dimanche 13 décembre 2009
Tycho Brahé "Le Temps Qui Passe"
label / Les Disques Normals
distributeur / id.
contact / TB[at]murdochspace
dispo / 1
des mots // du son
Tycho Brahé, alias Geoffroy Seré, avec ce Temps Qui Passe, son dernier opus en date, signé chez les toujours efficaces Disques Normals,
nous offre un (sublime) visage trompeur à l'instar du dessin de sa
(magnifique) pochette qui sous ses faux airs de naïveté enfantine cache
mille détails.
Dans ce disque mélancolique empreint d'une fraîche simplicité se
terrent des compositions savamment ouvragées, une orchestration
sciemment bigarrée entre musique et chanson, impromptus dissonants et
mélodies sucrées, sentiments crus et force de la légèreté.
La voilà donc cette "...Suffocation du monde et l'apparition de la beauté...".
D'alambiqués capharnaüms bricolés main, en climats benoits jamais
niais, on flotte dans cette ambivalence comme sur un nuage qui
gratterait dans le cou par endroit, chatouillerait chaleureusement de
l'autre.
Évasif comme un conte de fée qui finirait pas trop bien, intrusif comme
une histoire lue à l'envers au chevet d'un pote malade, la musique de Tycho Brahé emplit l'espace de fortes odeurs malgré tout agréables, ensorcelantes même, qui spontanément sauvent la vie. Merci l'ami !
(retrouvez cette chronique chez nos amis de Live In Marseille)
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Sortir de l'hiver
envoyé par joloizeau. - Regardez d'autres vidéos de musique.
lundi 30 novembre 2009
Amazigh Kateb "Marchez Noir"
label / Iris Music
distributeur / id.
contact / AK[at]murdochspace
dispo / 1
des mots // du son
Amazigh Kateb, ex-Gnawa Diffusion revient aux affaires avec ce premier album solo Marchez Noir. Un disque doux amer où il reprend des textes de son père Kateb Yacine. Un disque qui frappe fort, comme un cœur bat la chamade, comme le manifestant scande ses slogans revendicateur.
A ce titre, cet album est sorti le dix-sept octobre, date de triste
histoire célébrant le souvenir des martyrs de Paris, quarante-huit ans
après les sanglants évènements qui virent la police française balancer
à la Seine des innocents travailleurs immigrés algériens en proie à
l'époque (!) à une ségrégation de tous les instants. Je ne peux que
vous conseiller à ce sujet de regarder attentivement Vivre Au Paradis, film au combien évocateur de Bourlem Guerdjou relatant ces sinistres évènements. Si le film de Guerdjou est criant de vérité, Amazigh
lui non plus ne mâche pas ses mots, et la révolte à fleur de peau
s'approche sur ses propres titres de la force poétique de son père.
"...Une Algérie se meurt dans une autre en train de naître..."
Marchez Noir n'est cependant pas une œuvre sombre, elle sait
nous ménager des temps de saine respiration tout en regorgeant
d'espoir. Un espoir certes empli d'incertitudes mais aussi d'une
incommensurable volonté d'en finir avec cette irrespect patent chez nos
puissants décideurs.
On retrouve évidemment en appui de tout ça, la patte "gnawa", ces
résurgences africaines qui ne peuvent que marquer les esprits,
tellement ces textes déjà forts de leur mots lourds de tant d'à propos,
frappent profondément nos sens et pansent nos maux, sous l'impulsion de
cette musique magique.
Transe cathartique et sortie de crise en chanson, debout et revanchard
malgré l'indignation face aux droits bafoués à travers le globe et la
dignité humaine conchiée un peu partout , ici comme ailleurs, sans que
rien ne bouge vraiment.
"...Chantes avec moi, chantons pour ceux qui ne veulent pas marcher au pas..."
Comment être plus clair ?
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dimanche 15 novembre 2009
Vendeurs d'Enclumes "Bonheur d'Occasion"
label / Macabane
distributeur / id.
contact / VE[at]murdochspace
dispo / 1
des mots // du son
Les Vendeurs d'Enclumes sont des vieilles connaissances, de ce temps où nous nous vivions à l'Est. Nous les avions débusqués au détour d'un Châlon dans la rue de toute clarté, où ils avaient maintes et maintes mèches, assurant un show bouillant, monstrueusement enivrant et enivré.
Depuis on ne s'est plus jamais quitté, du moins en ce qui nous concerne. Et ce jusqu'à aujourd'hui et ce Bonheur d'Occasion avec son lot de "chansons maximalistes" comme ils aiment à les définir.
Jazz-rock endiablé, texte d'arraché, un amalgame magique, une classe
magistrale. En toute subjectivité ces gens sont magnifiques.
Funambulesques tirades, la rage au ventre, pulsations de vie, de survie même, viscères en berne, la folie pas loin, ce sextet donne à voir et à entendre ces choses que très peu sont capables de générer : beauté et spleen, colère et poésie, prose et overdose de sensation. Les Vendeurs d'Enclumes n'ont que leur art à offrir, et s'il est brut, ce n'est que de décoffrage, la force d'être vrai, sincère oui voilà !!
On ne va pas se priver pour vous poussez à consommer ce genre de jaja, du grand cru, velouté, la cuisse ferme qui vous grise sans retard, vous défonce la calebasse. Faites tourner Messieurs Mesdames, laissez venir les Vendeurs d'Enclumes, laissez les passer vos murs, votre porte.
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interview vendeurs d'enclumes
par vendeursdenclumes
lundi 12 octobre 2009
Rivkah "Second"
distributeur / autodistro
contact / R[at]murdochspace.com
dispo / 1
des mots // du son
Septembre, la pluie ne tombe pas tout à
fait...et je me souviens, cette enveloppe fuchsia, "Promenant nos
Chiens", une gageure ? Mon cœur qui bat, en dedans mais fort, toum,
toum ! Dehors ces fleurs encore là, qui tendent leurs bras étiolés; et
ces chansons étoilés de mélancolie, qu'on peine à voir
s'éteindre...oui, le disque est fini, et cette question : "A quand nos
retrouvailles ?"
Septembre, la pluie dégringole, défonce le plafond, la vache, ça pisse
dehors ! Une enveloppe rose saumon cette fois...les fleurs sont fanées,
heureusement le temps s'est bien passé et revoilà Rivkah, son Second
tout prêt, tout frais. Quelle attente ! Et pour tous ceux qui en
croqueront, des notes de piano légères, du banjo, des cuivres et cette
voix comme décuplée par sa poésie, cette force de cristal, qui nous
raconte l'amitié, la vieillesse, la vie et nous apprend - était-ce déjà
écrit - que nous n'aurons plus besoin d'été ...Bordel, mais...la Rivkah est revenue !
Septembre est plus que là, les flaques elles, plus tellement...séchées.
Les larmes coulées dans mon café presque aussi. Drôle de sensation, de
toucher comme ça la beauté , la grâce d'un instant , le sommet de la
colline qui de sa hauteur vous embrasse, vous embrase le cortex comme
la foudre vous file des coups.
Franchement on voudrait être le seul à
marcher à côté de ces sons, garder comme un secret , ce folk de prose qui s'impose, là où ça
cogne et ailleurs, s'y ancrer à en couler, et avant de sombrer, écrire
pour vous dire : "Rivkah
est différente, un de ces joyaux qui vous retournent la vie, vous
mettent le pas de vis tout zize...à chaque fois , mais n'y posez pas
une oreille, pas la peine, elle n'est pas pour vous".
Mais ça, ce serait trop moche, franchement on n'est pas comme ça ! Allez, Fonces, ma (mon) pote !
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vendredi 17 juillet 2009
Monsieur Roux "Un Eté Caniculaire"
label / Riches & Cons Prod.
distributeur / Universal Music
contact / MRoux[at]murdochspace.com
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des mots // du son
Monsieur Roux est de retour avec les treize titres de cet Eté Caniculaire, quatre ans après Ah, Si J'étais Grand Et Beau. Accompagné de la même troupe, on retrouve un "Rouquin" toujours aussi caustique et critique. Rien n'y personne n'y échappera.
Au programme des hostilités de ce deuxième opus, le vote utile, Sarko, les vieux, le temps qui fait son œuvre...Une palanquée de thèmes ressassés depuis belle lurette par la chanson française dite à textes.
Seulement voilà, là , le mauvais esprit l'emporte sur le consensus mou, le fiel et l'ironie instillés par cette bande de malfrats irrévérencieux sauvant le tout d'une monotonie certaine.
En somme, c'est drôle, bien envoyé - dans la gueule le plus souvent - et il faut bien l'admettre hyper chiadé et diversifié en terme de production et d'instrumentation (le boulot de Bruno Green aux manettes y est surement pour quelque chose). Comme du Fersen qui ne serait plus en roue libre, du Renan Luce qui aurait arrêté les sucrettes.
Et oui, l'été s'ra chaud !
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samedi 16 mai 2009
Jessie Kilguss "Nocturnal Drifter"
label / Exotic Bird Rds
distributeur / Import
contact / JK[at]murdochspace.com
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La New-yorkaise Jessie Kilguss connait bien la chanson. Les plateaux de cinéma et de théâtre aussi.
Elle y a croisé Daniel Day Lewis et Wynona Ryder dans un film de Nicholas Hytner , La Chasse Aux Sorcières (adaptation du roman d'Arthur Miller, The Crucible), mais aussi Marianne Faithfull dans le Black Rider du trio infernal Wilson/Waits/Burroughs.
Jouant à cette époque les seconds rôles, ce n'est que plus récemment
que cette fille de Brooklyn débarque au premier plan pour y défendre
bec et ongles sa musique, troquant ainsi ses rêves d'actrice pour ceux
de chanteuse.
Nocturnal Drifter est son deuxième album, sombre et sensuel à la
fois. Ces arrangements luxuriants, saupoudrés de gimmicks électroniques
ne laissaient pourtant rien présager de transcendant. Après quelques
écoutes, dévoilant crescendo toute la palette explorée par l'artiste,
c'est sans scrupules qu'on revoit notre jugement à la hausse.
Difficile d'en faire autrement quand à l'autre bout de l'écouteur une
personne à la voix grave et assurée vous livre en vrac le fond de ses
pensées intimes, sur le long déroulement du fil de sa vie. Le tout sans
aucune putasserie, avec un sens de la retenue et un à-propos très
troublant. Ainsi, on entendra Miss Kilguss
se faire tour à tour charmeuse, obsédante, inquiétante, théâtrale (trop
par endroit) et on le sent sincère. Bah, oui, rien que ça !
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mercredi 3 septembre 2008
Zita Swoon "Big Blueville"
label / Chikaree Records
distributeur / Discograph
contact / myspace.com/zitaswoon
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Big City, précédent album de Zita Swoon, embourbé dans le circuit discographique du Plat Pays, ne serait pas assez bon pour le marché français. Quand on sent les effluves nauséabondes qui émanent parfois des disquaires du coin, ça fait de prime abord un brin flipper. Les aprioris musicaux n'étant pas trop la couleur locale par chez nous, ajouté à ça, la volonté du groupe d'Anvers d'être écouté par le plus grand nombre et voilà Big Blueville, 9° production du combo belge, qui débarque. Enfin...dira-t-on.
Des reprises retravaillées en profondeur, issues donc de Big City (Miossec met sa patte sur les 4 titres chantés en français, juste retour des choses quand on voit le travail fait par Stefen Kamil Carlens sur le dernier opus du Brestois) mais aussi des titres tout frais (l'endiablé Josieanna et le folk chaloupé de Quand Même Content). Tantôt rock (le très Rythm'n'Blues Everything Is Not The Same), tantôt pop (le suave Give Up The Hero ou Lookin For A Friend et ses choeurs soulfull), voire reggae (l'engagé People Can't Stand The Truth, le plus drôle Je Range), ska ( I Feel Alive In The City bien groovy) ou carrément blues (le nonchalant et superbement écrit L'opaque Paradis), ces 10 titres ratissent large, et mettent pour ainsi dire à chaque fois dans le mille.
Cette Big Blueville baigne en fait dans une atmosphère on ne peut plus positive et chaleureuse, une cité où l'amitié et l'ouverture d'esprit seraient des valeurs gravées dans le marbre, au fronton des maisons. Un sacré bled, quoi !
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