ArmanMlabel / AT(h)OME

distributeur / Wagram

contact / AM[at]com

dispo / 1

 

des mots // du son


Qu'on la nomme musique pour monte-plat, pour démonte pneus ou descente de lit, qu'elle se proclame humaniste, hédoniste, vintage ou rétro-futuriste, l'electro dans la pop française n'aura jamais rien été d'autre que l'équivalent à la musique d'aujourd'hui de ce qu'est la plaque à induction au confort domestique : le "progrès" au service des joies du quotidien, participant de la plus grande imposture de l'ère moderne visant à imposer la technologie comme le préalable au bonheur.
Hypothèse dont Arman Méliès se contrefout ; postulat même dont il s'ingénie à exploser les fondations tout au long d'un sublime quatrième album sobrement et esthétiquement intitulé : AM IV. Bravo !

Ici les machines et leur potentiel redeviennent les outils qu'on a trop souvent pris pour des matériaux. Outils dont Méliès prend le parti de ne jamais définir la place dans ses textures instrumentales - ce qui, attention , ne signifie pas que tout est laissé au hasard, bien au contraire, quel casse-tête cela a dû être pour arriver à ce résultat !

Des instrus synthétiques autant que syncrétiques - échos pop pluriels glaciaux et spatiaux à cheval sur des générations d'orfèvres d'ici de Bashung à Chamfort, de Christophe à Manset - qui accompagnent magnifiquement ses chansons raffinées et poétiques où semblent se mêler récits sauvages d'une autre époque et négatifs d'une actualité qui rêve de lumière.
Tour à tour aiguilles, fils ou canevas, chaque note bout à bout en écho savant - qui chez tant d'autres sombrerait dans le cliché - sert le projet et finit par donner à ce disque une logique toute organique loin de la superficialité artificielle qu'on aurait cru pouvoir lui accoler. Carton plein !

(retrouvez cette chronique chez nos amis de Live In Mars')


des images