dimanche 15 novembre 2009
Thunderheist "s/t"
label / Big Dada
distributeur / PIAS
contact / T[at]murdochspace
dispo / 1
des mots // du son
Thunderheist aura fait une grosse sensation avec cet album éponyme d'électro hip-hop hypra sexy. Formé d'Isis et Gramhzilla, ce duo n'a pas hésité un instant à noyer sa musique déjà excessivement dansante dans un bouillon de riffs funky et disco. Si ça peut enflammer un dance floor, autant en mettre trois couches.
Efficaces au possible, ces deux-là remettent à leur sauce quelques combines certes déjà bien éculées mais avec un tel allant et il faut le dire un sens du hit remarquable qu'on passera sur les comparaisons et le référencement name-droppé. Production racée, refrains invasifs, grosses basses bien grasses et rythmiques hypnotisantes. Emballé c'est pesé...Vous ne devrez pas vous en relever de si tôt.
Isis, arrive de Toronto, après soit dit en passant, avoir fait ses armes de rappeuse auprès du légendaire Kool Herc, rien que ça. Montréal est le fief de Graham et c'est presque par hasard que ces deux-là finissent par s'acoquiner.
Pour la petite histoire, Graham faisait tourner Thunderheist tout seul dans son coin et commençait à chercher un second souffle. C'est par mégarde - envoi de fichiers sur la Toile impromptu - que les tracks de l'album en cours atterrissent dans l'escarcelle de la belle. Sans trop se poser de questions, voire pas du tout, pas le style de la maison, elle y pose sa voix et en deux clic lui retourne la monnaie de sa pièce, avec les intérêts.
Grand bien lui en a pris, deux mois plus tard nos deux loustics signent sur le prestigieux label briton Big Dada, la subdivision Hip-Hop de Ninja Tune.
Pas avares en bons mots, Isis et Graham revendiquent un sourire en coin leur place au Paradis, cet endroit où la tigresse pourrait emballer Jésus pendant que Mahomet ferait du breakdance et que Buddah tiendrait le bar. Les Thunderheist sont comme ça, spirituellement libérés, décontractés du gland, grosse marrade et tout et tout... Ouais bon on va pas chipoter, hein !
(retrouvez cette chronique chez nos amis de Live In Marseille)
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mardi 21 avril 2009
Mr Oizo "Lambs Anger"
distributeur / Because Music
contact / oizo[at]murdochspace.com
dispo / 1
des mots // du son
Effrayant ! Enragé ! Audacieux ! Surprenant !
Petit prolongement en mots de ce que l'écoute du nouveau Quentin Dupieux a pu générer comme attributs. Et tentative de démarrer ce billet comme ce Lambs Anger est mis à feu : la rage et l'envie de changement chevillée au corps avec en sus une irrépressible envie d'arpenter le dance floor de long en large et en travers. Surtout en travers.
Voila en effet une sortie qui galvanise les foules - comme souvent avec celles de ce drôle d'Oizo - mais pour une fois pas seulement pour ce qu'elle dit (un message qui a d'ailleurs évolué depuis Analog Worms Attack) mais aussi par la démarche kamikaze de son auteur qui, crame toutes les règles d'usage éthique et stylistique - une signature sur Ed Banger, ah bravo ! - et fait ce que bon nombre d'artistes oublient souvent : s'abîmer sans calcul, se jeter sans filet et pousser leur démarche au bout. Du coup enfin, il se passe vraiment un truc de consistant chez Pedro (on a bien eu Nil mais se fut si bref!), un petit quelque chose qui nous emmène plus
loin, nous détache des gimmicks électros ressassés sur ce label et ses
tracklists estampillés par le syndic de la hype. Quelque chose qui
semble dictée de la pensée, en l'absence de tout contrôle raisonné, en
dehors de toute préoccupation esthétique ou morale. Surréaliste c'est
ça !
Une comparaison qui dépasse largement le cadre de la référence
picturale (la jaquette qui transpose Flat Eric dans cette scène
d'ouverture terrible du Chien Andalou de Dali et Buñuel où la jeune femme se fait trancher l'œil au rasoir), qui ici ne sert véritablement que d'introduction à ce cadavre exquis musical, funky et massif, qu'est Lambs Anger.
Dix sept titres qui pris indépendamment ratissent larges et dans toutes les directions (avec quelques featurings dont la surprenante Uffie qui fait sa M.I.A. sur le bancal et pas dégueu Steroids) mais qui globalement forment un tout où le second degré et une certaine gravité font bon ménage. Ce faisant, c'est autant d'approches possibles que de morceaux qui s'offrent à l'auditeur qui ne manquera pas d'être fasciné par cette excessive diversité, comme à une époque il fut désarçonné, et pour certain charmé, par les sons terribles que Dupieux sortait de ses machines.
Les temps changent, alors pourquoi pas lui ? La mutation est alléchante et finalement plutôt en douceur. Pour des titres qui tirent nos esgourdes vers les 80's (Two Takes), la poésie Dada (Lars Von Sen) en passant par l'electric-boogie pour sombrer corps et bien dans une rave chaotique comme un épisode de Die Hard (Bruce Willis Is Dead) ou un cauchemard de série Z (Blind Concerto), on retrouve quelques sessions bruitistes écorchées bien effrayantes (pour les nostalgiques de Moustache, W ou le titre éponyme). Et dans chacun d'eux toujours en filigrane ce zeste de folie - un caillou dans la godasse - qui, on le sait, fera qu'à un moment la danse se fera en crabe.
Ce troisième opus est un disque remuant qui finira par vous ébranler sur vos positions. Pro ou anti, enthousiaste ou déçu, cette générosité parfois outrancière (Positif, courte logorrhée d'insultes et de menaces sur beats foutraques, peut-être une charge contre la revue de ciné du même nom qui aurait descendu son film Steak, qui sait ?) et cette façon de récapituler son œuvre, de dire son fait tout en proférant ses amitiés, ses modèles (le funk, le surréalisme...), dans un seul mouvement qui pourrait tout aussi bien en être une myriade, tout ça ne vous laissera pas indifférent. Pari tenu ?
(retrouvez cette chronique chez nos amis de dMute)
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mardi 31 mars 2009
Abraxxxas "Electron[s]"
label / IOT Rds
distributeur / id.
contact / Abrax[at]murdochspace.com
dispo / 1
des mots // du son
Abraxxxas revient après trois ans d'absence, du moins des bacs, avec son deuxième opus, signé chez les géniaux IOT records, label marseillais de qualité (jetez une oreille à leur Mongolia Expedisound, road trip musical ramené des steppes, remarquable).
Variant les plaisirs, notre MC part une fois encore au combat avec
cette fois-ci une armada de quatorze producteurs - rien que ça - et
quelques featurings de qualité dont entre autres, l'exalté Nikkfurie de La Caution (dont on attend le prochain Lp avec impatience).
Le résultat ce sont les seize titres d'Elektron[s],
entre rap, drum'n'bass et dubstep . Un rendu brut de décoffrage,
conscient et rugueux comme on aime. Il faut dire que l'expérience du
lascar n'est pas innocente dans les choix et l'approche privilégié ici.
Une décennie d'activisme à écumer les scènes hip-hop bien entendu, mais
aussi les teknivals et autres free partys du globe sont effectivement
une bonne base d'inspiration et d'influences.
En donnant cette couleur foncièrement électro et fortement politique à son disque, Abraxxxas
fait preuve d'un certain détachement quant au nombrilisme latent du
rap, une distance prise en tant qu'artiste qui en fait un personnage à
part. Chose tout à fait saugrenu quand on sait d'où ce mouvement prend
sa source.
Mais plutôt que de vous refaire un cours de géopolitique rapologique,
on vous conseille de vous plonger dans cet album sans fioriture ni pose
stylistique, puis d'écouter le bonhomme et sa rage - cette"colère
créatrice" qui collectivement soulèvera un jour les monceaux d'ordures
et d'injustice qui nous enserrent. Lui y croit, et nous donne envie
d'en faire autant.
Carton plein !
samedi 8 novembre 2008
Flying Lotus "Los Angeles"
distributeur / Id.
contact / FlyLo[at]murdochspace
dispo / 1
des mots // du son
A titre préventif, histoire d'avertir l'auditeur, sachez que quiconque traverserait sans prendre le temps de flâner, cet espace sonore agencé par l'homme que l'on nomme Flying Lotus, prendrait le risque d'en ressortir sans rien avoir perçu des splendeurs, pourtant conséquentes, qui le jonchent. En clair, les frappés du flash de la première écoute devront se rendre à l'évidence et se faire quelque peu violence, Los Angeles est de ces albums foisonnants qui se gagnent avec volonté, se méritent en somme, mais qui savent rendre sans compter le peu de temps qu'on leur aura concédé.
Mais attention, ne pas prendre Mr Elison pour le Kiloutou du beat. Non, chez lui on ne trouve pas de tout. Pas de ligne mélodique bien caractéristique auquel se rattacher, encore moins de gimmick fédérateur, ni de featuring goguenard et surtout pas de tour de force intempestif (même si le rocambolesque Riot exagère un peu). Plutôt une atmosphère de fin de nuit, moite et touffue, nimbant une ville que l'on situe difficilement sur Terre, l'ensemble installé par une science terrifiante de la boucle, shootée aux sub-bass, à la fois singulière et exigeante, tout du moins suffisamment pour parvenir à charmer sans donner l'impression d'essayer de le faire.
Pour la plupart de ces 17 vignettes urbaines foutrement collantes, gluantes même, l'élégance générale reste de mise (ces voix soul sur Testament et Auntie's Lock), la rigueur de la production et la variété des pistes explorées par notre beatmaker en remettant une bonne couche : rythmes tribaux et percussifs s'emboîtant à des sonorités martiennes, mi-animales mi-mécaniques, dans une ambiance psychotropicale ravageuse qu'on n'a rarement sentie aussi parfumée (l'enchainement de GNG BNG et Parisian Goldfish exsude à plein tube, la bonne "tête" aux pistils gironds).
Au-delà d'agiter exclusivement le spectre du promeneur solitaire trainant son ombre dans la mégalopole - on ne peut renier l'énorme plaisir pris à zoner avec ce son dans les oreilles - Los Angeles reflète à merveille, et par dessus tout, la folie douce qui semble habiter Fly Lo'. Et si cette dernière peut désarçonner jusqu'à l'embarras (le temps d'un Robertaflack bravache certes, mais franchement fatigant), elle génère de bons moments de prise de pied neuronale (Auntie's Harp et ses percussions hypnotiques est tout bonnement incroyable ).
Inutile de préciser qu'on se situe là, à mille bornes au-dessus du sol. On ne met pas non plus deux plombes à percuter qu'en fin de compte Flying Lotus n'habite plus vraiment la Cité des Anges et que ce n'est plus depuis le pavé tant de fois arpenté qu'il s'adresse à elle, mais bien là-haut, avec vue panoramique sur ses atours galopants et ramifiées, comme cette musique sait l'être. Tentaculaire et haut perchée, dans les étoiles exactement.
(retrouvez cette chronique chez nos amis de dMute)
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Nil "Comme un "Presque" Printemps"
label / Gourmets Recordingz
distributeur / Because
contact / nil[at]murdochspace
dispo / 1
des mots // du son
4 ans, bordel. Oui, 1461 jours à attendre depuis le Mini Mini Ep, pour à peine plus de 17 minutes de sons. Ok, il y avait le Murdochspace mais franchement, M. Hartman, est-ce vraiment sérieux ?
Le gone l'est, pour sûr. Et dès la première écoute de ce Comme Un (Presque) Printemps, pas de doute possible, ça valait le coup de patienter.
4 titres qui débordent sous la déjante, virevoltent dans les bras de mélodies ingénues. Le jeu en valait bien la chandelle, c'est certain maintenant, tant ce disque regorge de surprises, ces belles promesses scandées à nos oreilles, véritables croc en jambes à la musique électronique du XXI° siècle.
On ne peut pas dire que notre Lyonnais respecte ici à la lettre les conventions autocratiques du beat hype, ce que sa signature chez le père Pedro pouvait laisser présager. Apparemment dédouané de toute tutelle artistique (à écouter l'edit du taulier Busy P on peut même dire que l'arpète en impose au patron), Nil laisse librement transpirer, dans les interstices de cet Ep, des zestes d'humanité, (l'introductif et sans fioritures Comme Un Printemps, percutant et inquiet, entre house triviale et spleen aérien), une pointe de fragilité qui met le dance-floor, et ses parangons du bon goût, au gabarit (le très vicelard Je Tourne En Carré cache son jeu et sa joie à merveille, ludique et efficace).
La déconstruction numérique n'est donc plus une fin en soi, un outil plutôt. Lui l'a compris et nous propose là une autre manière de concevoir l'électro, devenant plus que le énième rookie du mois, le futur ambassadeur de nos charts les plus dingues. Il faut le voir, comme possédé sur scène, hypnotiser (par) son monome. Il faut l'imaginer en parallèle, incruster aux rythmiques revêches d'une fête portée par un son massif (sa marque de fabrique), des fragments bruts de mélopées faussement naïves, burinées à la mélancolie (Ma Disconica et ses claviers en embuscade, l'arrogance du "hit" et l'âme en orbite, imparable !).
Vignettes encartées entre clubbing et rêveries solitaires, cette musique vous donnera à rire, pleurer, danser, c'est une certitude.
Petit conseil tout de même, ne soyez pas surpris de retrouver, un de ces quatre, votre cœur sur votre pied. C'est Nil qui vous l'avait volé. Juste retour des choses, non ?
(retrouvez cette chronique chez nos amis de dMute )
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Nil - Ma Disconica (Monome Live Rmx) from nil on Vimeo.
mardi 14 octobre 2008
Ghislain Poirier "No Ground Under"
label / Ninja Tune
distributeur / PIAS
contact / GP[at]murdochspace
dispo / 1
des mots // du son
Il va falloir se faire une raison, le Poirier d'antan, tendance minimale "sous le manguier" n'est plus d'actualité. A travers sa période mash-up (les volumes intrépides de Bounce le Remix), on sentait déjà poindre chez lui une grosse envie de s'émanciper de ce circuit. Un single (Blazin) issu de No Ground Under et une signature chez Ninja Tune plus tard et le clou était bien enfoncé.
Envolées les productions cérébrales qui firent les beaux jours des labels 12k ou Intr-Version, évanouies en échange d'un son plus "global", ethnique et percussif, farci de featurings en tout genre, de ses dispensables compatriotes Omnikrom au toaster Abdominal en passant par Dj Nétik et le MC Face-T de la Kulcha Connection.
Surprenant. Mais pas dégueux. Plutôt clairvoyant et aguicheur en fait. Quand tant de ses conscrits sont encore occupés à décaper les dernières croûtes des méandres les plus sombres de la musique électronique, lui décide de se jeter dans le bouillon de la Soca, de prendre à coup de tatanes crunks la termitière Dancehall et de sauter à pieds joints dans le marigot Hip-Hop. Tout ça dans le même album, avec le risque en gesticulant de la sorte de s'en foutre jusqu'aux oreilles et de tout dégueulasser aux alentours. Disons que sur ce coup, Ghislain limite à peu près la crasse. Fidèle à sa quête du "gros Beat", chantre du tout azymuth comme de l'éclectisme, il n'hésite pas à truffer ses morceaux typés de lourdes basses (l'ensorcelant Mangnen L'Boule avec Nyk Myo au chant créole), entrelardant le tout de plages électroniques plus inquiétantes et perverses (le tribal One Hand Can't Clap), toujours rentre-dedans. Du bounce à tous les étages. Mais du sophistiqué.
Voilà donc quatorze titres souvent entrainants (Go Ballistic), jusqu'à la saine fatigue (l'excellent Ladies & Gentlemen) ou la nausée (Jusqu'en haut, burps !). Un album de fête qui fait certes transpirer mais au final, suinte aussi pas mal, comme dégorgeant d'un trop plein de gras (le ragga de Zulu sur No More Blood est dur à digérer), là où l'objectif était d'en brûler un maximum, histoire de continuer d'avancer. Et là malheureusement, par moment, on stagne un brin (les intéressants Hit & Red ou It's War, War, War, réminiscences electronica n'apportent effectivement pas grand chose au débat). Cette indécrottable innocence, faite de gouaille et de franche camaraderie, qui semble nous dire qu'on doit pouvoir continuer de s'éclater tout en restant sur la brèche, curieux et concerné, n'y change rien. Comme il ne suffit plus de poser des intitulés à résonance "consciente" pour faire d'un morceau - tout aussi génial soit-il (Diaspora l'est vraiment) - le vecteur d'un message révolutionnaire.
Une fois passé le dégraissage par le filtre des écoutes multiples, on capte bien où se situe le cœur de la démarche. Difficile d'ailleurs de ne pas adhérer. Proposer ainsi le fruit de son inspiration, en se réclamant d'une bonne ripaille et de l'ouverture au monde, est on ne peut plus louable. Autant que de vouloir la faire partager et l'exprimer avec conviction et maîtrise (le travail de production autour des voix notamment est remarquable) dans un état d'esprit que l'on sent spontané, dans l'instant, passager presque. Un peu comme le notre face à cette nouvelle sortie qui reste un bon moment, séduisant et sincère, éphémère et sans suite.
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mercredi 30 juillet 2008
Santogold "Top Ranking : A Diplo Dub"
label / Mad Decent
distributeur / id.
contact / www.maddecent.com/blog
dispo / 1
des mots // du son
Quand certains artistes se reposent entre deux sorties d'album, d'autres crochent dedans et n'arrêtent pour ainsi dire jamais. Un cas d'école, l'hyper active Santogold et Diplo, producteur "élucubriste" (un néologisme qui ne se comprend qu'après avoir plongé dans la vertigineuse discographie de ce trublion des consoles et notamment le live funambule survitaminé fait pour le label londonien Fabric, monstrueux!). Ces deux énergumènes s'associent en effet, entre préparation d'albums et tournées mondiales, sur une mixtape luxuriante, porteuse de belles promesses d'avenir.
Entre remixes de quelques titres de la belle Santi White (un L.E.S. Artistes surprenant) entrelacés d'extraits de morceaux mythiques comme le Save Me d'Aretha Franklin, le 007 de Desmond Dekker en passant par Be Stiff de Devo ou encore le salace Late Night des rappeurs de Three 6 Mafia (v'là le grand écart !), la jeune diablesse, assurée par la production hypra rugueuse de Diplo, trouve encore le moyen de se jeter dans une reprise du Clash (Guns of Brixton rebaptisé pour l'occasion Gunz of Brooklyn, Strummer aurait adoré), d'enchaîner un duo avec une autre passionaria, la survoltée M.I.A. (Get It Up tribal à souhait) et de se payer la gaufre d'une incursion dubstep au côté d'un de ses plus fervents représentants, le génialissime Benga (écoutez son Diary Of An African Warrior, un sommet du genre). Etourdissant !!
En clair, Top Ranking : A Diplo Dub c'est plus d'une heure d'une mixture sonore multicolore, dansante et euphorisante au possible, qui finit largement plus loin que son point de départ (une conclusion en "ghost-track" dont je ne déflorerai pas le contenu mais qui vaut, je vous l'assure, son pesant de décibels...ouch !!!). Un pur moment d'exaltation. De la jouissance en barre, j'vous dis que ça.
(Détail de la playlist là pour vous mettre l'eau à la bouche)
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jeudi 17 juillet 2008
Raoul Sinier "Brain Kitchen"
label / Ad Noiseam
distributeur / Id.
contact / myspace.com/raoulsinier
dispo / 1
des mots / du son
Alors, je sais, on va nous dire qu'on débloque, qu'on rabâche avec Raoul Sinier, mais voilà, les faits sont là, encore une incroyable tripotée de morceaux issus du crâne probablement fêlé de cet artiste insatiable.
Brain Kitchen , 3° long format, annoncé il y a quelques mois en grande pompe par le radis samouraï, est effectivement au rendez-vous. Toujours épaulé par son impressionnante armada de machines masochistes - depuis le temps qu'il tire dessus, franchement comment en douter - Raoul poursuit ses expérimentations sombres et souterraines avec au résultat, ces 14 titres aussi étranges qu'attachants. Oui, attachants, mais plutôt comme des sutures.
Dans l'ensemble, plus intrusifs et moins introspectifs que ne le laissaient entendre les dernières livraisons, ce disque ne s'écoutera pas pour autant tranquillement en groupe. Même si l'idée, peut-être un brin périlleuse dans sa mise en œuvre, n'est pas aussi saugrenue qu'il n'y parait. Bien sûr, un public averti s'y retrouvera plus facilement, c'est évident ; cependant rien n'empêchera quelques novices en ligatures électro-glitch d'être pris des même balancements de tête, d'avant en arrière, entre plénitude autiste et pulsion épileptique.
Initiés et débutants réunis dans la même expectative, celle de révélations qui, bizarrement, ne se produisent jamais. C'est là un des vices de Sinier, titiller par morceaux interposés les synapses, tournebouler les araignées au plafond des psychés sans promesses de réponses à la clé. Histoire que rien ne vienne entraver l'envie de réécouter, qu'il ne reste que celle d'y retourner.
Une posture pour l'auditeur tenue de bout en bout de cet opus qui, tantôt torve (le louche 256) et grouillant (le poisseux Ants Mayhem), parfois aérien (le gothique Brain Kitchen tout droit sorti d'un film de la Hammer) et surtout contondant (courbatures aux tympans assurées avec l'enchaînement Solid Flesh et son camouflage jazzy associé à la castagne de The Incredible Spitting Machine), démarre de la plus pugnace, mais attendue, des manières.
En effet, après une ouverture bien ancrée sur des positions qui depuis Two Heads Ep. nous sont familières (le breakbeat de Listen Chose comme le groove vénéneux de King Frog), Brain Kitchen finit par très rapidement armer une descente vertigineuse dans les méandres d'un cerveau qu'on sent rompu à l'exercice, battant au rythme effréné de 1000 idées à la minute.
De l'électro hybride entre IDM et sonorités hip-hop - c'est immanquable, c'est écrit dessus - assombrie de distorsions et de claviers stridents autant que lacérés, immédiate comme elle l'était sur Wxfdswxc2, la musique de Sinier se fait plus insidieuse, n'attendant plus les échéances de sortie discographique pour muter. Aujourd'hui c'est à l'échelle de chaque morceau qu'elle se transforme, rendant obsolète les idées même de "structure" ou de "concept".
Loin de toute tentative d'intellectualiser son approche (rappelez-vous il en est allergique) - ce qui n'empêche évidemment pas que tout ça garde un aspect réfléchi et prémédité remarquable - c'est en mettant l'accent sur l'éclectisme (Stone Pills est déroutant de revirement, chausse-trappe et autres coups fourrés soniques) et l'acuité rythmique (servie par un production d'une précision effrayante d'efficacité) que l'ex-Ra crée une nouvelle fois la surprise, nous donnant des raisons supplémentaires de croire qu'il devient essentiel que cette démarche fasse école, et pour cela, que beaucoup plus d'oreilles puissent gouter cet univers sonore si particulier (oui, Ad Noiseam a bel et bien du pain sur la planche !).
Et qui sait, peut-être qu'un jour tous les apprentis alchimistes, Dr Frankenstein et Golem du bleep, mieux que de taper dans la facilité et ses plats réchauffés, rejoindront cette "cuisine du bulbe" où, entre singularité et prise de risque constante, le Grand Chef Sinier a d'ores et déjà prouvé, qu'on pouvait vivre et créer, si ce n'est en symbiose, du moins en bonne intelligence, avec ses idées noires.
(retrouvez cette chronique chez nos amis de dMute )
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Raoul Sinier - Brain Kitchen
envoyé par Ra
jeudi 10 juillet 2008
Dark Captain, Light Captain "Circles"lk,
fo
label / LOaf Recordings
distributeur / id.
contact / DCLC[at]murdochspace.com
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Deuxième Ep des mystérieux anglais de Dark Captain, Light Captain
(D.C.L.C.), signé chez les toujours très pointus L-O-A-F Recordings, Circles voit,
entre autres, le renfort du batteur Chin Keeler (Quickspace) amplifier la portée de
leur électro-folk.
Plus musclée mais toujours aussi solaire, leur
musique, à l'appui de cette nouvelle rythmique, se laisse effleurer de
quelques voix fragiles et retenues, ensorcelant de prenants arpèges de
guitares.
Langoureusement psychédéliques, ces morceaux sont comme des chausse-
trappes, ambivalents et secrets, tordus même, pulsant par moment comme
du Can (ce batteur, vraiment !), sonnant souvent comme du Tunng ou du
King Of Convenience. On aura vu pire comme casseroles à se trimballer.
Acides et bucoliques, ces quatre titres arrivent donc à point nommé,
histoire de nous faire patienter jusqu'à l'arrivée d'un été qui ne
cesse de se faire attendre. Autant de bonnes augures pour Miracle
Kicker, l'album à venir en Octobre. A suivre assurément.
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