mardi 24 novembre 2009
Mathieu Donarier Trio "Live Forms"
label / Yolk records
distributeur / Id.
contact / MDT[at]murdochspace
dispo / 1
des mots // du son
Mathieu Donarier trio sort Live Forms chez Yolk Records (Le Gros Cube, le duo Donarier-Renou) . Voilà un bon moment que ces gars nous gâtent de leur musique ambitieuse.
Ces grands techniciens, artistes aux volontés créatrices exacerbées,
poussent dans ses retranchements un art des plus singuliers. Une fois
encore l'impatience est de rigueur chez l'auditeur. Que nous ont-ils
donc concocté ?
Donarier aux sax et clarinette,Manu Codjia à la gratte électrique et Joe Quitzke
à la batterie. Une belle combinaison au service de titres denses, et
malgré tout emplis d'une légèreté sans fard, pris sur le fait du
"live".
Croquant les traits d'un horizon sonore en constant équilibre, les
prises d'initiatives des uns débloquant les accompagnements des autres
et inversement, chaque interlocuteur a le loisir de changer de
vocabulaire, et toute la latitude de varier son discours.
C'est ce vent de libre échange, mis au service de compos originales ou de reprises (Brassens, Trénet et une excellente version de Gnosienne n°3 de Satie)
qui révèle une magnifique symbiose, où l'équivoque et les atermoiements
n'ont plus droit de citer. C'est là tout ce qui forge la puissance de
ce Live Forms qui n'en manquent absolument pas. Vivement la suite.
(retrouvez cette chronique chez nos amis de Live In Marseille)
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vendredi 20 novembre 2009
La Danse Du Chien "Black Painted Bones"
label / La Niche
distributeur / Harmonia Mundi
contact / DDC[at]murdochspace
dispo / 1
des mots // du son
La Danse Du Chien, n'en manque pas ...de chien. Remontés comme des pendules, ces cinq là n'ont plus rien à envier à leurs aînés et mentors Tom Waits ou Robert Johnson.
Esprit vintage, ambiance cinématographique sépia, ils nous larguent
dans le New York des années trente, au milieu de malfrats, travelos et
autres tapins à œil de verres. Véritables phénomènes de foire, leur
"Jazz Punk Circus" comme il aime à le définir est de beauté, une beauté
crasse, faite de sueurs, d'incantation, de vocifération, de pulsions
incontrôlées et incontrôlables, débordements de tension explosive. Un
bon vieux cocktail qui arrache la gueule et le reste aussi.
Avec ce deuxième album, Black Painted Bones,
et une pochette de disque magnifique de dinguerie déglinguée - une
entrée de stand de foire avec quelques freaks en action devant -, La Danse Du Chien pose son cabaret blues punk dans votre salon.
Féroces comme le Blues Explosion a su l'être, branques comme du Jesus Volt,
ils sont tout bonnement irrésistibles.
Il ne tient désormais qu'à vous
de pousser cette galette sur vos platines, mais méfi on vous aura
prévenu, ça cause dans l'poste là !
N'oubliez pas de pousser les meubles. Et invitez les voisins, diplomatiquement parlant ça ne sera que mieux.
(retrouvez cette chronique chez nos amis de Live In Marseille)
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La danse du chien "Domino"
La Danse Du Chien | MySpace Music Videos
mardi 1 septembre 2009
Gutbucket "A Modest Proposal"
label / Cuneiform Rds
distributeur / Import
contact / Gut[at]myspace.com
dispo / 1
des mots // du son
Gutbucket, groupe de la Grosse Pomme est composé d'un saxophoniste, un guitariste, un bassiste et batteur, et donne dans le jazz-rock tendance bruitiste à la John Zorn pour faire court.
Le quartet sort Modest Proposal, un disque au titre qui bien qu'en en dessous de la vérité, résonne malgré tout plus calmement que les trois précédents (Insomniacs Dream signé chez Knitting Factory Works, Dry Huming The American Dream et Sludge Test chez Cantaloupe Music).
Franchement moins barré que ses prédécesseurs, il faut bien admettre que le rythme s'est ici quelque peu ralenti. Ce qui n'empêche pas que Gutbucket a su garder ce goût mélodique inouï, cette science du break qui frappe.
Les dix morceaux sont pour la plupart de construction identique - mélodie/groove/pétage de plomb sonique - si ce n'est More More Bigger Better Easter With Cheese (ce titre quand même !), embardées Klezmer sur tapis volants punkoïdes qui en milieu d'album fait son petit effet.
Voila donc un joli disque légèrement barré, juste ce qu'il faut pour garder l'attention de l'auditeur bien en place. C'est brillant, bien assis hors des sentiers battus, inclassable et foutrement énergique. En clair, de quoi vous calmer pour un bon petit moment.
(retrouvez cette chronique chez nos amis de Live In Mars')
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lundi 29 juin 2009
Stephane Kerecki Trio "Houria"
label / Zig Zag Territoires
distributeur / Harmonia Mundi
contact / SKT[at]murdochspace.com
dispo / 1
des mots // du son
Le Stephane Kerecki Trio ou une rencontre aux abords du jazz afro-américain. Houria, leur dernière sortie en date est un disque aux sonorités amples, foisonnant de surprises. Si vous aimez les transports musicaux, ceux polyrythmiques du jazz afro-américain. Si vous adorez les embardées de Coltrane, et que les accompagnements harmoniques de pianistes vous gavent, cet album est assurément pour vous.
Un batteur (le redoutable Thomas Grimonprez), un contrebassiste (Kerecki, leader et compositeur de cette formation), associés à deux saxophonistes Matthieu Donarier et membre du triovconnu de nos tablettes et l'invité de classe mondiale l'Américain Tony Malaby (croisé chez Portal, Humair, Haden...). Ces deux derniers alternent alors ténor et soprano suivant les titres et propulsent le groupe de leurs discussions échevelées (le percutant Palabre).
Quand Donarier redouble d'agilité et de finesse, Malaby scande avec force son point de vue, en complémentarité ils échafaudent et explorent sans rien faire d'autre que d'oser combiner, poussés à la roue par un Grimonprez au jeu enlevé et varié. Plus en retrait, tout en pudeur et spontanéité, le meneur Kerecki n'est pas pour autant en reste. Non content de tenir ses troupes avec brio, il laisse courir calmement son goût de l'expérimentation et de l'ouverture (il fallait tenter cette adaptation du O Sacrum Convivium de Messiaen).
Ce trio devenu ainsi pour l'occasion un quartet, respire la connivence et cet album aux couleurs africaines indéniables, qui avance entre improvisation et écriture, en devient exemplaire à ce titre. Juste beau et talentueux.
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mercredi 9 juillet 2008
Le Gros Cube "Polar Mood"
distributeur / Anticraft
contact / groscube[at]murdochspace
dispo / 1
des mots // du son
Ceux qui auraient croisé la route du Gros Cube, ne serait-ce qu'en ayant marqué au slip kangourou, dans ses pérégrinations musicales, le trublion Philippe Katerine, avec qui le combo nantais avait notamment entrepris il y a peu quelques réorchestrations tendance Big Band de ses morceaux, seront sans aucun doute, à l'écoute de ce Polar Mood, définitivement convaincus par les impressionnantes ressources de cet ensemble.
En effet, cette troisième sortie chez Yolk Records de la bande à Alban Darche n'a absolument rien à voir avec le travail foisonnant entrepris avec l'homme en sous-pull rose.
Ici, Le Gros Cube et ses 15 porte-flingues s'insinuent dans l'ombre du film noir et donnent dans l'imagerie musicale bien connotée 70's où, du Cercle Rouge au Samouraï, et bien au-delà du fait que Delon puisse apparaître supportable (un exploit en soi !), les réalisateurs comptaient énormément sur leurs compositeurs de bande-son pour transcender leurs actions en donnant du volume à leurs intrigues.
Avec Polar Mood on est dans l'aridité de la forme au service d'un certain bouillonnement du fond. Des idées, il y en a à gogo dans cet opus, et ce même si des influences comme celles de Delerue restent palpables. Un excellent compromis en fin de compte, entre références et inventions, impro et calcul.
Une belle réussite que cette série noire en 10 chapitres troussés à 30 paluches, intenses comme un suspens de Melville, tendus comme un cran d'arrêt, classes comme un vieux borsalino.
(retrouvez cette chronique chez nos amis de Live In Mars')
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