'adjoignent le cas échéant les compétences de Henning Specht (synthés) et de Serge Teyssot-Gay (guitare bien entendu). Ils produisent eux-même ces treize titres qui reprennent le combat où il avait été laissé, bien tanqué entre slam à la machette, hip-hop branque et rock pervers.
Ajoutant de ci, de là quelques touches plus introspectives qui dans l'ensemble et avec cet élan cathartique qu'on adore tant prendre, nous ont permis de continuer de chier sur les têtes de gondoles.
Oui, Fredo, le PQ était le bienvenu. De l'hygiène bordel !
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mercredi 24 juin 2009
Anything Maria "Ep"
label / Autoprod.
distributeur / Autodistro
contact / AM[at]murdochspace.com
dispo / 1
des mots // du son
Une nouvelle Polly Jean Harvey ? La prochaine Courtney Love ? ça va pas bien la tronche, non ? Suffit de tendre l'oreille pour reprendre ses esprits et capter que Sophie Gonthier aka Anything Maria, c'est plus que ces comparaisons de feignassses.
Tendre l'oreille, oui messieurs dames, et très vite vous verrez, enfin
vous entendrez. On s'agrippe , on s'acoquine même à cette voix qui
griffe, et mord en douceur, mais profondeur; à cette musique branque
qui vous tresse des colliers de nerfs en deux coups de manche de
gratte.
Des chansons félines, quatre sur cet Ep et autant de sursaut d'échine,
de la surprise, bonne, qui s'étire , envahit l'espace (le très bien
écrit The More I Fall - The More I Fly morceau fleuve) et file la chair de poule à décrisper le plus cocu des coqs. Et ouais, après tout pourquoi pas ?
Anything Maria, une amazone qui doit pas être bien vieille, 25
balais à l'état civil à tout casser. Mais ces piges-là ont dû compter
triple, vu la maturité affichée sur ce disque (l'habité Modern Lovers
est hallucinant). Un disque - vinyl aussi y parait - de fougue et
d'abandon, d'extrême pulsion et de sensualité toute crue. L'union des
opposés avec raccords apparents, des ligatures pour ainsi dire, de
celles qu'on rêve de faire craquer histoire de mater se qui se trame en
dessous.
Vivement la suite, nous v'la salement atteint là ! High Addiction, voila c'est ça !
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mercredi 6 mai 2009
O2Zen "sans.chantilly"
label / Autoproduit
distributeur / id
contact / O2Z[at]murdochspace.com
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des mots // du son
Bordeaux, une des villes rock par excellence, compte aussi parmi ces citoyens quelques groupes de rap tout à fait à part. O2Zen est de ceux-là et sort sans.chantilly,
un album réjouissant, comme le sont ces galettes sans fioritures ni
quête hardcore désuète dans la pose, dont le hip-hop a plus que jamais
besoin.
Ce qui n'empêche pas ces gars et cette fille (cette danseuse, mes amis...ouch !) d'avoir gardé le sens de l'engagement. On
retrouve quelques textes centrés sur l'actualité du quotidien -
drogues, société ...- autant que sur les grandes thématiques que sont
l'amour ou la mort. Rien de bien novateur, c'est certain, et encore,
uniquement si on focalise sur cette petite description sur papelard.
Parce qu'en substance et sur disque, O2zen
a su rester pertinent et il faut admettre que lorsque c'est à ce point
bien suivi par la rime, ça devient compliqué de ne pas accrocher.
Après, musicalement parlant, c'est mélodique et plutôt jazzy, bien
roulé et classieux. Des ambiances qui coulent de source, sans en faire
des kilos.
Au final, on est bel et bien perché sur le haut du panier, pas très loin des Rocé et autres Dgizhors.
O2Zen ..."comme la levrette, vigoureux et séduisant", pour sûr.
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mardi 28 avril 2009
Nitwits "Le Marécage de la Mélancolie"
label / Autoprod.
distributeur / Autodistro.
contact / N[at]murdochspace.com
dispo / 1
des mots // du son
Au même titre que Watine, il n'y pas si longtemps, les Nitwits
sont de ces groupes qu'on aime suivre à la trace. A la différence près
que ce coup-ci c'est plutôt grâce au son dingue d'une basse pétaradante
qu'on a retrouvé leur route.
Le Marécage de la Mélancolie , leur nouvelle sortie est tout ce
qui a de plus ravageuse : bruit et fureur déclinés en douze titres dont
la production chiadée - ça nous change un peu là - , pousse le bouchon
encore plus loin dans la boucherie sonore.
Rageurs et toujours aussi bouillants, les Nitwits
sont certainement parmi les plus beaux défenseurs d'une forme
malheureusement trop marginale d'exercice musical, une pratique extrême
qu'on se plait à appeler le "Tabula Rasa" ou la technique de la
torchère à cérumen, un geste sanitaire de premier ordre donc, et la
possibilité offerte à nombre de représentants en appareils auditifs et
autres prothèses de sortir de la crise.
Si vous ajoutez à la note que les quarante deux minutes montre en main
de ce dernier opus, véritable carnage sonique s'il en est, sont dignes
des plus beaux fracassages neuronaux depuis l'intronisation de la fée
Electricité au cœur en fission terminale du cirque rock'n'roll (il
suffit de se ramasser l'enchaînement Sgt Rosco / Wild Cat
en travers de la gueule pour s'en convaincre), et vous conviendrez
qu'il faudrait être un brin niais - ou déjà sourdingue, ce qui nous
pend au nez à continuer d'écouter des trucs pareils hé hé ! - pour ne
pas apprécier toute l'"ouverture" d'esprit dont ces jeunes gens
modernes sont capables. Je vous le dis ça promet !
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vendredi 27 mars 2009
KabuKi Buddah "Life is a Picnic"
label / R'n'R Masturbation Rds
distributeur / id.
contact / KKB[at]murdochspace.com
dispo / 1
des mots // du son
Après avoir vu la vie comme un film, constaté qu'elle n'était qu'une putain, le groupe lyonnais Kabu Ki Buddah (bah,oui KK Bouda, et alors ?) revient mettre le couvert sur la table mélodique de l'existence, mais ce coup-ci, à ciel ouvert et par terre.
Trio allumé, combo sans queue ni tête ou l'inverse, ou tout ça mélangé, on s'en fout, ces gones-là aussi d'ailleurs. Autant que du conformisme, qui apparemment n'a aucune prise sur eux. Ou disons plutôt qu'ils semblent en avoir trouvé une utilité. Le malaxer, le retourner, lui brailler dessus aussi.
Humour décalé jusqu'à la plus absurde potacherie, ressac alterno punkoïde et refus du sérieux étant les quelques cales capables de tenir la nappe. Autant de petites astuces qui font leur marque de fabrique. Notamment, ce sens inouï du bricolo DIY, mamelle artistique à laquelle ces zozos ont goulument biberonné.
Mais, quand après quelques écoutes, d'abord ludiques puis bien plus actives, on constate que la mélodie est de retour dans ce boxon, que le chant fait bien mieux qu'essayer de servir des trésors rythmiques qu'on était loin de soupçonner, on comprend que les K.K.B. ont bel et bien changé de braquet. Une drôle de bonne nouvelle. Et voilà qu'on se prend à rêver à quelques prestations scéniques à venir, fleurant bon le cataclysme organisé, et la bonne vieille "marrade" accidentée.
Hey, mais...s'ils avaient tout compris. Si la vie ce n'était que ça. Bordélique de prime abord, et tellement appréciable un fois qu'on y est bien posé. Ouais, comme un foutu pique-nique.
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