Buffalo Tom - Quiet and Peace

label / Scrawny Records

distributeur / Schoolkids Rds

contact / BT


 

des mots


 

C'est pratique pour tout le monde, ces groupes qui splitent et vingt ans plus tard se reforment. Faute d'ouvrir des perspectives, ça alimente les conversations. Mieux encore : ça noircit des pages de journaux et de billets sur le web. Bien commode. Tout bénéfice pour les observateurs de la vie rock, choisissant de soutenir ou de torpiller le groupe en question. Tout bénéf' aussi pour le combo, qui gagne là de bien beaux sujet de causerie en interview et du panégyrique à la pelle, autant de moyens pour éviter de parler de l'essentiel : leur musique.

Ce qui est bien  avec les Buffalo Tom qui sortent leur neuvième Lp studio après plus de sept ans d'absence, c'est qu'ils n'ont jamais pris la peine de se séparer, chacun étant simplement parti vaquer à ses obligations professionnelles et familiales. Du coup, on zappe la partie "revival", et on passe directement à celle qui nous intéresse : leur musique !

Buffalo Tom c'est un power trio né en 1989 à Boston. Composé du guitariste Bill Janovitz, du bassiste Chris Colbourn, et du batteur Tom Maginnisqui, il se fait remarquer au mitan des nineties, sur la scène rock indé américaine aux côtés de groupes comme Dinosaur Jr (Joe Mascis produira leurs deux premiers disques)ou les Breeders. Ils signeront la majeure partie de leurs albums sur le mythique label anglais, Beggars Banquet.
Ils retrouvent cette année le chemin des studios , signent sur leur propre label Scrawny Records et (re)font ce qu'ils connaissent le mieux : des chansons qui claquent.

Une chose est claire, rien de nouveau sous le soleil avec ce Quiet and Peace, pas si paisible que ça soit dit en passant. Ni novateur, ni vintage non plus. Juste des morceaux faits avec classe et humilité. Parce qu'avant d'être un groupe qui tente le come-back, Buffalo Tom est surtout une impressionnante machine à musique. Plutôt pop'n'roll, douce-amère et vitaminée, la musique. Voire un brin désabusée par moment.
Le temps est passé,le rock indie des débuts est loin. La sagesse acquise avec l'âge leur permet de relativiser le cours des évènements dont leur vie s'est juchée, mais surtout d'être lucide sur leurs apretés comme leurs bianfaits.

Sortis des radars depuis un bail, ces trois-là reviennent donc sous la lumière des projecteurs, et avec pudeur balancent une bonne dizaine de pop-songs modestes et chiadées. Une bien belle (re)découverte ma foi !
Bravo à eux pour leur pugnacité, et leur ferveur. A ce compte-là on peut bien encore attendre sept ans.


du son