21 juillet 2008
Maximum Bamboule ...
In The Lab'Bar
Vol. IV
LCD Soundsystem Us & Them extrait de Sound Of Silver
Rumi I Calling I extrait de Hell Me Why ??
Aldo Vanucci Let's Get Down extrait de Straight Lift
Atlas Sound A Ghost Story extrait de Let The Blind lead Those...
Blanche I Can't Sit down extrait de Little Amber Bottles
Oh No Ox Broil extrait de Doctor No's Oxperiment
Machinedrum Yo What Uh Yeh extrait de Half The Battle
The Coral Fireflies extrait de Roots & Echoes
Led Piperz Jewel Of Creation extrait de JFX Bits #1
Electric Six Dance Pattern extrait de I Shall Exterminate Everything Around
Benga Someone 20 extrait de Diary Of An Afro Warrior
Death Cab For Cutie Summer Skin extrait de Plans
Doctor L M. President extrait de Psycho In Da Bus
Omar Souleyman Bashar Ya Habib Al Shaab extrait de Highway To Hassake
Le Tigre Tell You Now extrait de This Island
Jon Spencer Blues Explosion Lovin Machine extrait de Road Trip Soundtrack
Barbara Morgenstern Aus Heiterem Himmel extrait de Ellen Allien Remix Collection
Prefuse 73 Pagina Siete extrait de Reads The Books Ep
17 juillet 2008
Raoul Sinier "Brain Kitchen"
label / Ad Noiseam
distributeur / Id.
contact / myspace.com/raoulsinier
dispo / 1
des mots / du son
Alors, je sais, on va nous dire qu'on débloque, qu'on rabâche avec Raoul Sinier, mais voilà, les faits sont là, encore une incroyable tripotée de morceaux issus du crâne probablement fêlé de cet artiste insatiable.
Brain Kitchen , 3° long format, annoncé il y a quelques mois en grande pompe par le radis samouraï, est effectivement au rendez-vous. Toujours épaulé par son impressionnante armada de machines masochistes - depuis le temps qu'il tire dessus, franchement comment en douter - Raoul poursuit ses expérimentations sombres et souterraines avec au résultat, ces 14 titres aussi étranges qu'attachants. Oui, attachants, mais plutôt comme des sutures.
Dans l'ensemble, plus intrusifs et moins introspectifs que ne le laissaient entendre les dernières livraisons, ce disque ne s'écoutera pas pour autant tranquillement en groupe. Même si l'idée, peut-être un brin périlleuse dans sa mise en œuvre, n'est pas aussi saugrenue qu'il n'y parait. Bien sûr, un public averti s'y retrouvera plus facilement, c'est évident ; cependant rien n'empêchera quelques novices en ligatures électro-glitch d'être pris des même balancements de tête, d'avant en arrière, entre plénitude autiste et pulsion épileptique.
Initiés et débutants réunis dans la même expectative, celle de révélations qui, bizarrement, ne se produisent jamais. C'est là un des vices de Sinier, titiller par morceaux interposés les synapses, tournebouler les araignées au plafond des psychés sans promesses de réponses à la clé. Histoire que rien ne vienne entraver l'envie de réécouter, qu'il ne reste que celle d'y retourner.
Une posture pour l'auditeur tenue de bout en bout de cet opus qui, tantôt torve (le louche 256) et grouillant (le poisseux Ants Mayhem), parfois aérien (le gothique Brain Kitchen tout droit sorti d'un film de la Hammer) et surtout contondant (courbatures aux tympans assurées avec l'enchaînement Solid Flesh et son camouflage jazzy associé à la castagne de The Incredible Spitting Machine), démarre de la plus pugnace, mais attendue, des manières.
En effet, après une ouverture bien ancrée sur des positions qui depuis Two Heads Ep. nous sont familières (le breakbeat de Listen Chose comme le groove vénéneux de King Frog), Brain Kitchen finit par très rapidement armer une descente vertigineuse dans les méandres d'un cerveau qu'on sent rompu à l'exercice, battant au rythme effréné de 1000 idées à la minute.
De l'électro hybride entre IDM et sonorités hip-hop - c'est immanquable, c'est écrit dessus - assombrie de distorsions et de claviers stridents autant que lacérés, immédiate comme elle l'était sur Wxfdswxc2, la musique de Sinier se fait plus insidieuse, n'attendant plus les échéances de sortie discographique pour muter. Aujourd'hui c'est à l'échelle de chaque morceau qu'elle se transforme, rendant obsolète les idées même de "structure" ou de "concept".
Loin de toute tentative d'intellectualiser son approche (rappelez-vous il en est allergique) - ce qui n'empêche évidemment pas que tout ça garde un aspect réfléchi et prémédité remarquable - c'est en mettant l'accent sur l'éclectisme (Stone Pills est déroutant de revirement, chausse-trappe et autres coups fourrés soniques) et l'acuité rythmique (servie par un production d'une précision effrayante d'efficacité) que l'ex-Ra crée une nouvelle fois la surprise, nous donnant des raisons supplémentaires de croire qu'il devient essentiel que cette démarche fasse école, et pour cela, que beaucoup plus d'oreilles puissent gouter cet univers sonore si particulier (oui, Ad Noiseam a bel et bien du pain sur la planche !).
Et qui sait, peut-être qu'un jour tous les apprentis alchimistes, Dr Frankenstein et Golem du bleep, mieux que de taper dans la facilité et ses plats réchauffés, rejoindront cette "cuisine du bulbe" où, entre singularité et prise de risque constante, le Grand Chef Sinier a d'ores et déjà prouvé, qu'on pouvait vivre et créer, si ce n'est en symbiose, du moins en bonne intelligence, avec ses idées noires.
(retrouvez cette chronique chez nos amis de dMute )
des images
Raoul Sinier - Brain Kitchen
envoyé par Ra
Five Points Band "Ida The Spider..."
distributeur / Import
contact / ida[at]murdochspace.com
dispo / 1
des mots // du son
Ceux qui ont vu le "Gangs Of New York" de Scorcese, voient dorénavant ce que les Five Points soulèvent comme mythologie. Quartier historique d'où murit à travers les siècles la Grosse Pomme, c'est également le Q.G. de ce groupe étrange qui en prend d'ailleurs le nom mythique. Sans gêne, The Five Points Band !
Pourvoyeur d'une musique rugueuse assortie de textes fondamentalement sombres - les happy-end ne sont effectivement pas légions ici - ce gang avance en rang serré et propose là un nouvel opus à l'iconographie un brin flippante : Ida The Spider and The American Dream.
Imaginez une araignée salace et vulgaire, grimée en Madame Claude de bastringue, résille et décolleté plongeant, porte cigarette, le visage perclus de tics nerveux , entre colère et douleur et vous n'êtes pas loin d'avoir sous les yeux le résumé horrifique que font nos accolytes du fameux "rêve américain". Bigre !
Leur son est à l'avenant de cette vision abominable, crasseux au possible, une sorte d'americana biberonnée au heavy métal, ça joue vite et fort pour tout vous dire. Une vraie musique de desperados où les Freaks de la City ont tous droit au chapitre.
Curieux et furieux, donc. Bill Le Boucher aurait surement kiffé sa race !
(retrouvez cette chronique chez nos amis de Live In' )
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10 juillet 2008
Dark Captain, Light Captain "Circles"
label / LOaf Recordings
distributeur / id.
contact / DCLC[at]murdochspace.com
dispo / 1
des mots // du son
Deuxième Ep des mystérieux anglais de Dark Captain, Light Captain
(D.C.L.C.), signé chez les toujours très pointus L-O-A-F Recordings, Circles voit,
entre autres, le renfort du batteur Chin Keeler (Quickspace) amplifier la portée de
leur électro-folk.
Plus musclée mais toujours aussi solaire, leur
musique, à l'appui de cette nouvelle rythmique, se laisse effleurer de
quelques voix fragiles et retenues, ensorcelant de prenants arpèges de
guitares.
Langoureusement psychédéliques, ces morceaux sont comme des chausse-
trappes, ambivalents et secrets, tordus même, pulsant par moment comme
du Can (ce batteur, vraiment !), sonnant souvent comme du Tunng ou du
King Of Convenience. On aura vu pire comme casseroles à se trimballer.
Acides et bucoliques, ces quatre titres arrivent donc à point nommé,
histoire de nous faire patienter jusqu'à l'arrivée d'un été qui ne
cesse de se faire attendre. Autant de bonnes augures pour Miracle
Kicker, l'album à venir en Octobre. A suivre assurément.
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09 juillet 2008
Le Gros Cube "Polar Mood"
distributeur / Anticraft
contact / groscube[at]murdochspace
dispo / 1
des mots // du son
Ceux qui auraient croisé la route du Gros Cube, ne serait-ce qu'en ayant marqué au slip kangourou, dans ses pérégrinations musicales, le trublion Philippe Katerine, avec qui le combo nantais avait notamment entrepris il y a peu quelques réorchestrations tendance Big Band de ses morceaux, seront sans aucun doute, à l'écoute de ce Polar Mood, définitivement convaincus par les impressionnantes ressources de cet ensemble.
En effet, cette troisième sortie chez Yolk Records de la bande à Alban Darche n'a absolument rien à voir avec le travail foisonnant entrepris avec l'homme en sous-pull rose.
Ici, Le Gros Cube et ses 15 porte-flingues s'insinuent dans l'ombre du film noir et donnent dans l'imagerie musicale bien connotée 70's où, du Cercle Rouge au Samouraï, et bien au-delà du fait que Delon puisse apparaître supportable (un exploit en soi !), les réalisateurs comptaient énormément sur leurs compositeurs de bande-son pour transcender leurs actions en donnant du volume à leurs intrigues.
Avec Polar Mood on est dans l'aridité de la forme au service d'un certain bouillonnement du fond. Des idées, il y en a à gogo dans cet opus, et ce même si des influences comme celles de Delerue restent palpables. Un excellent compromis en fin de compte, entre références et inventions, impro et calcul.
Une belle réussite que cette série noire en 10 chapitres troussés à 30 paluches, intenses comme un suspens de Melville, tendus comme un cran d'arrêt, classes comme un vieux borsalino.
(retrouvez cette chronique chez nos amis de Live In Mars')
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