Jesus Is My Girlfriend "Storm"
distributeur / autodistro
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des mots // du son
Trop singulières pour former une famille unie atour de leur mère à toutes - la Polly Jean - trop détachées pour travailler à l'émergence d'une nouvelle vague : avec leur récente production les Mensch, Anything Maria ou encore Keiki ont pourtant troublé à leur façon - discrète et têtue - les critères même de la comparaison à la matrone du Dorset. Le duo provençal Jesus Is My Girlfriend intègre à son tour l'atelier subversif et informel de ces amazones qui ont coupé le cordon.
Ni folkeuse habitée, ni sorcière grunge, Johanna Serville, songwriteuse surprenante joue avec son acolyte Armand Féret les funambules rock sur un album tendu autant que rugueux, revêche par endroit. Un disque oscillant entre humeur noir et colère rouge sang !
Avec ses méandres mélodiques, son quadrillage de distorsions acariâtres et cette rythmique hirsute au possible, Storm porte finalement très bien son nom, ressemblant moins à un brusque tête à tête esthétique qu'à un malicieux entrelacs de perspectives. Entre le cri, des murmures, sous les murmures, un cri. Sur cette base, le canevas guitare-batterie-voix devient plus envoûtant et ce refus de caler coûte que coûte la musique sous le commandement du verbe, une ligne de conduite assumée. Négliger le chant, toute proportion gardée, au profit de ce qu'il est censé transfigurer et transmettre : la rage, le feu, la tempête. Essentiel parti prix pour un disque qui l'est tout autant. Une réussite.
(retrouvez cette chronique chez nos amis de Live In Marseille)
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Jesus Is My Girlfriend from Nico Martin on Vimeo.
Parlor Snakes "Let's Get Gone"
distributeur / Module
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dispo / 1
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Aventure humaine autant que musicale, Parlor Snakes c'est l'extension du domaine du rock, un brasero sur lequel on aurait jeté du vieux bourbon, quitte à se prendre le retour de flamme en pleine poire !
Tendues à l'extrême, ces chansons propulsées par la voix féline d'Eugénie sortent constamment du cadre classique, balayant les us et coutumes du genre d'une revers ferme de la main.
On pressent chez eux la tentation exacerbée de larguer les amarres, l'impression de fracassants aller-retour de chansons bouillonnantes faites de blues et de garage, de sang et de sueur. Avec eux le rock s'invente un futur immédiat, un présent recomposé où la vie se déroule à cent à l'heure, sans peur du lendemain. un credo qu'on fait volontiers notre.
Let's Get Gone quoi !!!
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D'Aqui Dub "No Specific Time"
distributeur / id.
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dispo / 1
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Drogués, érudits, et pas spécialement contents, les D'aqui Dub, quartet polyglotte sans frontière - deux Marseillais, un Italien et un Bosnien - broient leur occitanisme dans un mortier electro-noise pour mieux en laisser échapper les effluves poétiques et subversives...Bouillant !
Les quatre de D'aqui Dub et leurs cerveaux certainement agités, on a déjà essayé de nous les vendre, étiquette régionaliste collé sur le front : genre les gars qui se jouent des codes de l'histoire d'une langue clandestine dans son propre pays. Certes. Mais pas (plus) que. C'est même impensable de se cantonner à ce sommaire descriptif. Surtout après avoir écouté les cinq titres de ce No Specific Time. Non franchement, messieurs dames les agitateurs culturels, vous valez mieux que ça.
C'est regrettable, qu'à partir du moment où un disque est chanté dans un dialecte régional on n'aille pas voir ailleurs où ça se joue en vérité. ici, à la croisée des chemins, là où la poésie se veut porteuse d'une vision singulière et décalée de la course folle du monde, ces quatre fondus s'éclatent, au sortir d'un corps à corps violent et sensuel, à balancer la purée technologique dans le petit ventre de la tradition.
Chez eux, en effet, pas d'effets de manches. Les musiques roots ne sont plus traditionnelles, elles déjantent, mordent la poussière des bas-côtés, font du bruit, blanc et étincelant (on est à ce stade à peine étonné de retrouver dans l'équipe de prod' le sieur Nicolas Dick).
Ces cinq titres , véritables explosions alchimiques de désespoir et de félicité, sont extrêmement inflammables, instables pour ainsi dire. Les jouer et rejouer tard la nuit, comme à l'heure de coucher sur le papier ce billet, c'est faire renaître ad libitum l'incandescence d'un jour sans fin. Bouillant on vous disait. Brûlant surtout !!
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D'aqui dub / Lo camin de Morgiù par 2marsWebTV
Possessed By Paul James "Feed Your Family"
distributeur / Import
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De David Eugene Edwards à Roky Erickson, de Smog à Vic Chesnutt, les Usa ont toujours servi de refuge à quelques mavericks peu en odeur de sainteté avec leur Karma. Ainsi, perpétuant ce long historique du fuck-folk et autres country à chevaux de frise, John Conrad Wert aka Possessed By Paul James sortait récemment Feed The Family. Un disque effectivement habité, c'est le moins qu'on puisse en dire ; mélange hirsute et irascible de bluegrass tantôt soulfull tantôt punk, et de hillbilly effronté. Un bouillon de nerfs et de larmes !
Ce cowboy amoché, qui se produit en one-man band le plus clair de son temps, chante comme si sa vie et celle des siens en dépendait. On parle bien là de chansons sans âge, la musique d'un bouge paumé aux confins des Rockies (un comble pour un Amish de Floride vivant au Texas, mais bon...) où les chemises de flanelle élimées pleines de cambouis sont de rigueur, et se coltinent à la poisse d'un zinc écorné envahi de flaques séchées d'un vieux bourbon de contrebande...Un bouillon de nerfs et de larmes donc, de sang et de sueur aussi. Unique !
(retrouvez cette chronique chez nos amis de Live In mars')
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The Juke Joint Pimps "Boogie The Church Down"
distributeur / Id.
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Au croisement des galettes blues vintage estampillées Chess Records et du gospel possédé de N.O.L.A., ce disque est signé sur un excellent label suisse - Voodoo Rythm records - et mené tambour battant par deux groupes allemands...C'est y pas canon la mondialisation ?
The Juke Joint Pimps et The Gospel Pimps, joyeuse bande de maquereaux teutons s'associent donc dans un grand élan "schyzophrénétique" - ce sont les même agités du bocal de gnôle qui constituent ces deux combos - pour enregistrer ce grand disque bancal de gospel blues.
Enormes prêches les pieds dans la fange, les mains au ciel, les yeux révulsés...Et le pouvoir de la soul qui te bousille les cervicales : voilà tout ce que je vous prédis ! Une tuerie sans nom...Enfin, si, avec deux en fait !
(retrouvez cette chronique chez nos amis de Live In mars')
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