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label / Sarband

distributeur / Autodistro

contact / BLG

 

 

des mots


 

Deux virtuoses mélangent leurs fluides sans brouiller leurs identités. Voilà en substances le "pitch" de Lumes, le disque du duo Bertolino/Le Gac.

On pourrait à ce stade du billet, doctement gloser sur le mariage improbable entre la tradition celtique, la rigueur du minimalisme européen et la fièvre improvisée du jazz. Et, en bon pervers musicopathe, battre le rappel de l'exubérance méditerranéenne. Mais serait-ce vraiment sérieux ?

Que ce soit Gurvant Le Gac, fils de l'Argoat breton, initié à la flûte traversière en bois par le mythique Jean-Michel Veillon, membre émérite de la Kreiz Breiz Akademi, de super-groupes comme Bayati ou Charkha. Ou qu'il s'agisse de Pierre-Lo Bertolino, co-fondateur des légendaires Dupain (au sein desquels Gurvant a aussi oeuvré) aux côtés de Sam Karpienia, Port de Boucan Allstars devant l'éternel, vielliste autodidacte et geotrouvetou de la boîte à rythme, leur pedigree permettrait allègrement ces rapprochements artistiques putatifs. Une grave erreur, ma foi ! Un sacré contre-sens en fait.

Clairement dans ces Lumes, vous ne trouverez aucune velléité de jumelage culturel ouest/Sud. Il faut plutôt imaginer d'ouvrir la porte : celle d'une bicoque à grandes fenêtres, sans trop de murs. Imaginez alors une de ces perspectives où rien, aucune idée préconçue, aucun carcan, ni archétype, n'interferait dans la portée du regard. Lumes est un endroit comme ça, un de ces disques où sans fioritures, ses géniteurs rappellent paisiblement mais fermement que les frontières sont des sectes infâmes, juste des inventions de types qui ont assurément eu une enfance perrave !

Cette rencontre n'est qu'un croisement de rebondissements, d'écoute et de respect. De prise en charge de l'autre également, c'est à dire de soutien et d'influx à la fois. Un geste beau et définitif. Ni plus ni moins !

 

du son