405960_120x120label / Real World

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des mots // du son


En Chine, à la frontière russe, c'est déjà l'Asie Centrale. Si la géographie n'est pas votre fort, dites qu'en écoutant Mamer chanter , ça se comprend d'autant mieux. Eagle est le dernier opus de ce guitariste hors pair, né dans la province du Xinjiang. Son premier distribué aussi largement.

La musique qui en émane est proche de celle pratiquée depuis des siècles dans cette région. De ces racines, Mamer a su s'en défaire, tout en leur rendant de vibrants hommages  dès qu'il en a l'occasion.

C'est un de ces personnages qui ne connait pas l'ennui, un gars imperméable à la monotonie. Loin des frilosités de gestionnaires et des petites mesquineries de l'industrie du showbizz', chaque disque est pour lui une opportunité d'expérimentation, une nouvelle possibilité de tirer les ficelles d'une musique en perpétuel mouvement.

Se livrant totalement à cette inspiration nomade qui est la sienne, chaque chanson devient un périple envoûtant, une aventure tour à tour désarçonnante et ravissante. Mamer nous parle de la rudesse des liens qui rassemblent l'homme et la nature, il sait ce que la confrontation du modernisme et de la tradition peut engendrer comme étincelles dangereuses. Très introspectif par ailleurs, sans être replié sur lui-même, il ne se pose jamais en censeur, mais laisse aller vers qui en voudra, sa poésie pleine de sens, de vérité aussi. A chacun finalement de trouver sa place sur cette route immense.

Peter Gabriel ne s'y est pas trompé en le signant sur son label Real World. Et le fait que Mamer ait compté parmi ses fans le regretté Hector Zazou, en rajoute dans l'enthousiasme qu'on a mis à l'écoute de cet Eagle. En effet, disparu il y a peu, ce dernier a eu le temps de livrer en bonus sur ce disque un mix hallucinant de beauté (Mountain Wind).

Une chose est certaine, aussi longtemps qu'il nous régalera de son art, nous continuerons à l'accompagner dans ces voyages et à rêver les yeux ouverts aux sons inouïs de ses précieuses chansons.

(retrouvez cette chronique chez nos amis de Live In Marseille)

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