Syndrome WPW "Resurrection Aboiements"
distributeur / Ego Twister Record
contact / SWPW[at]murdochspace
dispo / 1
des mots // du son
Pour sortir des disques chez Ego Twister, label déjanté basé à Angers et géré sur un mode dira-t-on aléatoire par son créateur, laborantin passionné et association artistique à lui tout seul - Yan Hart-Lemonnier - il faut respecter le cahier des charges : savoir travailler vite et bien, en finir avec toute forme de prétention, enregistrer comme on tournerait le film de sa vie qui chez le Suisse Syndrome WPW vire très vite à l'insurrection sonore.
Ce gars marie avec une certaine malice l'approximation punk et son improbable confluence avec le métal et l'électro pour accoucher dans une explosion de violence pas sourde du toute d'un Lp - Resurrection Aboiements, titre programmatique s'il en est - décrispé de la rage, bruitiste et synthétique, engagé et tendu comme une arbalète.
Une bombe qui bouscule et pousse au cul. Un disque terroriste pour violer les consciences mal emmanchées ...
Carton plein !
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Liqueur Brune "La Marge"
ditributeur / Intergalactic Promo
contact / LB[at]murdochspace
dispo / 1
des mots // du son
Adepte du mouvement et de la conquête sonique, Liqueur Brune - Fabien Guy au civil - parcourt seul son petit lopin de terre, champ des possibles aux perspectives fuyantes, avec la même soif insatiable d'espace qu'à ses débuts, et ces titres puissants de rock biseauté que sont D'une Femme Lapidée, Uphoria ou encore Lever L'Ancre.
Avec ce single, La Marge (assorti d'un remix et d'un instrumental), Guy continue de mener à bien son projet forgé par la chouette idée que faire vibrer ses neurones plutôt que son nombril reste un défi qu'il convient de relever. Et par là, il délivre un fulgurant contrepoint à la production rock française actuelle. Une autre vision - la subjectivité en étendard - qui rend à l'auditeur son libre arbitre et toute latitude de laisser aller son désir.
Pour toutes ces raisons on suivra le bonhomme les yeux fermés, les esgourdes grandes ouvertes. En attendant avec impatience la prochaine de ce foudroyant breuvage...Oui, cette Liqueur Brune, c'est pas de la menthe à l'eau !
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Françoiz Breut "La Chirurgie Des Sentiments"
distributeur / Id.
contact / FB[at]murdochspace
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Au début des années 90 on pouvait lire de ci de là : "Françoiz Breut est née à Cherbourg...Elle rencontre Dominique A qui l'initie (!) à une carrière musicale, parallèlement au dessin qu'elle continue de pratiquer".
Rien de tel pour vous confiner dans le créneau d'une pop arty à la française. rien de tel surtout pour transformer une jolie jeune fille talentueuse en mièvre et naïve inspiratrice. Rien de tel finalement pour mettre à côté de la plaque !
Pourtant, des Squad Femelle (son association de bienfaiteurs avec le duo Perio) et du Shower Curtain Project d'hier aux heureuses rencontres des premiers Lp (Tiersen, Katerine, Calexico, Kat Onoma, Louise Attaque...), en passant par des tournées à travers le globe, le cheminement de la dame dépasse largement celui de la simple muse et s'avère plus pertinent et sensible que pas mal d'agitateurs culturels pouvaient l'imaginer il y a seize ans de ça sur la base pourtant parlante de titres comme Tarifa ou Ma Colère. Chose qu'on a pu vérifier avec les disques qui suivirent et qu'encore aujourd'hui on retrouve avec ce cinquième album - La Chirurgie des Sentiments.
Françoiz y a toujours ce joli filet de voix d'une douceur haut perchée, au bord de la rupture parfois. Et ce qui pourrait passer pour une faiblesse devient un choix esthétique assumé, nourri aux seins de cette dernière. Les orchestrations à visages humains (le fidèle compagnon de ribouldingue, Stéphane Daubersy à la gratte, Don Nino aux manettes et claviers ou encore Shane Aspergen des Berg Sans Nipple à la batterie) participent à l'élaboration d'un univers personnel et discret dont on apprécie d'avantage les petites attentions portées aux détails des arrangements : fields recordings, réverb et effets sur la voix, samples et petites craquements toujours bien placés.
Mélancolie et douleur des absences, espoir du retour de l'amour perdu, chaleurs des baisers, transport des sentiments et rêves éveillés forgent l'âme même de ce sublime disque dont la gracilité constitue finalement un écrin formidable à cet hiver qui ici joue les prolongations.
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Bumpkin Island "Ten Thousand Nights"
distributeur / Id.
contact / BI[at]bandcamp
dispo / 1
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Ainsi donc, ce Ten Thousand Nights serait tel "l'aquarelle de territoires insoupçonnés", un disque inspiré par les grands espaces. Certes. Mais pas uniquement. C'est avant tout un disque, qui sous son Air de quiétude, n'est que tourbillon rageur, capable d'arracher à la réalité son masque mortuaire. Ce premier Lp des Bumpkin Island est une fête anachronique, un vivier bouillonnant qui nous rendra tous immortels ! C'est une bouffée d'air vif, et, sinon un chef d’œuvre, un sublime album qui n'a pour l'instant, d'historique que sa récente naissance, mais deviendra référence, je le sens. Je le sais !
Oui, la liberté des Bumpkin Island fait plaisir à entendre - et à voir, il faut leur donner des occasions de jouer live ! Liberté prise notamment avec les influences dans lesquelles on cherche à les engluer (The XX, Sigur Ros...) : il est vraiment vain de chercher des résonances venus d'ailleurs quand tout autre chose se joue sous vos yeux et oreilles. La seule réalité qui vaille ici est celle que recèle des perles comme His Steps, In My Guts ou The Lake. Réalité stratosphérique, polyphonique, tempétueuse, bouleversante.
Que vous soyez en pleine crise de nerfs, mélancolique, peu ou prou ruiné de fatigue, cuvant le vin d'hier encore ivre de joie, chaque minute de ce disque n'aura de cesse de s'opposer à la fatalité du moment, à la décomposition du quotidien, à la redite et à la mort, pour parvenir, parfois in extremis, à vous sauver la mise, vous (ré)intégrant à cette vie vous ne voudriez jamais avoir à quitter.
Bien entendu, quelques esprits chagrins trouveront certainement que tout ceci manque foncièrement d'objectivité. Dites leur bien que je leur pisse chaud à la raie. Ici, avec les Bumpkin Island, il y a ce que rarement musiciens, auteurs, producteurs, interprètes n'auront réussi à transposer et rendre palpable : des images, un rythme, la folie d'être vivant dans un monde de brutes épaisses, le souffle et la liberté d'en abuser !
Alors oui, Ten Thousand Nights est propice au rêve éveillé, la tête dans les nuages Islandais ou je ne sais où encore, mais il mérite surtout d'être ancré dans sa réalité, celle d'un disque ambitieux et magique. Rejoignez la, retrouvez nous sur cette "Ile des Ploucs", et sans doute, vous ne le regretterez jamais !
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Incruste aux Embellies de Rennes #2 : BUMPKIN ISLAND from What comes around... Goes around on Vimeo.
Arman Méliès "AM IV"
distributeur / Wagram
contact / AM[at]com
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Qu'on la nomme musique pour monte-plat, pour démonte pneus ou descente de lit, qu'elle se proclame humaniste, hédoniste, vintage ou rétro-futuriste, l'electro dans la pop française n'aura jamais rien été d'autre que l'équivalent à la musique d'aujourd'hui de ce qu'est la plaque à induction au confort domestique : le "progrès" au service des joies du quotidien, participant de la plus grande imposture de l'ère moderne visant à imposer la technologie comme le préalable au bonheur.
Hypothèse dont Arman Méliès se contrefout ; postulat même dont il s'ingénie à exploser les fondations tout au long d'un sublime quatrième album sobrement et esthétiquement intitulé : AM IV. Bravo !
Ici les machines et leur potentiel redeviennent les outils qu'on a trop souvent pris pour des matériaux. Outils dont Méliès prend le parti de ne jamais définir la place dans ses textures instrumentales - ce qui, attention , ne signifie pas que tout est laissé au hasard, bien au contraire, quel casse-tête cela a dû être pour arriver à ce résultat !
Des instrus synthétiques autant que syncrétiques - échos pop pluriels glaciaux et spatiaux à cheval sur des générations d'orfèvres d'ici de Bashung à Chamfort, de Christophe à Manset - qui accompagnent magnifiquement ses chansons raffinées et poétiques où semblent se mêler récits sauvages d'une autre époque et négatifs d'une actualité qui rêve de lumière.
Tour à tour aiguilles, fils ou canevas, chaque note bout à bout en écho savant - qui chez tant d'autres sombrerait dans le cliché - sert le projet et finit par donner à ce disque une logique toute organique loin de la superficialité artificielle qu'on aurait cru pouvoir lui accoler. Carton plein !
(retrouvez cette chronique chez nos amis de Live In Mars')
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