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des mots


Shut Up ! Yo Liberals ! nous scande le titre de ce nouveau disque des Common Cold. Le décor est planté. On ne pourra pas dire qu'on n'était pas prévenu.
Plus qu'un avertissement, tiré d'un texte écrit par Samuel Bamford, pamphlétaire britannique du début du XIX° siècle, on pourrait parler ici d'une devise. Et la teneur du Lp est au diapason, tant leur kraut-indierock psyché et teigneux ressemble à un missile pointé droit vers le consensus mou et les dérives éthiques du monde liberal qui nous entoure.
Botter le cul d'un siècle, le XXI° du nom, impersonnel, prétentieux, bourgeois et chiantissime, voilà leur credo. Et ils y mettent les formes. Alors, exaspéré.e.s par le manque de curiosité, d'humour et de colère de l'époque, par l'inoffensivité patentée d'une frange de l'indierock actuel ? Ce disque est pour vous !

Les Common Cold, riches d'une expérience de trente ans (les Dandelions Adventure, si chers à John Peel, c'était déjà eux) déboulent rageurs comme jamais, pas calmés pour deux sous : ils ne sont pas contents et il va falloir que ça se sache. Même tous les géniaux Sleaford-Mods, de Nottingham et d'ailleurs, n'y pourront rien. Ils n'auront pas le temps d'en placer une en fait. Dès les premières frappes, les gars de Preston, Ajay Saggar et Mark Wareing, les éparpillent façon puzzle !

Propulsé par une basse démoniaque (Saggar est passé maître en la matière et le fait qu'il soit aussi derrière les manettes en rajoute en dynamisme), des textes drôles et acerbes (Wareing s'en donne à coeur joie), Shut Up !... est une machine infernale lancée à tombeaux ouverts à la poursuite d'une putain de chimère : un mix sauvage entre The Happy Mondays, The Fall et The Ex. Et la quête n'est pas vaine. Ils ont carrément réussi les bougres !
Amplis branchés sur une ligne haute tension, les Common Cold distribuent les taloches et canardent à tout va. Et quand le tempo ralentit(!), c'est pour mieux faire parler la puissance d'un propos tour à tour poétique, surréaliste, contemporain ou ironique, digne des meilleures saillies de grands bonhommes comme John Cooper Clarke ou encore Hubert Selby Jr.

Tout ça pour dire, vous prévenir même, que les Tontons Flingueurs de l'indierock sont en ville. Alors, pas d'arrangements...Tais-toi et danse !

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