Enablers "Blown Realms & Stalled Explosions"
label / Exile On Mainstream Rds
distributeur / SRD
contact / rarely_unable[at]yahoo.co.uk
dispo / 1
des mots // du son
A en juger par son titre - en substance "Royaumes éclatés et explosions étouffées" - et sa pochette, on se dit que ce dernier disque des Enablers, ça va être la grosse marrade, la foire aux états d'âmes et big ponch' à l'humeur noire. Effectivement, cet album semble bel et bien enregistré au bout de la nuit ( Rue Girardon, t'as vu !), au fond du trou, en apnée dans le cambouis. Un disque où se crève les abcès, où se libèrent les après tempêtes de crânes en phase terminale : névrose et psychose sur fond de rock et de spoken-word. Brûlant !
Devenu voyeur autant que confesseur, tout auditeur des Enablers, qui n'est que rarement curé psychanalyste, se prendra au jeu d'un opus qui a trouvé les mots pour quelques-uns de ses maux ; et surtout a réussi à y greffer une musique mouvante, capable de dire le chaos sans s'ulcérer et se fustiger l'ego. Voilà donc un rock authentique dans sa forme, tourbillonnant, sans cesse sur le départ : tu penses l'avoir serré contre toi, déjà ses mouvements t'emportent vers d'autres terres. Un ailleurs vierge, inconnu !
Oui, voilà un disque perturbant, déboussolant, aussi imposant qu'indisposant. Un Lp qu'il faudra revisiter quelques fois pour ne rien rater de la myriades de détails qu'il recèle. Disons que pour nous les fouilles sont bien avancées, charge à vous, à votre tour, de vous y jeter.
(retrouvez cette chronique chez nos amis de Live In Mars')
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Akosh S. & G. Etevenard "Erem"
label / La Meson
distributeur / L'Autre Distribution
contact / A&G[at]murdochspace
dispo / 1 & 2
des mots // du son
Akosh Szelevényi est pour moi une sorte d'institution dans le microcosme de mon pré carré du jazz contemporain...Un pôle, un axe. Parce qu'à chaque fois que la vie, le sort, que sais-je encore, la chance m'ont fait croiser sa route, ça a toujours été pour le meilleur. Et cette fois-ci encore, le gars fait mouche. Erem, sa dernière sortie en duo avec le multi-percussionniste Gildas Etevenard est un brûlot free des plus incandescents.
Sur ce disque, Akosh et son compère prennent le parti d'arpenter des chemins de traverses, tribaux et libertaires, plutôt que de camper des positions figées dans une pose pour la postérité. Ils se multiplient, pullulent en autant de perspectives qui n'ont pour seul objectif que de les éloigner de l'image stéréotypée du jazzman écorché, révélant ainsi un univers d'une richesse qu'on osait soupçonner. Si on la pressentait, difficile d'imaginer en arriver à un tel bouillon de cultures musicales. Comme quoi des fois...
Proposant leur propre cartographie de ces territoires explorés , on le sent, avec avidité (musique ethnique, impro libre, composition...) les deux hommes font du jeu une boussole, confondant leurs instruments - qui un sax ténor, qui une batterie, qui une trompette, une bombarde tibétaine, qui sa voix - le tout dans un ahurissant processus de décomposition/recomposition, comme jouant d'un puzzle sans contours.
Erem parle donc pour ces musiques, spontanées mais précises, qui étayent leurs discours tout en déflagrations mystiques et combatives sur un jeu de structures alambiquées et mouvantes, toujours au service de la sensation et de ses expressions. Chaque sens est ainsi mobilisé et là, dans cette mobilité constante, naît une impression fantasque, celle d'entendre la musique du duo se régénérer, se déployer en d'impromptus et incessants changements d'appui. Des transferts d'équilibre propulsant d'un bloc chaque atome de nos corps dans une myriade de direction.
Pour en arriver là, la connivence est de mise. Chez eux elle est remarquable de solidarité. Akosh met sur le tapis tout l'éventail des possibles, celui que son sax lui propose comme celui qu'il lui impose, usant de sa puissance pour donner corps aux révoltes sourdes et changeantes d'un Etevenard possédé , au sommet de son art. Unis dans leurs rugissements amalgamés, ces mecs semblent nous murmurer de drôles de secrets, qu'il faudrait pouvoir garder soigneusement, comme une fortune de mer, une médaille trouvée par hasard un jour d'errance. Ça risque d'être compliqué...Ces envies de partage, décidément !
(retrouvez cette chronique chez nos amis de Live In Mars')
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TOP LP #2011
Une rétrospective éclectique à l'image d'une année riche en évènements !
20- Decheman & The Gardener "s/t"
Kizmiaz rds
Un groove pas possible pour un rock Psyché Blues diabolique
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19- Jim Yamouridis "Into The Day"
Starlight Walker
On flirte avec les sommets des Appalaches, la tête dans les nuages, là on patauge plutôt dans le bayou du rembetika dans les oreilles
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18- Culprate "Flatline"
Gradient Audio
Dupstep Still Alive
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17- Villalobos/Loderbauer "Re : ECM"
ECM Rds
Ambitieux et redoutable, le catalogue jazz ECM revisité par la fine fleur du minimalisme electronique
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16- Byetone "Symeta"
Raster Noton
Plus frontal que ces collègues de label (Alva Noto et Kangding Ray), Byetone nous parle d'une techno tendue.
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15- Tycho "Dive"
Ghostly International
Deep et Contemplatif à souhait !
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14- Daniel Darc "La Taille de Mon Ame"
Jive
Dédé , dernier clochard céleste, au sommet de son art
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13- Sutekh "On Bach"
Creaked rds
plus qu'une révérence arty à la musique du compositeur allemand, voilà une relecture bien chahutée du répertoire de Bach
12- Krotz Strüder "Dedalus Geist III"
Autoprod.
un disque qui vous rend la liberté
K.Strüder
11- Enablers "Blown Realms & Stalled Explosions"
Exile On Mainstream rds
un disque où se crèvent les apcès, où se libèrent les tempêtes
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10- Sandwell District "Feed-Forward"
Sandwell District
Deep techno ensorcelante
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09- Rivkah "Curly Songs"
Autoprod.
Le monde a besoin de ces mots chuchotés ou entonnés dans un même souffle sucré, de ceux qui vous déposent inlassablement, c'est une évidence maintenant, entre songe et veille , lucide et comblé.
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08- Omar-S "It Can Be Done, But Only I Can Do It"
FXHE Rds
Motor City Techno still alive
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07- Akosh S. & Gildas Etevenard "Erem"
La Meson
ces mecs semblent nous murmurer de drôles de secrets, qu'il faudrait pouvoir garder soigneusement, comme une fortune de mer, une médaille trouvée par hasard un jour d'errance
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06- Raoul Sinier "Guilty Cloaks"
Ad Noiseam
ce disque avance avec assurance sur un fil acrobatique entre cold wave intimiste et saillies électroniques dont lui seul a le secret, tout en laissant la part belle à la voix.
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05- Half Asleep "Subtitles For The Silent Versions"
We Are Unique Rds
Ça descend, ça monte , jusqu'au vertige, l'étourdissement, voluptueux dans ses silences, gracieux dans ses esclandres : une dernière invitation, une dernière histoire. Qu'on écoutera toute une vie...Bouleversant !
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04- King Creosote & Jon Hopkins "Diamond Mine"
Domino Rds
Un disque hanté qui sans prétention touche en plein coeur
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03- Ancient Mith "The Hosni Mubarak Bunga Bunga Tour"
SponsorMySkills
hobo hip-hop was born here !
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02- Pierre LX "Out 1"
Initial Cuts
inventant l'électro à danser de demain, LX n'a pas renoncé à préserver les subtilités d'une musique bientôt vieille comme le monde : ce groove séquencé, ces rythmes languides, ce funk froid et pourtant si bouillonnant.
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01- Nicolas Jaar "Space Is Only Noise"
Circus Company
Ici se décrypte le monde d'un drôle de rêveur qui remporte du coup un sacré pari : avoir su réconcilier dénuement et émotion. Un vrai coup de Ja(a)rnac poétique !
Sieur & Dame "Perversion Discrète"
distributeur / Id.
contact / S&D[at]Murdochspace
dispo / 1
des mots // du son
Claire Grupallo est Dame...Etienne Anclin est Sieur.
Voilà pour les présentations.
Sieur & Dame , sur leur deuxième opus, Perversion Discrète, célèbrent de bien drôles de choses. A la croisée ambivalente d'Eden et de Dante, leurs chansons, folks et lyriques, d'une esthétique folle, ne dépassent que rarement les quatre minutes et pourtant comme un fleuve en crue jamais elles ne s'arrêtent, de résonner, de vous hanter.
Pour ainsi dire, porteurs d'une noirceur des plus retorses, ces morceaux bousculent, mais apaisent aussi, exaltant bon nombre d'obsessions enfouies depuis (trop) longtemps.
Si on peut leur reprocher de pousser leur musique dans des recoins très théâtraux, il y a malgré tout dans ce disque suffisamment de dérèglements et de liberté avec les codes pour éviter toute impression de redite ou de surenchère pompeuse et pompière.
En faisant ainsi convoler leur audace artistique et cet amour qu'on sent authentique pour le folk et le chant lyrique, Sieur & Dame se révèlent à nous bouleversant et ma foi...Indispensable !
(retrouvez cette chronique chez nos amis de Live In Marseille)
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Sieur et Dame - Eroto manuel from sieur et dame on Vimeo.
The Thing w/ Otomo Yoshihide "Shinjuku Crawl"
label / Smalltown Superjazz
distributeur / Id.
contact / TT[at]matsgus
dispo / 1
des mots // du son
Avec plus de dix ans d'activisme dans la rénovation des musiques improvisées, le trio free The Thing - nom hérité d'une pièce de Don Cherry - increvables parmi les increvables, continuent de célébrer leurs croisements musicaux inclassables avec la même irrévérence. Ici, encore pris en flagrant délire, un enregistrement réalisé à Tokyo, avec le guitariste Otomo Yoshihide et Jim O'Rourke aux manettes...Excusez du peu, et bonjour l'ouvroir de musiques explosives. Une tuerie sonique.
Shinjuku Crawl, titre retenu pour ces six titres pris en live, reste un témoignage marquant et surtout une bonne manière de pénétrer le monde chaotique de ces trois musiciens. Écouter ce disque c'est faire un grand pas vers un univers à priori bien hostile. Ou comment comprendre comment ces gars - un sax, une contrebasse et une batterie - parviennent à ouvrir leur art à toutes sortes d'expérimentations sans perdre en route une once de cette intransigeance devenue légendaire.
Ainsi, à la virulence de morceaux aux thématiques anarchiques tordues dans tous les sens, The Thing est capable d'incorporer d'autres allusions, noise et rock surtout, rendant par là leur musique fascinante à plus d'un tour, tant par son urgence que par sa radicalité. Une explosion sensorielle parmi les plus physiques qui soient.
(retrouvez cette chronique chez nos amis de Live In mars')
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