L’Oreille de Moscou

Une émission du Front de Libération de la Bande Fm

mercredi 6 mai 2009

LaXula (a.m.a.) "In X-Ile"

laxulaamalabel / Via Lactea

distributeur / Import

contact / LaX[at]murdochspace.com

dispo / 1


des mots // du son


LaXula (a.m.a.) fait partie de ces troupes aux composantes troublantes et déroutantes. Leur musique, à part, sans attaches particulières, si ce n'est le tout azymuth en dénominateur commun, a grandi dans les squatts londoniens pour donner cet amalgame cossu et foisonnant de flamenco, de musiques klezmers, de tango et de psychédélisme 60's.

Mené d'une main de maîtresse par une furie provocante, à la personnalité  impressionnante, pour ne pas dire effrayante - Monte Palafox, quel nom tout de même ! - ce combo fait montre d'une assurance et d'une morgue littéralement enivrante.

La fusion à l'espagnol, voilà leur credo à ces exilés. Et pour tout dire, ils en sont de fiers et courageux porte-drapeaux. C'est qu'il en faut des "Cojones" bien accrochées pour aller bousculer les scènes des bastringues undergrounds au cœur de la Perfide Albion, un des bastions historiques de l'irrévérence musicale tout de même. Quoique finalement à mieux y regarder, ce soit peut-être mieux sans.

A l'instar des pionniers du genre, Los de Abajo, El Bicho ou encore Los Ojos de Brujos,  Doña Palafox et sa bande de farfelus redorent le blason du flamenco en le métissant à tout va, en lui insufflant ce petit supplément de folie très théâtrale et au combien bordélique (un peu dans l'esprit de leur pochette d'album) dont il avait besoin.

A travers nombre de textes surréalistes et intrigants, LaXula donne à voir et entendre sa propre vision de la vie, où les non-dits et la langue de bois n'ont plus de prise. Souvent sombre, hautement féministe et particulièrement étrange - on a du mal à les suivre parfois ! - , cette musique vaut son pesant d'or. Leur venue prochaine en France tout autant, si ce n'est plus. A voir.

(retrouvez cette chronique chez nos amis de Live In Marseille)

des images



Posté par Manooch à 04:23:00 PM - Les Espionnés - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

mercredi 11 février 2009

Kelpe "Ex-Aquarium"

23315label / DC recordings

distributeur / La Baleine

contact / kelpe[at]murdochspace.com

dispo / 1


des mots // du son


On peut s'attendre  sans problème à ce que Kel McKeown aka Kelpe se soucie de la renommée comme de son premier charlet, lui qui assure avec brio les parties de batterie de ce nouvel opus signé chez les défricheurs de DC Recordings, label à l'actualité débordante cette année (les excellents Padded Cell notamment). De même on imagine que le lignage stylistique - Clark nouvelle mouture, Plaid, Four Tet...- ne le touche absolument pas. Enfin, les explications que l'on pourrait chercher au fait qu'il ait diversifié sa production, lui permettant ainsi de ratisser large et de passer sans sourciller du salon au dance-floor et vice-versa, doivent le laisser froid. Après on vous parle de ça, mais qu'en sait-on finalement ? Encore une fois, tout n'est qu'élucubrations. Pauvre réflexe de raisonnement. Juste parce qu'on se retrouve au cœur de l'electronica, où en deux décennies bon nombre de voies ont été ouvertes par toute une horde de sherpas plus ou moins avisés. Disons le clairement, rien dans cet album ne va bouleverser l'ordre des choses, la hiérarchie restera en place. Mais l'ouvrage est à ce point soigné, laissant transpirer une inspiration de prodigalité et de joie, qu'on s'en imprègne avant tout avec délectation.

En gardant en ligne de mire ces influences lunatiques, qui n'ont jamais tranchées entre euphorie et introspection pour se poser là en termes de fondation, Kelpe jette un pont de singe, branlant mais bien arrimé, vers d'autres horizons (le post-punk de Bread Machine Bred est une bonne illustration). Résonne également, au détour de quelques plages bien senties, un certain engouement jubilatoire, porteur d'inventivité et d'une bonne dose de démesure (la malice proto-funk de
Shipwreck Glue, ses balles de ping-pong, ses sons de cloches des alpages, fallait osé là !). L'Anglais jou(i)e de sa rythmique (l'electro-hip hop de Half Broken Harp), noie son beat dans des liqueurs mélodiques corsées (on se reprendrait bien une lampée de ce Cut It Upwards), se payant même la gaufre d'assumer sur la longueur son foisonnement d'idées. Bien joué.

Ainsi la bonne nouvelle dans cette histoire n'est pas seulement que McKeown assure la synthèse entre un background connoté et de nouvelles pistes de travail, dans un constant soucis d'hybridation (à découvrir à ce propos son remix sur le prochain Lp des revenants de Red Snapper) et de surprises. On appréciera tout autant le turnover, par ses audaces de partis pris (l'intégration de sessions instrumentales live par exemple), ses embardées downtempo (Skylla), insufflé à un genre - l'electronica - qu'on pouvait facilement imaginer, à terme, épinglé, cireux, au fronton du panthéon des musiques intelligentes. On pensait que Kelpe nous annonçait avec ce titre - Ex-Aquarium
- son désir de sortir la tronche de son bocal "électroniqué". On comprend après quelques écoutes qu'il rêve ce dernier à ciel ouvert, et qu'il s'y sent comme un poisson dans l'eau. Un exocet, prêt à décoller quand ça lui prendra. (A écouter Extraquarium album de remixes)

(retrouvez cette chronique chez nos amis de dMute)

des images



Posté par Manooch à 03:33:00 PM - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

samedi 10 janvier 2009

Padded Cell "Night Must Fall"

Padded_Cell_Night_Must_Fall_2label / DC Recordings

distributeur / La Baleine

contact / pc[at]murdochspace.com

dispo / 1




des mots // du son


Night Must Fall est le premier opus en date des Padded Cell. Orgiaque en toute simplicité.

Ce duo, œuvrant
à notre goût beaucoup trop dans l'ombre  - au sortir de la lecture de ce billet vous allez me réparer ça, pas vrai ? - apparait comme le chef de file d'une horde de zicoss' pour qui le groove synthétique et le Korg sont devenus les fondements d'un nouvel alphabet festif.

Chantres de l'extrapolation des cadres du post-punk si chers à Mister Chance et autres Blurt, esthètes du dévergondage de figures d'angoisses et pourfendeur devant l'éternel de toute notion de hype, ces gars nous proposent là une musique tout bonnement diabolique, sans nom, dégoulinante de stupre, gorgée de paillettes toxiques. Comme si Poni Hoax était devenu vraiment méchant.

Avec cet album sans effets de manche, bande sonique de ce giallo fantasmatique que Carpenter n'aura jamais tourné - soupirs !! - les Padded Cell se lancent dans un combat sans rémission ni raison valable, si ce n'est une irrépressible envie de pousser aux culs du corps et des âmes ambiantes, de les jeter dans une arène puante de sexe et de bitume, où des palanqués de clones de la Divine de Waters forniqueraient avec des chiens à 3 têtes, tous vautrés sur les débris d'un monde que ces derniers auraient chier la veille.

Padded Cell ou comment, à la nuit tombée, lancer un dernier assaut.

Montez les potards,les apaches,  l'Apocalypse a enfin du son.

(retrouvez cette chronique chez nos amis de VoxPoMag et Live In Marseille)


des images




Posté par Manooch à 06:52:00 PM - Les Espionnés - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

jeudi 10 juillet 2008

Dark Captain, Light Captain "Circles"lk,

foloaf17_circles_1000x1000_rgblabel / LOaf Recordings

distributeur / id.

contact / DCLC[at]murdochspace.com

dispo / 1


des mots // du son


Deuxième Ep des mystérieux anglais de Dark Captain, Light Captain (D.C.L.C.), signé chez les toujours très pointus L-O-A-F Recordings, Circles voit, entre autres, le renfort du batteur Chin Keeler (Quickspace) amplifier la portée de leur électro-folk.

Plus musclée mais toujours aussi solaire, leur musique, à l'appui de cette nouvelle rythmique, se laisse effleurer de quelques voix fragiles et retenues, ensorcelant de prenants arpèges de guitares.

Langoureusement psychédéliques, ces morceaux sont comme des chausse- trappes, ambivalents et secrets, tordus même, pulsant par moment comme du Can (ce batteur, vraiment !), sonnant souvent comme du Tunng ou du King Of Convenience. On aura vu pire comme casseroles à se trimballer.

Acides et bucoliques, ces quatre titres arrivent donc à point nommé, histoire de nous faire patienter jusqu'à l'arrivée d'un été qui ne cesse de se faire attendre. Autant de bonnes augures pour Miracle Kicker, l'album à venir en Octobre. A suivre assurément.


des images




Posté par Manooch à 05:14:00 PM - Les Espionnés - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,



« Accueil  1